Review

[Review] Typhoon, un éclair dans la nuit noire

La musique a parfois ce pouvoir de créer une atmosphère, d’évoquer des sujets complexes rien qu’au son et grâce à la voix. Ceci est une généralité mais qui a son exécution pratique. Le nouvel album du groupe américain Typhoon, « Offerings ».

L’EP de Typhoon Floodpains est sorti l’année dernière

Ces gars de Portland, dans l’Oregon, ils nous avaient prévenus pourtant, avec leur texte d’entrée de jeu.

« Listen, — of all the things that you are about to lose, this will be the most painful »

« De toutes les choses ce que vous vous apprêtez à quitter, cela sera la plus douloureuse »

Et cette voix inquiétante, sorti des plus grands asiles psychiatriques de jeux vidéos, préfigure de cette ambiance générale de Offerings, un album très inquiétant, froid, mélancolique. Il est composé de quatre parties assez distincte, comme une sorte de tableaux théâtraux qui dépeignent la mémoire, mémoire vive de leur pays, la difficulté de vivre lorsqu’on perd la mémoire, lorsqu’on oublie. Plus largement, c’est quand même une balade dans un inconscient mental qu’on explore, une ligne de crête qui bouge. Une oeuvre musicale et artistique.

Premier tableau : « Floodpains »

Les vingt premières minutes de l’album sont celles qui font preuve le plus de créativité et d’ingéniosité. Les plus réussies. On y trouve la mélancolie folk, l’influence du rock progressif et du rock indé. Le sens de la mélodie. Weke et Rorschach, leurs cris et leurs guitares font de ce premier tableau une pépite. Rorschach tient d’ailleurs en lui une vraie construction mélodique. C’est onirique et génial. Bref. Ecoutez plutôt.

 

 

Les autres tableaux : Flood, Reckoning et Afterparty

Unusual commence le deuxième tableau avec plus de santé mental, on dirait. Sa farandole de gens et de cuivres nous accueille. On y retrouve la même organisation, avec Beachtowel, morceau folk qui saura rappeler les meilleurs moments de Blitzen Trapper, autre groupe du coin d’ailleurs, avec peut-être plus de noirceur. Car tout semble noir dans le monde que nous dépeint Typhoon. Les claquements sonores qu’ils nous font écouter produisent une sorte de symphonie qui s’étend à chaque fin de morceau par une longue plage. Beachtowel se termine ainsi avec un son de vague, au loin….avant la reprise de la guitare pour Remember qui amorce une longue montée vers plus d’énergie.

La voix de Shannon Steele vient ensuite nous apaiser dans Covering, un morceau qui amorce un slow (car oui ça existe encore) chanté par Kyle Morton, Chiaroscuro, deux morceaux langoureux, moins explosifs mais tout aussi mélancoliques. C’est avec Darker, un nouveau morceau qui a été diffusé très tôt par le groupe, qu’on entre dans une nouvelle partie de l’album, ou la sonnerie entendu en filigrane sonne l’heure de la fin du disque.

 

 

Avec Offerings, Typhoon réussit une petite prouesse , transmettre une vraie émotion. C’est ça la musique.

Mickaël Chailloux

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