Edito de la semaine

L’Edito du Lundi

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Beaucoup d’entre vous sont certainement déjà en vacances, et je dois dire qu’habituellement, le PdR n’en prend pas, mais cette année les mois de juin et juillet seront plus light. Un peu moins d’articles publiés, sans doute un peu plus de Playlists car ils ne faut jamais rester loin de vos oreilles durant ces mois ensoleillés, sinon on ne vous retrouvera pas à la rentrée et avouez que ce serait dommage pour nous à défaut peut-être de l’être pour vous. Nous avons encore quelques trucs dans les tuyaux, que ceux qui nous suivent même en dormant la nuit, ou à l’heure que vous voulez je ne suis pas sectaire, se rassurent (oui je parle pour les un ou deux pécos qui like(nt) nos posts quasi en automatique dès publication, ce sont NOS pécos et on les aime !) : le report de Garorock, celui du Hellfest, qui marquera d’ailleurs la dernière contribution de mon frère au blog car dans la vraie vie, ben y a pleins d’autres choses à faire aussi et il ne faut pas s’en couper. Je le remercie donc d’avoir bien voulu prêter ses mots au PdR, bonne route à toi.

Cette semaine, je n’ai pas envie (pas la possibilité non plus d’ailleurs vu la pauvreté des sorties de qualité) de vous parler des derniers disques apparus dans les bacs de vos disquaires préférés. Non, je ne vais pas vous parler de ma vie non plus, quand-bien même cela m’est souvent demandé dans les courriers que nous recevons. Certains me demandent aussi des nouvelles de ma femme, alors je leur envoie des photos dédicacées de sa main en retour. Non, cette semaine je vais vous parler des deux derniers biopics que j’ai matés avec intérêt.

Le premier s’intitule Montage of Heck , qui pourrait se traduire de façon littérale par montage du diable, mais je penche plus pour une traduction plus grunge genre montage d’un grand n’importe quoi, ou patchwork de documents d’époque, enfin un truc du style car ce biopic est axé là-dessus. Exit donc les errements d’un chiantissime Last Days. N’en déplaise aux fans du film, pour ma part j’ai adoré la photographie, mais alors putain que c’est long et chiant, il ne se passe rien et quand il se passe quelque chose on a du mal à raccrocher les wagons… Un excellent acteur au demeurant mais bon… Bref. Montage of Heck est donc un rassemblement de documents personnels ayant appartenu aux Cobain, que ce soit les parents ou le turbulent et hyperactif (ceci explique surement cela) Kurt. On ne s’ennuie pas une seconde devant ce défilé d’images qui montre un Kurt bien souvent heureux avec sa femme, sa fille, contrairement à ce que les journaux de l’époque ont voulu nous faire avaler pour faire de Courtney Love LA responsable de la mort de son mari. Oui, la stupeur mondiale devait désigner un bouc émissaire et qui de mieux que sa femme, droguée jusqu’aux cheveux… On s’aperçoit ici que la réalité était tout autre. Kurt était heureux dans son mariage mais immensément complexé par ailleurs et finalement atteint trop profondément par des traumas antérieurs : divorce de ses parents, vie sentimentale (avant Courtney Love). On a aussi des interviews de ses parents, de sa sœur, des membres de Nirvana, de Courtney (loin tout de même d’être une sainte par ailleurs). On apprend à voir se dessiner, hors extrapolations médiatiques, la trajectoire plongeante du jeune gars de Seattle pris dans sa propre tourmente intérieure. La célébrité ne sied pas à tout le monde lorsque l’on est fragile. Bonne qualité d’images, quelques trucs par-ci par-là que l’on ne savait pas vraiment, une démystification aussi car on s’aperçoit que Kurt Cobain n’était pas Dieu mais qu’il était un gars drogué, paumé, bourré de complexes et qui avait sans arrêt envie de faire de la musique pour exister, sortir ses tripes, sauf que lorsque l’on fait ça dans l’intimité, c’est toujours mieux (de son point de vue) surtout lorsque, par le plus grand des hasards, on se retrouve propulsé comme porte-parole d’une génération sans l’avoir demandé. Un homme au final avec ses qualités et ses défauts. Un documentaire qui a su donc prendre un peu de recul face à la légende quasi inattaquable du point de vue de certains. Je recommande ce biopic à 100%.

