High Hazels

DECOUVERTE – High Hazels, à l’ombre des palmiers

Les chansons de l’automne doivent-elles tout le temps être mélancoliques ? Bonne question qu’il faudrait poser à High Hazels. Le quatuor de Sheffield sort son premier album cette semaine (on vous en avait parlé ici). A l’écoute de leurs 10 pistes, un verdict enthousiasme : Sheffield, prochaine destination automnale, à l’ombre des palmiers et à l’ombre de l’acier.

© D.R

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Arctic Monkeys, Richard Hawley, Pulp, Joe Cocker…Tout ces noms ont un point commun : Sheffield. La ville de l’acier anglais produit des sons électriques, fantasmatiques, où le son se réverbère sur les parois des usines d’aciérie qui sont progressivement abandonnées. Au milieu de cette ville, quatre hommes. Ce sont les High Hazels.

Directement issu de ce bouillonnement artistique, James Leesley (chant/guitare), Scott Howes (guitare), Paul Barlow (basse) et Anthony Barlow (batterie) sortent High Hazels (l’album) sur le label Heist or Hit Records. Ils viennent d’Handsworth, en banlieue de Sheffield. L’album est sans fioriture, tranquille et hyperactif. Il respire le flegme britannique et en adopte le ton rugueux. Fidèle au palmier choisi en couverture de l’album, le son de High Hazels est fier, haut, et immuable. Un peu comme la ville de Sheffield.

Pour vous, Le Peuple du Rock a  écouté l’album « track-by-track » comme dirait les américains.

  1. Valencia. On attaque pourtant fort. Un riff inquiétant et british, un groove à se déhancher. Et alors que je vous parle de Sheffield, les quatre fantastiques anglais nous amènent d’abord sur un dancefloor espagnol. Je n’aime pas trop bouger, mais ça, j’aime bien. Chérie, mets le GPS direction Valencia, Espagne.
  2. Loneliness Inn. La voici la balade que l’on rêve. Mélodique et mélancolique, la chanson est faite de haut et de bas. « Feeling low/ I don’t know where I’m going » chante James Leesley. Et on voit défiler les palmiers espagnols.
  3. Banging on my door. Toujours cette nonchalance dans la voix que ne renierait pas Pete Doherty. Et ces riffs de guitare. Le single est parfait : et si les Arctics Monkeys de 2014 s’appelaient High Hazels ?
  4. Night Song. Après cet interlude, revenons à notre balade en Espagne. Night Song nous transpose au milieu de la nuit, en automne (tiens). Une mélodie de berceuse mixée avec un groove digne des plus belles chansons rock. James Leesley module sa voix. On croit être au paradis, et en fait, ce n’est que la nuit.
  5. Hanging Moon. Sortez les mouchoirs. Hanging Moon est le slow de l’album. Et si, là, l’influence de Richard Hawley ne se fait pas entendre, alors je baisse définitivement le pavillon rock. La lune est haut dans le ciel, la steel-guitar de Scott Howes nous ramène vers lui, et Leesley nous transperce avec son refrain « It’s coming to the end of the real, I still don’t know how I feel ». Subtile chanson, au tempo ralenti. C’est pur et beau.
  6. Misbehave. Nous voici reparti sur les routes. Pete Doherty est toujours là. Les autres aussi. Et voici le rock le plus réussi de l’album. Pas étonnant que cette chanson soit également sortie en single. Cette chanson est une folie pure.
  7. How long’s it gonna be ? En fait, elle dure moins de 3 minutes, mais cette chanson n’en est pas moins un des bijoux de l’album. Ce qui me permet d’insister sur la basse. Certes, l’album laisse la place au plaintes (et complaintes) du chanteur. Mais Paul Barlow n’a jamais été aussi bon bassiste que sur cette chanson. En fait, on aimerait que cette chanson dure plus longtemps.
  8. Shy Tide. C’est moi ou j’ai entendu les Beatles, là ? J’ai rêvé ? Peut-être bien. En tout cas, High Hazels n’en avait visiblement pas fini de nous surprendre. Shy Tide est une chanson timide, où Leesley devient calme, nous susurre presque à l’oreille. On a même l’impression qu’il n’appuie pas beaucoup sur ses cordes. Un autre bijou.
  9. Hearts are breaking. Elle annonce la fin de l’album. La fin de notre promenade de Valence à Sheffield. Le temps d’une dernière virée sur les routes, d’une dernière plainte de Leesley. Une chanson peut-être un peu moins claire que les autres.
  10. The Promenade. On part dans les nuages. On y voit les anges, les oiseaux. Une pop propre. C’est moins beau que les précédentes chansons, mais toujours aussi clairvoyant. Là, les influences sont puisées dans les synthétiseurs des années 80. Surement.

Le verdict ?

Enregistré à Leeds, le court album (34 minutes) de High Hazels est une balade conceptuelle autour des influences musicales. On en redemande plus et on espère les voir en concert (en France ?) bientôt. On y croise de la pop bien ficelée, fissurée par du Rock Britde la plus belle Verve. Un disque automnal qui répond donc à notre question : non, tout ne doit pas être mélancolique en Automne. Mais, bon, quand ça l’est, c’est quand même pas mal non plus.

Mickael Chailloux

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