Papier Tigre

L’Edito du Lundi avec Papier Tigre à l’i-boat, Bordeaux

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Soirée découverte ce soir-là, à l’Iboat. Trois groupes sont à l’affiche, mais seulement  deux  de vus, comme d’habitude un peu de retard sur l’arrivée. Ce soir au programme les jeunes charentais de Lysistrata et le trio nantais Papier Tigre, qui ne fait pas encore partie de mon tableau de chasse malgré les 500 concerts à leur actif.

Il est temps, on laisse le DJ set peu réjouissant du bar à ses affaires, pour se diriger vers la cale du bateau pour le premier concert.

Lysistrata : range ta chambre !

En effet, c’est ce qu’il m’est venu à l’esprit à la fin du set du trio originaire de Saintes. On ne peut pas nier le fait que ces petits gars ont bossé leur instrument et qu’ils ont écouté beaucoup de choses. C’est techniquement bien fait, mais un peu foutraque quand même. On passe de la noise au dub, de la pop au metal, etc. Et tout ça dans le même morceau. C’est donc un peu compliqué à suivre par moment. Un seul titre est chanté, les autres sont donc instrumentaux, agrémentés de quelques cris rageurs de temps à autre. Bref, un set un peu déroutant mais on sent bien qu’en mettant un peu d’ordre dans tout ça, il y a un bon potentiel. A suivre.

Papier Tigre.

Après un  passage sur le pont de la péniche pour s’aérer un peu et se rendre compte que le DJ aux platines en est toujours au même stade, même beat techno entêtant et vide, on retourne au sous-sol pour Papier Tigre. Pour ceux qui, comme moi, ne les connaissaient pas, il faut savoir qu’ils ont aussi des side-projects avec entre autre Pneu ou Electric Electric, qui s’appelle Colonie de Vacances. Et, pour ceux qui n’avaient jamais entendu parler d’aucun des deux, ben on vous explique.


Papier Tigre est un trio originaire de Nantes, Eric Pasquerau est à la guitare et au chant, Arthur de la Grandière assure la guitare et les percus et enfin Pierre-Antoine Parois est à la batterie.

Cela fait dix ans que Papier Tigre a commencé et compte aujourd’hui quatre albums dont The Screw, qui est le dernier en date.  Ils sont catalogués Math Rock/Rock expérimental/Noise Rock. Les deux derniers LP ont un côté plus pop, tout en ne cédant pas non plus à la facilité. La musique de Papier Tigre se compose de riffs ciselés, d’ambiances variées, sur fond de pop/noise mûrement réfléchie.

En dix ans d’existence, ils ont parcouru une bonne partie du globe pour se produire en concert, et ce soir, c’est à l’Iboat qu’ils ont déposé leurs valises.

Dèjà premier point, le dresscode : bermuda pour l’ensemble du trio, peut-être des restes de Colonies de Vacances. Un bonsoir sobre, et, le groupe se lance dans un set de haute-voltige bien maîtrisé. Papier Tigre alterne les ambiances aussi bien sur le fil qu’au sein des  morceaux. Sans comparaison, on sent des accents de Pavement ou Malkmus en solo, avec une pointe de Sonic Youth. Bref, un savant mélange qu’ils ont su personnaliser. Le trio se fait discret sur scène, à l’inverse du groupe précédent. Une seule intervention du batteur qui saluera les groupes précédents et n’omettra pas de donner son avis sur le DJ et son set à l’étage. On sent que Papier Tigre, de par son expérience scénique, n’a pas besoin d’artifice pour entraîner le public. A coup de riffs tantôt sur le fil, tantôt entêtants, le groupe pour qui veut le suivre, vous transporte dans des séquences hypnotiques, planantes, voire parfois inquiétantes. Eric Pasquereau vient souligner  le tout avec un chant tout en variation. Avis personnel, et partagé par ceux qui m’accompagnent, sa voix a des tonalités à la Jack White. On rajoute à cela un guitariste qui se transforme en bassiste en même temps qu’il tape sur les percus. Bref, on obtient une prestation tout en relief qui ne laisse pas  indifférent le trop faible public présent ce soir.

Après quelques minutes pour se remettre tranquillement et faire le petit débrief du concert, on se dirige sur le pont de l’Iboat où nous attend le DJ qui à notre grand désarroi, lui, n’a pas évolué… On essaye de garder en tête le moment passé avec Papier Tigre qui, du coup, est une véritable découverte et donc à voir absolument sur scène. Parmi tous les concerts qu’ils font, vous réussirez bien à les croiser.

Sylvain Chamu

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