Malheureusement il n’en va pas de même avec tous les biopics. Si Ray avait été fabuleux, si I’m Not There (Dylan) avait été ingénieux et original, si Get on Up avait été finalement pas si mal que ça, All Is By My Side m’a déçu fortement. All Is By My Side, c’est le biopic consacré à Jimi Hendricks. Beaucoup à dire et pourtant le film se contente de très peu : sa relation avec la petite amie de Keith Richards, Linda Keith. Les tout débuts, jusqu’au départ à Monterey pour le Festival Pop durant lequel il brûlera sa guitare. Mais on s’arrête avant, on descend du train en se demandant finalement quel était l’intérêt de voir ce film. Les acteurs sont ok, bien qu’André Benjamin (leadeur du groupe Outkast par ailleurs), qui tient le rôle titre, fasse un poil trop vieux dès le départ, mais c’est un détail vite oublié tellement il incarne bien le personnage dans sa démarche, ses mimiques…

Cependant, dans All Is By My Side, vous n’apprendrez rien à moins que vous ne sachiez pas qu’Hendricks était drogué et aimait les femmes… Bien que même sur ces deux sujets, on effleure à peine le truc, on passe facilement à côté. De même, la scène avec la black community de Londres est assez inutile car on n’appuie pas assez sur le côté flower power de l’artiste et de son refus de tout engagement politique. Ce sont cinq minutes qui tombent donc un peu là par hasard, sans que l’on puisse le relier au reste du film, c’est dommage car cela aurait pu être une des clés du personnage. Ne vous attendez pas non plus à voir Hendricks composer, enregistrer ou même avoir une bonne part du film axé sur ses prestations scéniques, non, dès que cela devient intéressant, on coupe et on passe à autre chose. Il faut dire, pour la défense des films inintéressants esseulés, que la famille d’Hendricks n’a pas voulu lâcher quelques droits pour le film, donc… Le seul morceau de bravoure du film, musicalement parlant j’entends, est la reprise de Sgt Peppers Lonely Hearts Club Band devant les Beatles à leur soirée d’inauguration pour la sortie de leur album éponyme. D’un autre côté le film comporterait des écueils, comme la scène de tabassage en règle d’une Kathy Etchingham (compagne d’Hendricks sur sa période londonienne) par un Hendricks armé d’un combiné téléphonique. La scène ne serait pas, selon les dires de la principale intéressée, vraie. Mais bon, aujourd’hui, qui peut vraiment le dire… On aimera aussi le moment scénique de grâce où un Hendricks débutant volera la vedette à un Clapton médusé lors d’un bœuf avec Cream, obtenu à l’arrache par Chas Chandler (ex-Animals et désormais manager d’Hendricks) dans un club. Clapton quitte la scène, en proie à une petite crise de panique, se rendant compte que Jimi est tout simplement écrasant sur scène et qu’il ne fait pas le poids. Malheureusement ces quelques grands moments ne rattrapent pas le film et pour tout fan ou novice qui souhaiterait se pencher sur la vie de ce génie trop vite parti, je ne saurais que conseiller l’ouvrage de Sharon Lawrence (Jimi Hendricks, l’homme, la magie, la vérité) qui a connu intimement Hendricks et qui arrive à couvrir énormément de choses au travers de son livre, notamment en produisant des conversations non éditées en leur temps, des témoignages de personnes qui, jusqu’ici n’avaient pas tenu à parler (musiciens, rock stars, amis d’enfance, avocats… Le portrait est complet et pour ajouter la touche musicale, vous n’aurez qu’à le dévorer en vous mettant un vinyle d’Hendricks sur la platine !

Voilà, j’espère que ces deux avis vous auront aidé à choisir un bon film pour une de vos soirées estivales, quant à moi il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une excellente semaine ensoleillée.

Greg Pinaud-Plazanet

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