Ryan Adams

Quand Ryan Adams rencontre…Taylor Swift

Au début, je n’y ai pas cru. Et pourtant, vous avez bien lu. Après 1989 l’album carton de Taylor Swift (plus de 8 millions de ventes dans le monde), voici 1989… l’album de Ryan Adams. Le même, mais en différent. « Et si je l’enregistrais comme si c’était Nebraska, le disque de Bruce Springsteen ? »

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On mesure la beauté d’une reprise avec plusieurs critères. L’un est non-négociable : par pitié, que la reprise ne ressemble pas à l’original. Lorsque le magazine Rolling Stone publie l’album (disponible par ailleurs sur youtube), on a peur. Peur de cliquer sur « play » et d’être déçu. Heureusement que Ryan Adams est un maestro de la musique (on avait eu l’occasion de le présenter ici).

Il explique à Rolling Stone pourquoi. Il était en pleine tournée pour la promotion de son nouvel album : des journées éprouvantes, il se casse une jambe, il se sépare avec sa femme. Dans son bus, il traîne sur son lecteur MP3, sa platine vinyle, ou peut-être son ipad (l’histoire ne le dit pas). Un seul album l’obsède : 1989. Il raconte : « Plus je l’écoutais, plus je me disais : j’entends plus » avant de lancer cette intuition magique, presque incantatrice : « Je savais que si je le chantais de mon point de vue et avec ma voix, j’allais le transformer ». Il n’avait pas tort.

De la première à la dernière, tout est bouleversé. Vous vous êtes déhanché sur Shake it off ? Admirez une version épurée, presque tranquillisante. Style devient plus rock, on retrouve presque un chant typique de Springsteen dans Hungry Heart. Tantôt folk, tantôt énergique, voilà la surprise que vous allez découvrir.

Cela me fait penser à plusieurs choses qui représente l’état de la musique actuellement :

  1. Il n’existe plus de barrière entre les styles. On peut aimer le plus obscure des groupes de rock issu des plaines des États-Unis… et puiser son influence dans le répertoire pop et flashy de Taylor. Ces histoires de chapelle, en fait, plus grand monde n’y tient. Même ceux qui écrivent la musique n’y sont plus trop attachés…
  2. Quand la reprise est intelligente, pourquoi ne pas l’applaudir ?
  3. Taylor Swift reste auteure de ses chansons. Elle les compose. Elle les interprète. Et ses chansons signifient quelque chose pour un nombre important de personnes. Alors pourquoi la mépriser ? Pour des raisons purement stylistiques ? Parce qu’elle est à la mode ? Parce qu’elle réussit ? Rien de tout cela n’est valable à mon sens.

Taylor Swift a aimé cet album, parait-il. Un essai réussi. Ryan Adams en vendra-t-il 8 millions également ?

Mickael Chailloux

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