Edito de la semaine

L’Edito du mois

Septembre est parti, octobre étend ses bras et nous retient encore un instant, un instant seulement dans cet été indien que l’on voudrait voir continuer. L’été est donc passé, quelques albums sont sortis mais mes oreilles se sont un peu ennuyées. J’attendais avec une certaine impatience cette rentrée où l’actualité musicale est débordante. Que de nouvelles galettes à se mettre sous la dent, que de nouvelles sonorités dans lesquelles se vautrer…

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The Vines – In Miracle Land

On s’y perd. Je suis un fan de The Vines depuis assez longtemps mais j’avoue qu’à l’écoute de ce dernier album, je suis très partagé. Partagé entre la joie de les réentendre, et la relative déception de l’écoute. Sur cet opus, rien de bien captivant : des riffs éculés, des simili plagiats non assumés, peu de créativité en somme, ce que la sortie en 2014 de leur album précédent avait d’opposé.

Je suis un peu dur envers cet album, mais The Vines est capable de nous pondre des tubes de haute volée, alors quand on n’a que du main stream, fût-il meilleur que nombre d’albums dont on nous rebat les oreilles, on ne peut que bouder un peu notre plaisir… et puis que dire de ces 34 minutes…

 

Elysian Fields – Pink Air

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles… Depuis 2016, Jennifer Charles et Oren Bloedow n’avaient pas donné beaucoup de signes de vie. Le style d’Elysian Fields reste tel qu’on l’aime : indé, sombre, mélancolique et sensuel (presqu’enivrant d’ailleurs). Onze pistes assez troublantes dans l’ensemble, une atmosphère un brin poisseuse aux dissonances discrètes, politiquement engagée, qui ne vous épargnera pas vraiment au final. Un disque fort, tout en misant sur l’économie de moyens, dans tous les sens (toute l’essence ?) du terme, pour mettre en valeur un songwriting habité.

The Daysleepers – Creation

10 ans déjà. 10 ans que le splendide OVNI Drown in a Sea of Sound est sorti. Mais c’était sans compter le Shoegaze qui revient en force depuis quelques années. Creation est beaucoup de choses à la fois : beau, profond, brillant, sombre… sûrement ce qui peut se faire de mieux dans le line up de la catégorie durant cette rentrée. À écouter en boucle.

Slaves – Acts of Fear and Love

Découverts en première partie d’un live dont je ne me souviens plus, à Toulouse, Slaves est toujours resté à portée de main lors de mes virées. Le groupe déroule un punk simple mais efficace qui ferait passer les Pistols pour un groupe désordonné au possible. Une batterie, une guitare et c’est parti ! Ne croyez pas pour autant que les pistes passent et se ressemblent, ce n’est pas le cas. Chaque piste  a sa propre identité, son propre son, sa propre vie. Et de vie, parlons en : la vie de Laurie Vincent a connu quelques changements avec l’arrivée de son fils, et cela se voit dès la couverture de l’album. Mais pas que… Les propos sont moins brutaux, la colère un peu moins mise en avant, les sujets s’élargissent. Mais ne vous y trompez pas, la vie change, mais quand on est punk, on reste punk !

Interpol – Marauder

Un disque émotionnel que celui-ci, du grand Interpol… Vraiment ? Pas tout à fait… Si le groupe signe son retour à grand fracas et semble moins mécanique que dans ses opus précédents, Banks et sa bande ne se départissent pourtant pas cet air de nonchalance « je m’enfoutiste ». Marauder est certes plus rond, oui, et également plus fort que les deux albums précédents, et je ne parle pas simplement de la batterie et des guitares qui le tapissent.  Sans arriver au niveau de Turn in the Bright Light, Marauder fait pourtant son effet. Chez Interpol, c’est toujours la forme qui a prévalu sur le fond : un songwriting intéressant mais creux, une orchestration digne de virées en voiture sous les soleils électriques nocturnes, baignés dans une atmosphère rouge et noire…  Le style quoi ! Interpol, ce n’est que cela, mais ça fonctionne en dépit de quelques titres ou fins de titres bâclés.  Marauder est toutefois ce qu’Interpol a fait de mieux depuis ses grands succès, mais ce n’est pas encore assez pour démentir le fait que le groupe ne vit que de son passé…

Stephen Malkmus and the Jicks – Sparkle Hard

Une chose est certaine, nous ne pourrons pas accuser Malkmus de vivre sur son passé, lui. Certes, parfois certains sons se rapprochent de Pavement, mais restent juste assez loin pour ne pas franchir le pas fatidique.

Stephen Malkmus continue pour autant à expérimenter en utilisant les outils d’aujourd’hui tout en se raccrochant à l’actualité et en glissant pas mal de piques acérées à l’encontre de ses congénères « engagés » qui, finalement, préfèrent s’occuper des soucis de leur petite vie quotidienne. Du coup, Sparkle Hard semble plus engagé que la plupart des sorties indie-rock du moment.

Cela faisait un moment que l’artiste n’avait pas laissé libre court à ses exubérantes suites de riffs brillamment mis en scène, et Sparkle Hard en ressort sublimé, Malkmus s’amuse.

Anna Calvi – Hunter

Dynamique. C’est ainsi que je définirais le dernier album d’Anna Calvi. On le sait, l’artiste britannique se réinvente à chaque album tout en gardant une base rock solide et emprunt d’une certaine violence larvée. Anna Calvi structure sa musique autour de la déstructuration du rock. Mais tout reste unité et même d’une rare cohérence. Sa façon de nous balancer sa musique est, comme toujours, très émotionnelle. Une chose est certaine, il y Anna Calvi et les autres car la Britannique ne ressemble à aucun(e) autre.

 

Greg Pinaud-Plazanet

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