Silent Elephant

Rencontre avec Silent Elephant : Live Report Le Biplan, Lille (16/06/2016)

Lille c’est un peu le carrefour de l’Europe. À la fois proche de Paris, de Londres ou encore de Bruxelles, Lille est aussi une ville très animée notamment sur le plan culturel. On pourrait par exemple citer Lille 3000 qui a fait briller de mille éclats la ville ces dernières années. Mais en termes d’activités musicales, il est clair que Martine Aubry, la maire, peut être fière de sa bourgade même si elle reste la première à en restreindre sa production mais ça c’est une autre histoire… Le hasard de la vie a quand même voulu que Lille soit tout de même assez proche de l’Angleterre, une terre qui a vu naître les plus grands du Rock. On peut dire que le hasard fait définitivement bien les choses.

En effet, quand on prend le temps de découvrir les groupes qui sévissent ici et là dans son patelin, on finit à un moment ou un autre par tomber sur le numéro gagnant et, cette fois-ci, il s’agit du numéro quatre comme le nombre de membres qui composent l’excellente formation Silent Elephant. L’adjectif n’est pas trop exagéré quand on prend la peine de suivre le quatuor depuis quelques temps, que l’on observe leur parcours, et que l’on voit les progrès qu’ils ont effectués au fil des représentations scéniques pour arriver à ce fameux concert du jeudi 16 juin 2016 au Biplan. Concert qui restera sans nul doute l’une de leurs meilleures performances lives si ce n’est la meilleure.

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Logo par Juliette Herbaut

Tous les Lillois(ses) savent que le Biplan c’est comme la Gare Saint Sauveur, un lieu incontournable, surtout pour des groupes amateurs qui veulent se produire sur scène. Ça tombe bien, Silent Elephant s’y est déjà produits le 22 avril de cette année. Il ne restait donc plus qu’à brancher les amplis dans la salle de concert du Biplan pour être définitivement lancé dans la course. Le concert fut pour le moins épatant et tous ceux qui lisent ces lignes sont vivement invités à suivre le groupe de près, que vous soyez ou non originaires de Lille car nous avons vraiment quelque chose, un quelque chose que nous allons vous présenter de ce pas.

Vous l’aurez compris, Silent Eléphant, c’est quatre musiciens qui font du Rock. Un Rock relativement classique et contemporain qu’on a moult fois entendu dans les albums de Kasabian, White Stripes, Black keys et Muse. Originaires tous deux de Lille, le guitariste du groupe Medhi Le Roy et le batteur Hadrien Germe sont un peu les pionniers de la formation. Après quelques bœufs échangés et des concerts organisés de temps à autre, les deux musiciens souhaitent donner une ligne directrice à leur projet musical qui commence tout doucement à mûrir lorsqu’arrivent au chant et au clavier Thomas Barnish ainsi qu’Emmanuel Claebots à la basse. Nous sommes en 2015, une année symbolique pour le groupe puisque c’est cette année que leur premier EP voit le jour qu’ils ont eux-mêmes produit et qu’ils ont sobrement intitulé Silent Elephant, comportant notamment leur tube Liar. L’ EP raconte le voyage d’une âme solitaire en quête d’aventures qui se laisse guider par les lumières qui croisent sa route, celles-ci illustrées dans le morceau Lights issu du EP.

A gauche Thomas Barnish au chant et au clavier, à droite Medhi Le Roy à la guitare

22h05, les dernières places se vendent, les fumeurs bloquent l’entrée du Biplan tandis qu’en bas, dans la cave, on est déjà prêt. La cave voûtée dans laquelle se déroule le concert donne une ambiance underground, un style d’atmosphère propre à Lille. Seven se veut tout comme le somptueux Homesick (rien que ça) assez lancinant. Entre la perdition, les désillusions ou encore le mal du pays pour Homesick, on pourrait croire que la fête n’est pas au rendez-vous or il n’en n’est rien. Les riffs nerveux du guitariste donnent un sacré coup de tonus et l’ambiance dans la salle se décomplexe peu à peu. Une fois le décor planté, on se détend le slip au moment où arrive le dansant et énergique Levitating Rock. Le titre est très catchy, simple et d’une efficacité redoutable. Il est à l’image du groupe et de son code d’honneur. Il y a cette sorte de touche pop bien accrocheuse qui fait son effet. On peut à juste titre dire que Silent Elephant sait faire parler d’eux, tout en laissant son empreinte. Souvent, on a du mal à retenir les titres de groupes que l’on voit sur scène pour la première fois, une chose qui n’arrive pas avec le quatuor. Le public chante en chœur et ça c’est toujours bon signe pour la suite. Cela se vérifie avec la piste suivante, Liar qui ressemble de très près à un morceau de rock indé à la sauce Foals/Bloc Party. Le petit plus, ça reste cette note electro supplemétaire du chanteur qui apporte vraiment quelque chose au morceau outre des accords de guitare entêtants et un refrain que l’on pourrait aisément chanter en yaourt. C’est d’ailleurs ce que nous invite beaucoup à faire le groupe qui nous pardonne à chaque fois notre accent anglais désastreux et nos voix approximatives, merci les gars.

