Review

Le retour de Bombino, entre tradition et modernité [review]

Bombino est de retour. Ce jeune artiste a lancé sa carrière internationale en 2013. Le berger touareg avait sorti un album de toute beauté, produit par Dan Auerbach des Black Keys. Aujourd’hui, c’est un album à la croisée des chemins qu’il nous propose, intitulé Deran.

Bombino version graphique pour la pochette de son nouveau disque

Il y a chez Bombino toujours cette soif de rock, même en plein désert. Dans Deran, on retrouve cette même envie de partir dans des directions rock, pour danser de manière endiablée. Pourtant, le monde a changé. Son désert, le sud du Sahara, au nord du Niger, a bien changé, pollué par les terroristes et les armées arrivées pour les combattre. Lui répond toujours la même chose : l’amour est le préalable nécessaire à la paix. Deran, Deran, Alkheir. « Meilleurs voeux, meilleurs voeux, pour la paix »

Ce troisième album fait le po(i)nt avec les influences touareg et rock. Enregistré dans un studio à Casablanca au Maroc (Studio Hiba), il reprend des choses très bien pensées de son dernier opus Azel. L’influence très marquée du rock et du reggae jamaïcain par exemple, comme dans Oulhin, un morceau très dansant ou Omara Moctar (c’est son vrai nom) chante : « Mon coeur brûle, mon coeur brûle, il brûle à cause de mes frères, mes frères qui ne s’aiment pas entre eux ».

Sans oublier le riff final, particulièrement rock, de Tenessee, qui rappelle son histoire, celle d’un garçon qui a découvert le rock grâce à Jimi Hendrix, qui a collaboré avec Keith Richards et Charlie Watts, sans oublier Dan Auerbach son « mentor ».

Mais pour autant, il garde et célèbre ses racines, son terroir, sa vie. Loin de créer de la musique juste pour le tourisme, il créé de l’art. Pour cet album, « ma mission a été de se rapprocher le plus possible de mes terres » raconte le virtuose nigérien. Et c’est gagné : la beauté magistrale de Imajghane ou encore de Tamasheq, sous-titré en anglais « The Tuareg Language ». Dans l’esprit de la musique, montrer au monde la beauté de son village, de son peuple, sans le détruire, sans le salir…

Comme pour le premier single Tehigren, sous-titré « The Trees ».

Dans ce nouvel opus, Bombino nous livre encore une fois l’Afrique en vinyle/CD/mp3. Et c’est encore plus réussi que la précédente fois.

Mickaël Chailloux

 

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