Joe Cocker

#RIP : N’oubliez jamais Joe Cocker

Lundi, une bien mauvaise nouvelle est arrivée sur notre table, entre la dinde de Noël à préparer et les cadeaux à emballer. En ce doux mois de décembre, la voix rocailleuse de Joe Cocker ne nous réchauffera plus. L’artiste natif de Sheffield est décédé ce dimanche 21 décembre des suites d’une longue bataille contre un cancer des poumons, nous a appris la BBC. Il avait 70 ans. Retour sur la musique d’un interprète de génie.

Joe_cocker

Depuis lundi, vous avez sûrement entendu des dizaines de fois la fabuleuse reprise des Beatles, With a little help from my friends. 5’01 version studio, plus de 8’00 en version concert à Woodstock. Slate en a fait un long article et sa conclusion est simple : Joe Cocker est la « courroie de transmission » entre les années 60 et les années 70. La chanson plan-plan de Ringo Starr est sublimée par Joe Cocker, tel un joaillier musical à ses heures perdues. Il figurera ainsi au palmarès des meilleurs artistes de l’histoire de la musique n’ayant pas écrit ses propres chansons, comme Elvis, rien que ça.

Joe Cocker et la « rock soul »

Ce mot, c’est son agent qui l’a utilisé dans son message d’annonce de la funeste nouvelle. Il signifie ce qu’est Joe Cocker. C’est une voix, rocailleuse à souhait, et un corps, qui bouge dans tous les sens, et qui a été raillé d’ailleurs lors d’une émission du Saturday Night Live (NBC) en 1976. A ses côtés, John Belushi (un des Blues Brothers), copie-conforme. Ou presque.

Joe Cocker était donc un incontournable, un de ceux qui provoquaient le « Whoaw ». Tout simplement le maître de la reprise. Par exemple, lorsqu’il décide de reprendre le célèbre tube des Lovin’ Spoonful Summer in the city [lien], on s’attend à une nouvelle reprise classique, dans l’esprit 60’s. Mais, Joe Cocker avait un 6ème sens. Il transforme, allonge le tempo, change de rythme. Et cela donne une des meilleures reprises de cette chanson. Elle sort en 1994 sur l’album Have a little faith.

Bien entendu, des exemples de ce type, il y en a des tonnes. Quoi ? Vous en voulez encore ? Prenez en 1992. 10 ans auparavant, Joe a enregistré plusieurs chansons sur des rythmiques reggae. Dans l’album Organic, Cocker se lance dans une entreprise périlleuse : chanter Don’t let me be misunderstood. Le défi est simple : il va falloir passer derrière Nina Simone, les Animals et le disco de Santa Esmeralda. Joe trouve alors la parade ultime : une guitare reggae. Le résultat est une somptueuse et divine reprise. On en redemande.

Joe Cocker, un artiste de concert

Back in 1970. Cette année, le chanteur anglais publie un album qui est encore considéré comme un des meilleurs disques live de l’histoire du rock. Dedans, il y a les Rolling Stones, les Beatles, Leonard Cohen et le Band. Rien que ça. Un des singles est une chanson des Four Tops, The Letter. Celle-ci est devenue un des classiques du répertoire de Joe Cocker. Avec un collier hawaïen en prime.

Joe Cocker ressemblait à un ours mal léché. Son côté bourru était le fruit d’une enfance dans la ville sidérurgique de Sheffield, au nord de l’Angleterre, et de premiers petits boulots en tant que plombier. Sa timidité s’effaçait sur scène, où Joe devenait comme possédé. Pendant la tournée Mad Dogs and Englishmen, les concerts duraient deux heures. Dans les années 70, il sombre dans l’alcoolisme, contre-coup d’une carrière musicale bien remplie. En 2013, pour promouvoir son dernier album Fire it Up, l’anglais a tourné dans le monde entier. Son concert donné à Cologne est accessible sur Youtube.

Le cinéma: la deuxième vie du chanteur

En 1982, la chanson Up where we Belong, composée par le talentueux Jack Nietzche et Buffy Sainte-Marie, et écrite par Will Jennings, donnera une seconde vie au chanteur. Il s’agira de la bande originale du film Officier et Gentleman avec Richard Gere. Plus tard, ce sera You Can Leave your hat on, chanson de Randy Newman, qui fera frémir les hommes (et femmes) du monde entier, en devenant une des pistes phares du film 9 semaines et ½ avec Kim Basinger et Mickey Rourke. Ce que ce bougre de Joe ne saura jamais, c’est que sa chanson a aussi été synonyme de « la question coquine », dans le jeu Attention à la marche sur TF1 présenté par Jean-Luc Reichmann. Mais, je crois qu’il n’aurait pas prêté attention à ce type d’information.

Impossible de nommer ici toutes les magnifiques reprises de Joe Cocker. Unchain my heart, Feelin’ Alright, She came in throught the bathroom window…et le clip de N’oubliez jamais avec Catherine Deneuve (!).

Fire it up est son dernier projet. Sa dernière chanson, et son dernier coup d’éclat. Personnellement, c’est la chanson que j’ai envie d’entendre en ce soir de réveillon de Noël. Pour ne plus jamais l’oublier.

Mickael Chailloux

2 réflexions sur “#RIP : N’oubliez jamais Joe Cocker

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