A Place To Bury Stranger

A Place To Bury Strangers: live report du concert de Barbey

Sur Bordeaux et ses alentours, ce vendredi soir-là, il y avait du choix : The Inspector Cluzo au Krakatoa, une soirée Indie Club à Barbey avec les shoegazers de A Place To Bury Strangers ou encore la légende du Roi Arthur à la Patinoire Mériadeck. Autant dire que mon choix s’est plutôt porté sur l’un des deux premiers et plus précisément sur la soirée indé de la Rock School. En effet, assez féru de Shoegaze « classique » (Ride, Slowdive, MBV), j’étais curieux d’aller me frotter au côté obscur du genre que propose le trio de Brooklyn dont la réputation est d’être le groupe le plus bruyant de New-York.

Arrivé au cours du set du deuxième groupe, Spectre, je ne peux vous parler de la prestation de Rape Blossoms. Spectre, quatuor anglais de Bristol nous met tout de suite dans l’ambiance de la soirée : bruyante. Sensation mitigée sur les 6 titres que nous écoutons, avec certains morceaux envoûtants à souhait, pas forcément les plus mélodiques, puis d’autres sans consistance, bruyants pour le seul plaisir de l’être, à coups de larsens ou de riffs ultra-aigus. Nous restons donc un peu sur notre faim, même si le ton était donné.

Ayant déjà vu en concert, fin 2015, The Drones dans ce même lieu, bar du Théatre Barbey, je craignais le pire au niveau du son. En effet, la prestation des australiens avait été gâchée par une balance plus qu’approximative rendant le set peu audible, une déception. A l’annonce des New Yorkais en terre bordelaise, je redoutais le pire et anticipais en lisant tous les articles possibles sur les acouphènes et en réservant déjà mon appareil auditif chez Audika.

core, cold et noisy…

Bref, armé de mes bouchons, nous laissons le groupe s’installer. Les lumières s’éteignent le trio monte sur scène sous un éclairage dos à eux et dans une épaisse fumée, ambiance qui sera la même pendant tout le concert, excepté pour deux morceaux. Autant dire qu’on ne fera qu’apercevoir les silhouettes des américains pendant toute a durée du set. On ne va pas faire du tack by track car il est préférable de considérer la prestation dans son ensemble: A place to Bury Strangers est donc la partie peut-être la plus core, cold et noisy du genre shoegaze. C’est un croisement du post punk des années 80 avec le shoegaze de la fin des 80’s et le grunge du début des 90’s.

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Il y a certes par moment un mur de son, on comprend d’ailleurs pourquoi l’un des membres du groupe fabrique et commercialise des pédales d’effets pour guitare (en vente à la fin du concert au merchandising)… La base des morceaux est la même que sur les albums mais le live surprend. Le groupe reprend en effet la même idée, mais la déroule dans une direction tout à fait différente. Il renouvelle ainsi leurs propres morceaux sur scène. Entre chaque morceau, autant ne pas s’attendre à une quelconque intervention des américains. Pour nous faire patienter, seule subsiste une couche bruyante qui nous rappelerait le son de l’arrivée des vaisseaux dans Independance Day (bref un gros brrrrrrrrrrrrrrhhhhhhhhhhhh).

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Cette ambiance cold ne serait pas à son paroxysme sans la voix plutôt monocorde du chanteur, qu’on perçoit derrière le mur de son des instruments, largement prédominant. Entre chaque morceau, L’ ingé son a, lui aussi, son lot de pédales d’effets dont une reverb « cathedral »  (si jamais il n’y en avait pas en sortie de scène). On peut d’ailleurs dire que ce dernier a assuré, car il a réussi à adapter le son à la modeste salle, évitant tout larsen qui nous aurait tous anéantis en un instant.

En milieu de set, le groupe quitte la scène pour se rendre au milieu du public. Un avec un pad et les deux autres avec des lasers qu’ils font tournoyer autour deux. Musicalement, on est à fond dans de la techno indus. Intermède aussi surprenant qu’inattendu qui vient donner à la prestation des new yorkais un peu de relief.

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Un peu plus d’une heure de concert résumé sur une banane (setlist pour le moins originales du groupe…), A Place To Bury Strangers a proposé un set enivrant avec sous les couches de reverb, des morceaux proche du chaos, où l’expérimentation est poussée à son maximum. Bref, A Place To Bury Strangers sur scène se révèle être plus une expérience musicale à vivre que ne laisse prétendre ceux qui le qualifie de groupe le plus bruyant.

Sylvain Chamu

 

 

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