Edito de la semaine

L’Edito du Lundi

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Ces temps-ci, l’actualité européenne est tout entière tournée vers l’afflux massif des migrants. À ce terme, je lui préfère d’ailleurs, plus proche de la réalité, celui de réfugiés. Certes, cette masse pose un problème d’absorption, mais lorsque l’on voit la situation de leur(s) pays d’origine, on ne peut que se mettre à leur place et se dire que nous aussi, nous aurions pu être « migrants ». Là-bas, c’est la guerre. Et l’on se souvient, pour les plus anciens d’entre nous (non pas moi, non…) que durant la Seconde Guerre mondiale, nombre de Polonais, de juifs et bien d’autres encore, ont fuit leur(s) pays vers des pays libres pour fuir l’horreur. Nombre de Français même trouvèrent refuge en Angleterre. Qu’en aurait-il été si ces pays d’accueil avaient fermé leurs portes ?

Alors oui, c’est vrai, l’ennemi, aujourd’hui, est plus insidieux que lorsque l’on avait les bons d’un côté et les méchants de l’autre. La frontière posée par le terrorisme est beaucoup plus floue. On ne sait pas si l’on pourra contrôler ceux qui rentrent en masse et séparer ceux qui se présentent à nos portes pour fuir la guerre de ceux qui pourraient l’apporter… C’est un dilemme du XXIe siècle auquel personne n’a la réponse et qui demande de la prudence. Pour autant la sclérose européenne doit être endiguée et des décisions doivent être prises, la tête froide. On a tous vu cette video d’une journaliste hongroise taclant certains de ces réfugiés lors d’une intervention des forces de l’ordre plutôt musclée. Et le « taclé » d’être sollicité pour devenir enseignant dans une école d’entraineurs de football de Getafe en Espagne. Chaque personne devrait pouvoir trouver sa place à condition que tous les pays d’Europe travaillent de concert pour accueillir ces hommes, femmes et enfants. Seulement voilà, de même que l’Europe s’enlise dans sa bureaucratie et ses consensus sur des sujets politico-économiques internes, je doute qu’elle parvienne à mettre le plan d’action adéquat en place…

Aujourd’hui, l’Edito sera court, il y aura peu de mots, car après ceux que je viens d’écrire, honnêtement, je ne me vois pas passer à un sujet plus light sans créer une espèce de « Bon, ça c’est dit, passons à quelque chose de plus léger et n’en parlons plus… » Et pourtant, la Terre ne s’arrête pas de tourner pour autant.

Lana Del Rey a sorti ce mois-ci Honeymoon et confirme le tournant pris par Ultra Violence. Un bon tournant. Des morceaux suaves et chargés d’émotion. La première piste éponyme donne le ton de l’album. On est dans les basses, tout en cinématographie, c’est un peu triste malgré le titre. À partir de là, tout l’album se déroule sur fond d’histoires d’amour(s) empruntes d’une certaine lassitude. Tout comme l’album précédent, j’écoute celui-ci comme si je regardais un film des années 50 : religieusement à l’écoute du noir et du blanc, mais mettant en scène le gris plus que tout autre couleur.

Totalement à l’opposé, Ought, qui le même jour fait pointer son Sun Coming Down, nous entraîne dans son électricité abrasive, nerveuse, anxiogène parfois même. Beaucoup de choses ont changé depuis 2014 et leur premier album. Au départ simple projet entre colocataires de campus universitaire, Ought a dû revoir sa feuille de route devant la réussite du musicalement très contrebalancé More Than Any Other Day où les ballades côtoyaient  la frénésie électrique du groupe. Et Sun Coming Down s’en ressent dans la production. Plus travaillé, plus posé, plus homogène. En un mot : meilleur.

Jour d’un triste anniversaire, le 11 septembre, Beirut, groupe nettement sous-estimé, a sorti No No No. On embrasse ici un certain minimaliste, ce qui, de la part de ce groupe est assez déroutant à première vue. Mais il faut dire que le leader de Beirut a passé quelques « sales temps » question créativité ces dernières années. Alors il est revenu à des choses plus simples, plus directes et si cela marque une forte cassure, on ne peut que saluer ce décorticage pour ne retenir que l’ossature, de qualité. En plein process de réhab, les 29 minutes de la galette passent certes rapidement, mais, et c’est le principal me direz-vous, avec curiosité tout d’abord puis avec plaisir et enfin avec envie… de le réécouter même si l’on sent parfois que le groupe aurait pu développer un poil plus loin certaines idées. Mais pour se remettre, il faut du temps.

Voilà, c’est terminé pour cette semaine, la suite au prochain épisode ! A venir une review sur le dernier Stereophonics ! Stay tuned !

Greg Pinaud-Plazanet

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