Edito de la semaine

L’Edito du Lundi

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En relatant, la semaine dernière la disparition de BB King, monstre sacré du Blues, s’il en est, je repensais fatalement au sort de cette pauvre Lucille, sa Gibson ES 355, faite par Gibson aux spécificités demandées par l’artiste. Je crains de la voir vieillir derrière une vitrine, dans un musée, boudée de facto par des mains joueuses alors qu’un instrument mérite d’être joué, eut-il appartenu à un grand ou non. Imaginez donc un autre grand du Blues, récupérant ce mythique instrument et continuant à le faire vivre… Enfin, du rêve tout ça… Finalement, le plus grand malheur pouvant arriver à nos pelles en bois chéries, c’est bien que leur propriétaire ne disparaisse… D’ailleurs, il faudra un jour tout de même faire un article sur ces modèles de guitares mythiques qui ont fait l’histoire du Rock, et bien-entendu, au travers de celles-ci, inspecter les fantômes et les vivants qui les accompagnaient… La Strat de Stevie Ray Vaughan et de Jimi Hendrix, la Télé de Bruce Springsteen ou de Jeff Buckley, la Jaguar de Johnny Marr ou de Kurt Cobain, la Jazzmaster de Thurston Moore ou de Robert Smith… Et j’en passe, vous pensez bien… et je ne reste ici que sur Fender, si on élargit le spectre à Gibson… Il faudra deux articles, et pourtant quelques-uns des artistes cités ci-dessus jouent ou ont joué sur les deux même s’ils ont des préférences. Bref, il faudra que l’on fasse un article là-dessus, surement cet été, en plein creux de la vague.

Pendant ce temps, à Vera Cruz, 60% des français approuvent la grève des profs et cela ne fait pas fléchir le gouvernement car les 40% restant se pâment devant la montée des marches rehaussées d’un tapis rouge. Nous au PdR, on n’est pas vraiment de gauche, ni de droite, on fait preuve de bon sens, c’est tout. Et le bon sens aujourd’hui, il a tendance à disparaitre, nous finirons donc surement nous aussi dans le fond d’un musée, derrière une vitrine avec une plaquette ne disant rien. Moi, je m’en fous tant que l’on me place près de Lucille…

Sans transition (on reconnait les enfants de Canal hein…), je vais vous parler d’un album des plus atypique de ces dernières semaines, apparu le 27 avril dernier dans la discographie sans défaut des californiens de Brian Jonestown Massacre. Tantôt shoegazers, tantôt folkeux ou un peu psyché, ce groupe ne cessera de me balader et c’est encore une fois réussi aujourd’hui avec musique de filmImaginé. Le disque est ce qui pourrait se rapprocher le plus d’une bande originale d’un film des années qui ont vu naitre la Nouvelle Vague avec des réalisateurs comme  Godard, Rohmer ou encore truffaut pour ne citer que les têtes d’affiche. 14 pistes légères sans l’être et pour la plupart instrumentales ou alors chantées en français. On notera quelques collaborations sur ce disque avec notamment Soko (sur Philadelphie Story) ou encore Asia Argento (sur Le Sacre du Printemps). Pour le groupe des excès, tel que nous le connaissons, cet album sonne très conceptuel tout en étant très réussi. Néanmoins, vous ne le classerez certainement pas dans le canon du groupe, à savoir sa veine musicale habituelle et retenue. Non. Ici nous baignons dans des mélodies aériennes très recherchées, léchées même, posant une atmosphère parfois mélancolique voire nostalgique, parfois poussant à la rêverie,  tout en gardant une espèce de fil conducteur que l’on ne remarque pas vraiment mais qui est bien là si l’imagination ne nous fait pas défaut. Les titres sont évocateurs et vous permettrons, si ce ne sont les paroles de certaines chansons, de repérer ce fil rouge et de vous mettre dans l’état d’esprit d’écouter chacune des pistes: La dispute, Elle s’échappe, Le cadeau, L’ennui… pour n’en citer que quelques unes. C’est véritablement un film qui défile ici dans votre tête, imaginé par son auteur, Newcombe, un film basé sur l’émotion et les sens.

Si on ne va pas vous parler aujourd’hui des métalleux atmo de Neurosis, je vais en revanche vous causer de leur chanteur Steve Von Till qui vient de sortir ce mois-ci un album folk-rock un peu mystique, hanté, qui s’intitule A Life Unto Itself. C’est son 4ieme album dans cette veine. Alors certes, si vous suivez sa carrière solo depuis le début des années 2000, vous serez en territoires connus et cet album ressemblera surement aux autres, sauf que si vous ne le connaissez pas spécialement, cet album est une très bonne entrée en matière. Nous nageons ici dans un folk arrangé, émotionnel et fort, force essentiellement due à la voix baryton de Von Till, mais pas seulement. La profondeur musicale s’étoffe aussi par l’utilisation, ça et là, de composantes grunge, psychédéliques en plus du folk traditionnel (évidentes sur Night Of The Moon par exemple).

Vous pourrez poser vos oreilles sur l’album dans son intégralité ici:

 http://de.juno.co.uk/products/steve-von-till-a-life-unto-itself/570162-01/

Restons dans les voix graves avec Leonard Cohen… Tout comme son Live In Dublin sorti fin 2014, Can’t Forget est un live issu de sa grande tournée 2012-2013 sur Old Ideas. A la différence de son prédécesseur, celui-ci n’a pas été enregistré à un seul endroit et permet de sortir quelques versions tout à fait exquises du répertoire de l’artiste. Outre les quelques pépites que sont Field Commander Cohen, Choices (un cover de George Jones) ou encore Got A Little Secret (frayant agréablement avec la soul-blues), on soulignera le superbe Tower of Song, repris ici façon bluesy, bien caché derrière le titre Stages (piste 10) et qui commence par une anecdote amusante sur le fait de vieillir: « Vous commencez irrésistible puis on vous résiste, puis transparent, pas vraiment invisible mais un peu comme si vous étiez sous un vieux plastique… puis vous devenez invisible, et puis enfin, le plus étonnant dans cette transformation est que vous devenez répugnant, puis, bizarrement mignon tout plein… et c’est là où j’en suis… »

C’est sur cette grande pensée que je vous largue aujourd’hui, cette semaine de grandes choses arriveront: mercredi tout d’abord puisqu’un spécialiste de Paul Weller nous parlera de son dernier album, qui s’avère d’un très bon crû, mais je ne vais pas gâcher le plaisir… et puis toute la rédaction attend de savoir quel thème tordu nous aura concocté Mickael le fou (c’est ce qui se murmure dans les couloirs imaginaires du webzine…) pour vendredi… là, on tremble !

Greg Pinaud-Plazanet

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