Leonard Cohen

Leonard Cohen : un nouveau disque populaire

Ce lundi sort la nouvelle production de Leonard Cohen. Popular Problems marque le 80ème anniversaire du singer-songwriter montrealais. L’avis du Peuple du Rock : un disque roots et moderne. Populaire, quoi…

leonard cohen problems

Chez Leonard Cohen, il y a quelque chose d’indescriptible. Sa voix éraillée, tenace et tiraillée entre la plainte et le cri. Sa plume exacerbée. Son art, enfin, de mêler amour et réalité(s) sociale(s). Dans Popular Problems, il y a tout ça. Mais il y a aussi une sagesse et une tranquillité intrinsèque.

Popular Problems fait suite à Old Ideas, son dernier opus sorti en 2012. Nous, on avait déjà aimé. La dernière cuvée signée Cohen, on apprécie tout autant. D’abord, parce que c’est un peu la suite d’Old Ideas, à écouter Slow, le premier titre du l’album. Un blues lancinant, où l’homme nous avoue que, même s’il est vieux, il l’aime toujours « tranquille ». Bon, on imagine pas Leonard Cohen jouer dans un groupe de métal hurlant et rapide, mais ça méritait d’être dit. Par contre, on peut l’imaginer latino dans Almost like the blues. Le contre-temps offert par les percus latinos se confond avec un blues triste (un euphémisme, certes).

A contre-temps

Cet album est lui–même à contre-temps. A écouter les tranquilles digressions temporelles que fait Cohen : d’abord, on se croit au Texas, dans les années 50, la Bible dans une main et un violon dans l’autre (Samson in New Orleans), puis à l’église, devant un parterre de choristes de gospel (Born in Chains). On sort rapidement, et on part boire un verre dans un vieux honky-tonk. On parle amour, on doute tragiquement (Did I ever love you) et on finit par arracher un sourire (My oh my).

Il y a quelque chose de lunaire dans Popular Problems. Cela ne tient pas qu’aux orchestrations parfois un peu kitsch, et même arabisantes comme dans Nevermind. Cela tient aussi du talent du poète. Prenez par exemple la chanson A Street, écrite directement après le 11 septembre 2001, mais jamais sorti auparavant, Leonard Cohen dit : « I’ll be standing on the corner/When there used to be a street ». Entre désolation et ruines… Cohen n’hésite pas a prendre son temps dans cet album, laissant les paroles lui filer entre les lèvres, laissant les « problems » jaillir de son temps.

Aux accents country, folk et « soul », Popular Problems est un grand cru de Leonard Cohen. Insaisissable, Leonard Cohen sait reapparaître quand il le faut, et reste peut-être le seul singer-songwriter à faire jeu égal avec Bob Dylan sur son terrain. Des problèmes populaires et un grand homme. Décidément, votons : Leonard Cohen président !

Popular Problems, Leonard Cohen, Sony/Colombia, disponible depuis le 22 septembre.

Mickael Chailloux

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