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Geyster, le chevalier du soft rock

Il est plus léché que Jonathan Wilson. Aussi écléctique que Supertramp. Energique comme Paul McCartney. Voici Geyster, le nouveau roi du soft rock californien. Et il est français. On fait le tour de ses derniers albums, une trilogie : « Knight Games »

Crédits photographiques : DR.

Crédits photographiques : DR.

On se demande souvent si le rock réussit à se réinventer, ou même s’il est mort. On vous a même demandé pour vous ce qu’était cette musique particulière. Mais, parfois, c’est bien de se replonger dans de vieilles musiques… surtout lorsqu’elles sont faites en 2015. Alors, pensez-vous que lorsque on a reçu la trilogie Knight Games du parisien Gael Benyamin, surnommé Geyster, nos oreilles nous ont remerciés.

Geyster, c’est un peu un ovni. Début de carrière en 1999, en duo avec la chanteuse Pernilla Grönlund (avec qui il travaille de temps à autre), premier album en 2004 intitulé « I love 1984 », co-produit par l’excellent Joachim Garraud, le chanteur part bien souvent dans toutes les directions, et c’est ce qu’on aime. Comme lorsqu’il sort un album-concept autour d’une station de radio : « Radio Geyster 1977″ est paru en 2011, et contient des jingles inénarrables. Il nous transportait en 1977 alors qu’ Elvis s’apprêtait à mourir. A absolument  voir sur youtube ou deezer.

Avec Geyster, de la pochette aux orchestrations, le dépaysement est assuré. Welcome back in 1979-1984….

Des jeux du chevalier réussis

Le premier disque nous montre Gaël, devant une barre d’immeuble. Au loin, une ville qu’il nous semble américaine. Quelques buildings, des fils électriques et un ciel bleu. Une joie tranquille s’élève de cet arrière plan qui contraste avec le béton présent devant Gaël. Lui marche de gauche à droite…

Cela vous surprend-t-il si je vous dis que l’album ressemble en tout point à cette photo ? Dans le premier disque, des ballades soft nous emballent, dont le duo avec le soulman brésilien Ed Motta. Prenez n’importe quelle compil californienne, et vous trouverez ce son soul, ce son tranquille. La guitare ne sature jamais, c’est vrai, mais que c’est bon : une petite pépite.

Paul McCartney a sorti un album intitulé New il y a quelques mois. L’ancien Beatle ne renierait pas le morceau « Hyper Individual People/Talk in stereo ». Un peu expérimental, un peu rock (on entend enfin les guitares se réveiller) et un beat à contre-courant… tout cela nous amène tranquillement vers le deuxième tome de ces récits chevaleresques.

Games of Thrones

« Knight Games, games we played when we were younger ». De quels jeux nous parle-t-il ? De ceux que ses ancêtres ont joués ? On parle pas des jeux du cirque, Gael n’est pas comme ça, il n’est pas romain ! « Panem et circenses », très peu pour lui ! Geyster, c’est la folie du piano, le rythme qui s’affole. C’est HEAL, le morceau réalisée avec l’artiste parisienne Maeva Borzakian, qu’on aimerait tous rencontrer tellement sa voix est claire, funk et puissante à la fois. It’s There, le morceau suivant, nous prend aux larmes. Une chute de guitare, une voix à la Macca et un son tranquille. Après les larmes, nous voilà transporté dans le vieux Los Angeles : Laurel Canyon non plus n’a pas résisté à Naked Solitude.

Dans le volume 2, on trouve plus de rock, comme Dear Julie ou Do It (ou Gael crie, il nous agresse presque, à moins que ce soit lui qu’il agresse…à voir). Lily nous fait enfin sa transition vers un son plus éclairé, plus solitaire…

Ah, j’oubliais, la pochette de ce disque nous montre un Gael inquiétant, façon Jim Morrison, accompagné d’un piano Rhodes.

Los Angeles version Flash

1984. Date d’une fameuse année. Nom du roman de George Orwell. Premier titre du troisième tome de Geyster cuvée 2015. On s’en lèche les babines. Alors que Geyster nous attend devant son building, le son se fait plus électro (on croit entendre les Daft Punk presque avant les Daft Punk). On abandonne pas les bonnes habitudes avec un morceau acoustique (Crosby Stills & Nash, sortez de ce corps !). When The Night nous emmène sur Venice Boulevard, conduisant une vieille Cadillac rose. On y croise Clarence Clemons qui range son saxophone, Donald Fagen qui tire sur sa clope… Outstanding Misunderstanding nous ramène au premier volume, dans une version moins épurée et plus orchestrale… Phil Collins revient bientôt, Genesis n’aurait pas renié cette chanson.

Pochettes des trois albums. Crédits photo : DR

Pochettes des trois albums. Crédits photo : DR

L’aventure Geyster s’achève avec Call Me Back, comme s’il nous intimait l’ordre de se rappeler de lui. Nous, on ne l’oubliera jamais, c’est sur. L’album est sorti le 7 avril dernier, et en voilà une bonne idée cadeau pour les fêtes.

Mickael Chailloux

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