Edito de la semaine

L’Edito du Lundi

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Août, ses plagistes, ses corps dénudés croisés dans les rues, sa chaleur écrasante. Un bien beau mois en définitive mais qui échauffe aussi les esprits. Alors il faut un peu de musique pour réussir à adoucir tout ça. C’est fou ce que la musique permet parfois de prendre du recul, simplement parce que l’on se pose et que l’on pense à autre chose que l’objet de nos humeurs. alors on voit les choses de façon plus claires, on avance, on s’extirpe des ténèbres. Il n’y a rien de mieux que de s évader un moment pour remettre vos pensées à l’endroit. La musique est salutaire et sert à tout : réfléchir, ne penser à rien, s’éclater, se calmer… C’est pour cela qu’un blog comme le nôtre a une raison d’être. Etre à la base de vos émotions, quoi de plus ambitieux ?

Aujourd’hui nous allons faire un petit tour des sorties du moment qui m’ont marqué. En premier lieu, je commencerais par Albert Hammond Jr. Vous n’êtes bien entendu pas sans savoir que le gugus joue aussi avec les Strokes, mais vous ne saviez peut-être pas qu’il avait une carrière solo des plus intéressantes. C’est en 2006 que Hammond Jr. sort Yours To Keep, un premier album assez rock finalement, juste assez différent de son travail avec les Strokes, sans en être toutefois trop éloigné (101, Holiday, In Transit…), pour susciter une oreille interrogatrice et attentive à la suite. En 2008 sortait sa seconde galette et le caractère du bonhomme s’affirmait peu à peu au travers des 17 pistes. Puis en 2013 arrive un Ep de quatre morceaux annonçant une reprise de travail encore plus personnelle. Nous attendions donc un album rapidement mais il n’en fût rien puisque Momentary Masters vient seulement tout juste de sortir son nez. Et la première chose que l’on remarque est l’arrivée d’une dimension un poil plus pop, plus dansante sur certains morceaux (Born Slippy, Power Hungry), propres, nets. Et puis d’autres morceaux plus rock (Touché, Caught By My Shadow, Losing Touch, Razors Edge) et enfin le reste qui est très alternatif, comprendre par là des rythmes atypiques, une orchestration volontairement plus décousue, plus changeante au cours des morceaux. Alors certes on pourra surement dire que l’album manque donc d’unité, mais je ne suis vraiment pas persuadé que celui-ci en souffre. Il sort en tous cas au bon moment pour permettre à vos oreilles de penser qu’elles picorent des trucs différents alors qu’il s’agit de la même galette. L’été, on est toujours plus éclectique, plus décousus dans nos choix. Momentary Masters est parfait pour cela.

The Maccabees font aussi un retour cet été avec Marks To Prove It. Suivant Given To The Wild (2012), ce quatrième album sonne très enthousiaste. Attention, enthousiaste ne veut pas dire optimiste, soyons clairs. Non, ici le groupe est simplement très énergique dans son écriture, faisant preuve d’une intensité presque destructrice si j’ose dire. L’album ressemble à ce Londres pesant d’où il est originaire. N’est-ce pas Damon Albarn qui disait que les chansons anglaises étaient souvent un peu grises à cause du temps là-bas ? Les sons de cet album sont pesants, on sent l’introspection, mais c’est beau. N’ayons pas peur des mots. Rien n’est à jeter. Le groupe portent bien leur trentaine et reviennent davantage vers Colour It In que Given To The Wild, ce qui, pour ma part n’est certainement pas un mal même si je ne lui dénie pas sa raison d’être…

En fin pour terminer je vais vous parler d’un album qui, pourtant sorti il y a un petit moment déjà, devrait se trouver sur vos playlist de l’été : Highspeeds de Elliott Moss. Un premier album étonnant et passionnant de la part de ce New-Yorkais d’à peine 22 ans. Personnellement j’avais écouté le single et j’étais passé à côté. Sans doute parce que lorsque l’on fait des Edito, il faut faire des choix. Et puis, des mois après on tombe sur un autre morceau, on a plus le temps de se poser dessus, ou lui de s’ancrer en vous et voilà… Elliott Moss fait tout sur son album, limite c’est monsieur j’ai besoin de personne… mais j’ai pris une petite calque. C’est du parfait alternatif, comme la scène new-yorkaise nous en produit depuis maintenant quelques années, toutefois c’est différent de Grizzly Bear et consorts, bien en marge donc du courant brooklynien. Et même si parfois on pourrait être tenté de comparer Elliott Moss à Bon Iver, et de ne pas en dénier leurs nombreux points commun (choix d’instruments, contextes des paroles, creuset émotionnel), il ne faut pas s’arrêter là. Alors oui c’est souvent emprunt d’une certaine mélancolie (Slip, Highspeeds, VCR Machine), de tristesse même parfois (la magnifique Even Great Things), mais putain, c’est beau, y a pas à tergiverser ! L’album ne peut pas simplement se résumer à cela, il est tellement plus, et seul l’essai concédé à vos oreilles choisira si oui ou non vous l’emporterez avec vous cet été.

 C’est terminé pour cette semaine, j’espère qu’où que vous soyez, quoique vous fassiez, vous en profitez car si la vie est courte, au lieu de vous presser, prenez au contraire le temps de vous arrêter, car finalement la vie n’est courte que pour celui qui va trop vite.

Greg Pinaud-Plazanet

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