Balthazar

BALTHAZAR : THIN WALLS… DU CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE

Trois ans après leur dernier album qui avait reçu unanimement un très bon accueil, et une tournée de deux cents concerts qui lui a succédé, Balthazar revient avec un troisième album attendu.

On ne va pas se le cacher le dernier album du quintet belge est bel et bien du Balthazar. Cependant le groupe a su apporter les changements nécessaires pour que Thin Walls se démarque de ses deux prédécesseurs : Applause (2010) et Rats (2012.)

Thin Walls, contrairement aux deux premiers albums, a été composé pendant la dernière tournée. Jusque-là, Balthazar avait attendu de se poser pour se lancer dans l’élaboration et l’enregistrement de nouveaux titres. L’objectif : être plus spontané, plus direct dans leur écriture ; faire en sorte que les morceaux soient vraiment destinés à la scène. Ainsi c’est dans le bus tour, les chambres d’hôtel ou pendant les pauses de leur tournée que les deux compositeurs du groupe (Maarten Devoldere et Jinte Deprez) ont opéré, proposant chacun leur tour de nouvelles mélodies. On note, en effet, dans Thin Walls cette envie d’aller à l’essentiel en utilisant beaucoup moins d’instruments que dans Rats par exemple.

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Si certains fondamentaux du groupe restent présents (refrains chantés en chœur à quatre, voix nonchalante de Maarten Devoldere) et si on a l’impression en écoutant le disque que Balthazar n’a pas voulu désorienté totalement son public en mettant deux titres pur jus Balthazar en premier et dernier (Decency et True Love), le reste de l’album explore d’autres voies, d’autres horizons, d’autres sons.

Premier changement notable, c’est celui du batteur. Christophe Claeys a quitté le groupe à la fin de la dernière tournée et a laissé place à Michiel Balcae et cela s’entend bien. Si le premier avait un jeu original, très syncopé qui donnait un côté un peu « cabaret » sur Rats, le second offre des rythmes plus classiques aux derniers morceaux, plus pop. Le son de la basse de Simon Casier se fait plus rond, plus fondu dans les mélodies.

Le deuxième changement est l’intervention d’un producteur ce qui n’avait pas été le cas pour les deux premiers LPs autoproduits. Le groupe a souhaité sur cet album se concentrer sur les morceaux et délaisser la partie technique et production. L’autre idée était de se détacher justement du son qu’ils s’étaient efforcés à donner sur Applause et Rats, dont ils pensaient avoir fait le tour. Le choix s’est tourné vers Ben Hillier dont ils avaient particulièrement apprécié la production sur l’album Think Tank de Blur. L’enregistrement a eu lieu en Angleterre et le mixage a été peaufiné par  Jason Cox (Massive Attack, Gorillaz.)

Ainsi les nouveaux territoires explorés sur l’album s’entendent dès le deuxième morceau qui sonne très new wave anglaise des années 80 et qui sera le premier single Then what. Bunker, deuxième single issu de l’album, est une balade pop mélancolique que le groupe aime à faire. S’en suivent dans le désordre deux pseudo-blues chantés  par Maarten : Nightclub et I looked for you avec son couplet cabossé, bancale et son refrain harmonieusement ciselé.

On reste dans les influences américaine avec le côté folk de Last Call et Wait Any Longer qui nous fait voyager de la côte ouest américaine sur la première partie du morceau pour terminer  avec un final au violon qui nous ramène en Angleterre, ambiance Beatles ou The Verve. Ambiance que l’on retrouvera sur So Easy.  Puis un détour vers l’Orient avec le violon de Patricia Vanneste  sur Dirty Love.

Balthazar a donc réussi son pari : se transformer sans se déformer. On sent bien l’english touch dans cet album  et cela se marie bien avec la pop sombre et mélancolique que propose Balthazar. Cela nous laisse donc présager bien des choses du côté de nos amis belges pour le futur. Il ne nous reste plus qu’à voir ce que cet album donne sur scène (voir date ci-dessous) car si il y a bien un endroit où Balthazar excelle, c’est en concert. A bon entendeur…

Balthazar en tournée :

16 Avril 2015 Bataclan, Paris
17 Avril 2015 Stereolux, Nantes
18 Avril 2015 La Vapeur, Dijon
20 Avril 2015 La Poste à Galène, Marseille

26 avril 2015, Théâtre Jacques Coeur, Printemps de Bourges

Sylvain Chamu