Lenny Kravitz

Strut, ou la fin du rock’n Roll

Fan inconditionnel depuis ma plus tendre enfance, inutile de vous dire que chaque album de monsieur Kravitz est pour moi un évènement, et bien que l’artiste soit au sommet de son art, chaque nouvel album est une prise de risque. Celui-ci en particulier.

Quinquagénaire flamboyant, sex-symbol, dix albums, 40 millions de disques vendus… Est-il encore nécessaire de présenter ce monument de l’industrie musicale qui continue d’influencer les jeunes artistes sans jamais parvenir à l’égaler ? Comme sur la plupart de ses albums, le quinquagénaire chante, joue de la guitare, de la basse, de la batterie, des claviers, et c’est tout à son honneur, même si, entre nous, ce n’est plus vraiment une surprise.

Ma première réaction fût amusée lorsque je pris l’album dans les mains et que je découvris le nom de deux chansons : Sex et She’s a beast. Oui car il faut savoir que l’album a été écrit lors du tournage d’Hunger Games, film dans lequel le musicien joue le rôle d’un créateur de mode. Alors les photos volées de la talentueuse mais non moins excitante Jennifer Lawrence seraient-elles sa principale source d’inspiration ? Ce ne serait pas étonnant, les femmes ont toujours joué un rôle dans son œuvre.

Bref, peu importe, le temps d’effacer de ma mémoire les photos nues de la jeune actrice, je presse le bouton Play et je m’assieds dans mon canapé un verre de whisky dans une main, une clope dans l’autre, mes voisins se disputant en bruit de fond et je me tiens prêt à encaisser les 12 chansons de l’album, inaltérable. Trente secondes passent et comment dire, je n’ai rien contre le vintage au contraire, mais Sex ressemble à s’y méprendre à du Prince, certes du bon Prince, mais cela me pose un léger problème. Are you gonna go my way, American woman, Rock n roll is dead, puaient la sueur, le sexe et le rock n roll… mais pour le moment tout ce que sent cet album c’est un mauvais dosage de pop, de jazz funk, de new wave et… de rock ? Mention spéciale pour I’m a believer et Dirty white boots tout de même, qui pour moi se démarquent du reste de l’album en transpirant le Lenny d’antan.

Ce que j’ai toujours aimé chez Lenny Kravitz, c’est ce côté rock’n’roll sexy des débuts. Il était pour moi le Marvin Gaye du rock. Sa musique était une alliance parfaite entre virilité et sensibilité et c’est justement cela qui le rendait unique. Je me souviens encore de ce concert aux Arènes de Nîmes, un foutu concert alternant blues, rock et ballades. Tellement incroyable qu’en une soirée, il est devenu pour moi une référence, LA référence. Mais il faut pourtant s’y résoudre, comme il l’a chanté il y a quelques années, rock’n’roll is dead…

Bon, je dois avouer que l’album en général n’est pas mauvais en soit, sauf peut être Happy Birthday qui sonne malheureusement trop comme cette chanson qui nous met tous mal à l’aise avant l’ouverture des cadeaux, et qui précède la fausse émulsion de joie à l’ouverture du paquet de la tante Odette qui a cru bon de nous offrir une encyclopédie illustrée en 5 volumes. Mais étant donné que l’album sort pile le jour de mon anniversaire, je ne peux qu’apprécier la dédicace.

Si cet album avait été d’un autre artiste, je l’aurais apprécié, mais mon manque d’objectivité m’empêche de le faire à sa juste valeur. Toutefois, même si plutôt banale, la patte Kravitz sauve le manque cruel de rock’n’roll et ce virage musical décevra selon moi quelque peu les fan purs et durs.

Fabio De Rose

2 réflexions sur “Strut, ou la fin du rock’n Roll

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