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L’édito du Lundi

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Un bon week-end qui se termine encore une fois: de la musique, la bonne bouffe, des amis, tout était là. Tous non, en revanche, sinon il aurait fallu faire ça dans un stade… Je repars de ces deux jours avec quelques groupes dans mon sac, grâce à un mode de fonctionnement qui s’est peu à peu mis en place. Parfois c’est un grand blind-test, et là, chacun devait mettre un groupe et le faire découvrir aux autres. Perso, j’avais sélectionné Magic Shoppe car je savais que personne ne connaitrait l’Ep Interstellaire Car Crash sorti en 2016. Moi je suis donc revenu avec Autolux, The Drones et DIIV (prononcer Dive). Ben oui, on peut pas tout connaitre, tout écouter tout le temps… Parfois on passe à côté d’évidences. Les amis sont là aussi pour vous pointer du doigt ce que vous auriez rater…

En écrivant l’edito ce matin, j’écoute le dernier Nada Surf, une valeur sûre, un morceau de sucre auquel on peut se rattacher, un sucre d’orge à sucer à la dérobée, entre deux écoles buissonnières. Mais nous en parlerons fin avril lors de leur passage à Bordeaux en live puisque nous y serons. En attendant je vais vous pointer le doigt sur Loveland de Wall of Death. Un truc pour démarrer gentiment sa semaine rock. Teinté d’un certain psychédélisme, ce disque est un bijou de trouvailles en tout genre. Ce trio parisien d’adoption me fait furieusement penser à du Pink Floyd, je vous assure. Le songwriting a changé depuis leur dernier album. On s’écarte d’une base centrée autour de la guitare pour une composition plus homogène entre guitare et clavier. Des morceaux plus complets aussi, sûrement pour laisser assez de place à chacun des membres du groupe. A la production on trouve Hanni el-Khatib, chanteur-compositeur-interprète de rock basé à Los Angeles. Cette rencontre leur a vraisemblablement apporté un peu d’équilibrage, de dosage. Leurs disques restent de toute façon très colorés américains dans le son, le précédent avait d’ailleurs été enregistré au Texas et l’Amérique a très vite remarqué le groupe qui a fait notamment pas mal de premières parties pour The Black Angels.

Apex III, c’est le petit dernier de Mars Red Sky. On reste donc en France, parce qu’ici aussi on a de bons groupes. Les Bordelais continuent donc d’imposer leur vision d’un stoner rock coloré, moins monotone que le californien. En effet si l’on y retrouve toujours un certain côté doom, on ne peut s’empêcher de remarquer les entrées psychédéliques qui ne feraient pas pâlir un Kevin Parker (Tame Impala). Des grooves lourds et entêtants d’un côté,  des riffs aériens hautement mélodiques de l’autre, garantissent à l’auditeur des contrastes qui enrichissent l’écoute et la transformeraient presque en expérience ultime de voyage intersidéral. Six pistes, c’est court mais c’est efficace et dure aussi longtemps que leurs précédents albums, grâce notamment, à Alien Grounds/Apex III qui s’étale d’entrée sur presque onze minutes. Ici aussi, ça fourmille de petites trouvailles, de petites touches de couleur, comme dans une peinture pointilliste, s’additionnent jusqu’à nous faire considérer l’image d’ensemble. Massif, hypnotique, Apex III confirme, après le magnifique Stranded In Arcadia, et s’il le fallait, le talent du trio rassemblé autour du désormais incontournable Julien Pras, l’homme aux multiples projets (rappelez-vous donc la beauté de son Shady Hollow Circus…)

Enfin pour terminer cet Edito, je vous parlerai de DIIV. Découvert ce week-end donc, au détour d’une playlist d’écoute. DIIV est un groupe formé en 2011 à Brooklyn, dans un contexte musical en plein essor. Is The Is Are est leur second album en quatre ans. DIIV est pourtant un groupe prolifique puisque durant la tournée de leur précédent album, Zachary Cole Smith (guitare et chant) aurait composé quelque 150 nouveaux morceaux. L’album compte cinq singles, c’est dire si en plus de la quantité, Smith fait de la qualité… Les morceaux sont profonds et très immersifs, je vous dis cela alors que je viens juste de les « rencontrer », c’est donc mes premières impressions, mais ce sont souvent les bonnes, n’est-ce pas ? L’album sonne comme un tout dont il devient difficile de s’échapper. Alors que leur premier album était entièrement composé et enregistré par Smith, Is The Is Are bénéficie de la participation du groupe dans son intégralité, ce qui lui donne un caractère beaucoup moins méditatif à mon sens. Cela se ressent surtout sur un morceau comme Valentine, où la basse sert de ligne principale, permettant aux guitares de flirter avec d’autres harmoniques. Les angles d’attaque et de vue semble très différents si l’on compare les deux albums sortis jusqu’ici et j’ai une nette préférence pour le dernier, qui est plus ouvert et invite bien plus au voyage que Oshin, sorti en 2012.

Voilà, c’est terminé pour aujourd’hui, on se retrouve vendredi pour un article sur Protomartyr, en attendant on vous souhaite une excellente semaine sous le signe du rock bien-sûr !

Greg Pinaud-Plazanet

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