Hadrien Germe, le batteur avec Emmanuel Claebots à la basse

Il n’empêche que tout le monde chante et c’est à travers ce paramètre que l’on peut juger si le groupe tient vraiment la route. On le sait, la communication entre les musiciens et leur public est décisive mais ça, Silent Elephant en ont parfaitement conscience.

Forcément, tous ceux qui ont assisté au concert n’ont pu passer à côté de la superbe reprise de Toxic interprétée par Bri Bri (oui oui, Britney Spears). On n’aurait jamais cru dire cela un jour à la rédaction, mais c’était tout bonnement jouissif d’écouter du Britney Spears ce soir-là. En soi, le tube n’est pas mauvais, même s’il reste englué dans un registre qui n’est pas celui du Peuple du Rock. En revanche, force est de constater que la reprise que nous offre le quatuor est savoureuse, aussi sensuelle et envoûtante que l’originale, mais avec toujours cette patte rock qui vient casser la baraque. C’était comme si le groupe nous faisait l’amour sur ce morceau, avec des préliminaires plus que suggérées au début du titre avant de passer à l’acte au moment où la guitare et la batterie s’affolent, puis vient l’extase, lorsque se termine délicatement le morceau. Le rideau se ferme et on se regarde tous en se disant : « merde mais c’était Toxic ?! » Parfait.

L’avant dernier morceau Dawn propulse l’assemblée dans l’euphorie. Les riffs et solos de guitare défilent à toute allure tandis que le chanteur sautille, s’agite, on ne l’arrête plus. La batterie ne va plus faire long feu tandis que les cordes de la basse faiblissent. Oui, Silent Elephant est un groupe calibré pour la scène et non seulement ça se voit mais ça se sent terriblement !

Silent Elephant se vantent de proposer à chaque prestation quelque chose d’inédit pour éviter de tomber dans la redondance et le réchauffé et il est vrai que chaque concert a son lot d’inédits, à commencer par les nombreuses compositions qui fleurissent au fur et à mesure que le temps passe et que les dates s’accumulent. Le Peuple du Rock les suit depuis à peu près une année et il ne se passe pas une seule fois sans qu’il y est  du nouveau, que ce soit une nouvelle composition ou bien l’ajout de nouvelles sonorités dans certains morceaux comme c’était le cas, jeudi, sur Lights. Silent Elephant ne chôment pas. Ils sont extrêmement bons, vivants, communicatifs et si vous n’en n’avez pas encore assez, sachez aussi qu’ils sont aussi extrêmement attachants et généreux.

Le plus fort est encore lorsque l’on a le sentiment que tout paraît simple quand on les voit jouer, quand on les voit aussi complices entre eux et à l’aise sur scène. Silent Elephant font du bien et vraiment, si vous avez l’occasion de les voir sur Lille ou ailleurs, n’hésitez pas une seconde, foncez ! On espère voir bientôt un album paraître et que l’oxymore Silent Elephant se transforme en allégorie du rock français moderne. Et nous on est peut-être un peu trop tomber dans l’hyperbole. Allez savoir…

Setlist:

-SEVEN

-LIGHTS

-HOMESICK

-LEVITATING ROCKS

-LIAR

-TOXIC

-GONE

-THE DROP

-CAVALCADE

-DUSK

-DAWN

-FLOW

Page Facebook: https://www.facebook.com/silentelephantband/?fref=ts

Soundcloud: https://soundcloud.com/silentelephantband

Marcus Bielak

5 réflexions sur “Rencontre avec Silent Elephant : Live Report Le Biplan, Lille (16/06/2016)

  1. Salut Jérémy, merci pour ton commentaire, ça me fait chaud au coeur et crois moi, ça vaut le coup. Actuellement, ils jouent surtout sur Lille, souvent dans les bars incontournables sur tu connais le coin (Modjo, Dame C…) et c’est d’ailleurs sur place que tu peux te procurer un EP donc mieux vaut être sur place mais il arrive parfois qu’ils se déplacent même si c’est assez rare.
    Le meilleur conseil que je puisse te donner pour les connaitre d’assez près est de suivre leur page FB et de prendre ton mal en patience. L’album va arriver prochainement avec de nouveaux titres mais si tu as l’occas’ de venir sur Lille au moment où ils jouent, tu sais ce qu’il te reste à faire l’ami 😉
    Merci encore de ton message et à très vite!
    =)

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