Dans le rétro

Last Splash, l’album qui aura définitivement lancé The Breeders

Si The Breeders n’est plus une formation à présenter, ni même son trésor Last Splash, on peut encore aujourd’hui s’étonner d’anecdotes étonnantes autour de l’album, comme le fait que le hit Drivin’ on 9 n’a pas été écrit par la bande à Kim Deal. Pour la peine et parce que ça nous fait plaisir, on retourne en 1993, date de sortie de ce bijou encore trop peu estimé.

L’histoire, vous la connaissez sûrement : deux artistes accomplies en les personnes de Kim Deal, ex-bassiste de Pixies et Tanya Donelly, co-fondatrice de Throwing Muses, toutes deux malheureuses au sein de leur formation respective. Nous sommes au début des années 90. Le vénéré Doolitle connait son heure de gloire. Cela ne comble pourtant pas Kim Deal qui, avec l’appui de Tanya Donelly, décident de se concentrer sur un side-project qui prendra finalement le nom The Breeders. Leur premier album ne connaîtra pas le succès de son petit frère mais sauvegardera une fraîcheur incroyable qui se traduira à nouveau dans l’excellent, pour ne pas dire culte Last Splash.

Donelly n’est plus membre de la formation lorsque Last Splash sort dans les bacs. Ce sera la sœur jumelle de Deal, Kelley Deal qui prendra le relais. L’album s’enregistre à San Francisco, sous la houlette du label 4AD.

Beaucoup parlent d’un exutoire, d’une activité cathartique, ou plutôt d’une libération pour les femmes, notamment pour Kim Deal, en roue libre depuis quelques temps en compagnie de Pixies. Cela se vérifie à la lecture des quinze titres qui constituent Last Splash. Ce dernier, finalement assez court, avait cueilli pas mal de loustiques lors de sa sortie. À l’origine de cela, des incontournables du Rock indé 90’s, à commencer par le divin Cannonball.

Un micro saturé, une ligne de basse aussi cool que Raoul mais surtout un riff de guitare imbattable. Imbattable parce que parfait, d’une évidence déconcertante, d’une efficacité mémorable et d’une empreinte indélébile. Le reste va tout seul. Comme Michel Drucker, sa mélodie traverse les époques et ne prend définitivement aucune ride. Magique.

En l’écoutant en 2019, on appréhende l’engin différemment qu’à l’époque. Les plus jeunes décèleront une trace 90’s plus que dégoulinante dans l’ADN du disque. Les plus mûrs, eux, se rappelleront probablement de bons souvenirs de jeunesse. Les années n’auront toutefois pas eu raison de ce deuxième album, devenu culte, comme marqué dans le Temps à tout jamais.

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Last Splash se range parmi les innombrables œuvres qui ont accompagnées les années 90. L’alliance du son lo-fi à la douceur et l’impudence des loubardes font de cet objet musical un témoin d’une ère que beaucoup tentent de revivre aujourd’hui (paraît-il, le baggy est de retour). Il y a cette candeur juvénile (Invisible Man), cette soif de croquer la vie à pleines dents (New Year), ou encore cette sensation de mal-être constant (No Aloha) à travers ce Lp.

Si tout n’est pas aussi grandiose que le pinacle Cannonball, on apprécie l’opus dans son entièreté, sans lassitude. C’est à cela que l’on peut distinguer un bon cru d’un moins goûteux. Les titres s’enchaînent vite mais bien, toujours avec cohérence et implication. Il y a de la chair, du jus. Soit on se dandine (Flipside), soit on prend le temps de respirer (Mad Lucas), soit on suffoque carrément (Roi). Sans conteste, on savoure entièrement ce qui est dressé sur notre assiette, de l’apéro jusqu’au café (ou digestif), en passant par le plat de résistance. Nombres de facettes façonnant un album complet, riche, incontournable. Last Splash, c’est un art de faire, celui de produire un album au sens noble du terme.

On pardonnera même cette désillusion quant au fait que la pépite Drivin’ on 9 n’est pas l’œuvre de la bande à Deal mais plutôt celle du groupe Ed’s Redeeming Qualities. C’est en 1989 que sort l’album Ed’s Kitchen, dont est issue cette si belle chanson. Qu’importe, le plaisir n’est jamais coupable. Au contraire ! Il se partage allègrement, même 25 ans après.

Marcus Bielak

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