Edito de la semaine

L’Edito de la semaine

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Ces trois dernières semaines, nous vous avons égrainé les attentes rock de ces prochains mois. Mais il y a aussi ceux que l’on n’attend pas forcément et qui, pour autant, font figure d’outsiders. Cela va vous faire un peu bondir pour les deux, trois premiers dont je vais vous parler, surement. Mais leur succès étant somme toute assez restreint (j’ai pas dit faible… ne bondissez pas si haut jeunes gens !), ils sont un peu à la légende partage des eaux.

Commençons donc par Good, de Rodolphe Burger. Nourri à cet air glacé et mordant qui descend du nord entre les Vosges et la Forêt Noire, mélancolique (« time passes »…), envoutant, intimiste, telles sont les qualificatifs qui me viennent à l’esprit à l’écoute de ce disque. Si cet artiste ne vous dit rien, alors que c’est l’un des plus actifs de l’hexagone, il serait bon que vous vous penchiez sur la discographie de Kat Onoma, un des premiers groupes expérimentaux français. En solo, il nous avait gratifié de quelques très belles productions, notamment avec No Sport, ou encore This is a Velvet Underground song that i’d like to sing, qui reprend, vous l’aurez compris sans trop de mal, des titres du V.U que Burger affectionne particulièrement. Bref, Good, il le sera et nous permettra de passer l’hiver emmitouflé dans une grosse couverture, au coin de la cheminée d’un chalet perdu dans la blancheur des montagnes…

The Brian Jonestown Massacre, je suis d’accord, aurait dû faire partie de l’un des trois autres Edito, mea culpa. Mais en ce moment, le groupe sort tellement de productions qu’il est difficile de leur trouver systématiquement une place sans passer pour un blog spécialiste de BJM. Il faut dire que depuis qu’Anton Newcombe s’est fait installer son propre studio, il ne l’a quasiment pas quitté. Pour Don’t Get Lost, Newcombe s’est entouré du chanteur des Charlatans (Tim Burgess) et de Tess Parks, voix sublime parmi les voix féminines que l’on entend depuis quelques années dans le rock (Anna Calvi, Daughter…). Des titres bien psyché typés seventies. Sur Groove is in the Heart, on pourrait, à s’y méprendre, confondre BJM et le Velvet Underground. La voix et Parks, l’utilisation des boucles et des tambourins, la tenue réverbérée de la guitare du fond… Bienvenue au pays du LSD et des voyages immobiles.

Real Estate continue sa randonnée vers les sommets en sortant cette année, après Reality, Days et Atlas. Mais ce sera le premier depuis le départ de Matt Mondanile (guitare) et l’arrivée de Julian Lynch. Onze pistes enregistrées sous le soleil de Los Angeles, et si leur teint ne le montrera pas, le style définitivement surf le confirmera. Le clip en lui-même n’a aucun interêt, on dirait qu’ils s’emmerdent, surement pensifs à cause de la responsable des costumes qui les a forcé à porter ces espèces de blouses bleues informes… Ah on me dit dans l’oreillette que non, il n’y avait pas de costumière… Bref, attendons de poser nos cages à miel sur l’album entier, mais le départ de Mondanile se ressent tout de même depuis Atlas.

L’énergie punk de The Godfathers n’est plus à démontrer et leur prochain album, A big Bad Beautiful Noise, ne faillira pas à la règle, même s’il est un poil plus calme que Jukebox Fury, sorti en 2013. les expériences liées à ce groupe sont connues pour être toujours assez intenses en live et leurs albums ont toujours assez bien reflété cela. Alors oui, The Godfathers, ce n’est pas très neuf, ça date même un peu, mais la formation s’est toujours appliquée à donner ses lettres de noblesses à une certaine frange du Punk anglais, ayant déjà un pied dans le Post Punk et la New Wave, et rien que pour cela, ils méritent notre attention, quand bien même il ne reste que Peter Coyne du line-up original. A big Bad Beautiful Noise est un concentré des forces du groupe alliant la conviction avec une certaine « bad assitude ».

Duke Garwood, surtout connu pour avoir jouer pour Mark Lanegan depuis quelques années, ou pour Savages, dernièrement (juste retour des choses puisque la voix de Jehnny Beth figurait sur Heavy Love, son album sorti en 2015. Garwood sort donc également des productions solo d’un Blues-Rock psychédélique un peu râpeux, poisseux même. Garden of Ashes semble tout droit sorti d’une discographie commune à Lanegan, mais ce n’est pas pour rien que ces deux-là naviguent ensembles tellement leurs univers s’entrechoquent de façon naturelle. Le disque nous emmène dans une espèce de zone sécurisée, un espace positif dans ce monde angoissant qui est le nôtre aujourd’hui. Un jardin brûlé, réduit en cendres par l’appât du gain, et pourtant si tranquille… Une véritable exploration des choses que l’on ne peut garder sous contrôle, mais sur lesquelles l’on porte un regard distant: prendre du recul permet très souvent la réflexion.

Elbow est né en 1997, autour de Guy Garvey, une voix reconnaissable immédiatement dans le tumulte de l’Indie Rock de l’époque… Et si leurs disques mettent du temps à venir, ils sont, à chaque fois, présents dans les charts anglais. Little Fictions, élégant sans jamais être pompeux, très bien écrit et pourtant si simple (sans pour autant être facile), ne fera sans doute pas exception. Un disque qui nous ramène, de par ses thèmes, vers une enfance insouciante et merveilleuse, remplie de contes et de légendes, mais qui ne parait jamais naïf. l’aisance d’écriture est telle que tout coule de source et que l’on ne s’interroge jamais sur les choix d’instruments ou de leurs lignes musicales dans les morceaux. En un mot : pénétrant.

Il est difficile de trouver sur Youtube une video de l’un des titres du prochain album de Turn to Crime. Ils sortent pourtant dans quelques jours à peine et n’en sont pas à leur premiers méfaits… Je vous mets donc un titre qui a plusieurs années, mais rassurez-vous, leur direction musicale est restée la même, soit ce savant mélange  . Alors qu’en 2015, Derek Stanton, leur leader, s’est rendu compte qu’il avait perdu l’usage de son  oreille gauche et que dans la foulée la cause diagnostiquée était une tumeur au cerveau, 2016 a été placée sous le signe d’une certaine urgence pour Stanton, alors même que celui-ci décide de ne pas tomber dans la facilité en s’apitoyant sur son sort. Cela transparait clairement tout au long de Secondary, dont vous pourrez écouter un extrait sur leur Bandcamp. Turn to Crime aurait d’ailleurs dans ses tiroirs de quoi faire plusieurs albums tellement ils écrivent. Stanton ayant été opéré et sorti d’affaire, ne raccroche pas pour autant la plume. Il ne serait pas étonnant que ce groupe prennent de plus en plus de place sur une scène underground plus ou moins désertée ces dernières années.

C’est terminé pour cette semaine, on ne pourra pas dire que l’on ne vous a pas épluché le calendrier des prochaines sorties entre celles qui tombent sous le sens et celles qui pourraient créer la surprise. J’espère que vos oreilles pourront y repérer un son, une mélodie, une chanson, qu’elle gardera en mémoire. Si c’est le cas, notre mission est accomplie. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter à tous une excellente et belle semaine !

Greg Pinaud-Plazanet

 

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