The Black Keys

The Black Keys Live Report

Je connaissais  par cœur « Brothers » sorti en 2010, l’album ayant élégamment,  languissamment flirté en boucles amoureuses avec  mon ordinateur, lutiné ma platine  ainsi que mon poste de voiture.  Volage et fidèle à la fois, de l’autoradio facile à la haute fidélité des basses Cabasse.

J’ai été déçue/triste/furieuse de l’annulation du concert des Black Keys à Lille en Mars 2011. Pour qui ils se prennent les compères ? « Fatigués, trop de succès »,  ont-ils sorti comme excuse. Le buzz était créé sur les réseaux sociaux lillois : « On n’est pas assez bien pour eux ? » se questionnaient les mélomanes ordinaires de Facebook. « Trop fatigués pour Lille, mais en forme pour Paris ! » Se révoltait le peuple partout dans les rayons « garage, grunge, rock, gravement indépendants »  des disquaires de centres villes pointus.

Novembre 2011, je me suis empressée d’apprivoiser « El Camino » en vinyle, d’encoder les riffs et les tchacs et de les greffer fissa à mes oreilles enchantées.

Black Keys - El Camino

Ma colère passa, réduite par le long travail de l’aiguille magique dans le microsillon sur la rivière noire du vinyle qui tourne à 33 tours comme un cœur lent mais sûr. Comme tout amateur du duo blues’n’roll que sont Patrick Carney et Dan Auerbach, c’est l’espoir au ventre que j’ai couru les voir en concert en janvier 2012 au Zénith de Lille. Quand on aime un groupe au-delà du raisonnable, quand il joue, la déception peut être amère voire intimer le rangement des disques au magasin triste des accessoires de la tyrannie des espoirs trahis. Ian Brown, après une simulation de concert au VK Club de Bruxelles vient seulement de sortir d’un exil triste, perdu dans les limbes noirs de l’amour non rendu.

Ô joie, je crie ma joie. Le concert fut  délicieux.

L’improbablement nommé Portugal the Man tenta donc l’impossible, faire la première partie d’un concert qui n’en compte qu’une au fond, celle des Keys, attendus depuis un an. Le son résonnait mal dans la grande salle qui s’emplissait sans arrêt, et pourtant le rock psychédélique, les refrains accrocheurs des musiciens d’Alaska ont fait monter l’excitation. Quoi de mieux pour attendre les Keys qu’avec les tricots harmoniques de « In the Mountain the cloud ». Foncez écouter l’album… Avec le son prévu pour les rugueux Black Keys, évidemment, la dentelle passe mal. Rendue à ses arpèges naturels et à son joli vinyle blanc, le groupe est élégant et subtil.

Enfin, j’ai connu The Black Keys sur scène. Accompagnés pour quelques morceaux, à l’arrière scène d’un bassiste et d’un claviériste, le groupe (on dit groupe quand on est deux ?) impressionne. Mais ils sont deux, « Brothers » comme le disait le dernier album: « at the end of the day », frères d’élection depuis toujours. On n’est pas un Black Keys quand on ne fait que jouer pour eux. Les Keys sont frères, les keys sont deux. Point. Un petit trousseau mais pas de doubles.

The Black Keys

La setlist fructueuse fait la part belle aux deux derniers albums mais de petites perles anciennes ont su faire danser le public averti et connaisseur, y compris le « chop and change » égaré sur un film aux audaces vampiriques pour jeunes cœurs en émoi.

Le batteur  impressionne, au premier plan, avec des mains géantes, des gestes amples et son rythme insoutenable, titanesque et arachnéen. Les titres s’enchainent, roots, rock, et garage, le chanteur guitariste sautillant à tout va ; Les acolytes, partners in crime, plongent sans retenue dans la musique, se nimbent de ce son sale et graisseux qui tente de laisser affleurer le diamant noir et les clés d’or dans l’écrin de la saturation salie de blues. Ce n’est pas une réplique parfaite et lisse des morceaux mais une guérilla bluesy et saoule qui ne s’épargne pas les pains de la vraie musique live, interprétation libre et teintée de la valeur pure du moment et de leurs propres morceaux.

Un groupe indie, en grand, sur une grande scène. On y va, on attaque et on relâche, « Attack and release ».

Fabuleux.  L’attente était bien méritée. Savourons le plaisir d’attendre la suite aventureuse de ces clés qui déverrouilleront pour nous d’autres serrures soniques.

Setlist      (si nécessaire)

Howlin’ For You
Next Girl
Gold on the Ceiling
Strange Times
Dead and Gone
Run Right Back
Thickfreakness
Girl Is On My Mind
I’ll Be Your Man
Your Touch
Little Black Submarines
Nova Baby
Sister
Chop and Change
Money Maker
Ten Cent Pistol
Same Old Thing
Tighten Up
Lonely Boy

Everlasting Light
She’s Long Gone
I Got Mine

By Vanessa Mans

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