Beck

Retour en douceur pour Beck

Beck

Pour ce nouvel album, Beck a plus que réussi sa réinsertion dans le monde musical. Lui qui s’était fait plutôt discret – encore plus que d’habitude – après la sortie de son album Modern Guilt en 2008, il revient plus en forme que jamais pour nous offrir un opus de qualité. Malin, il a disséminé quelques avant-goûts en janvier, a dévoilé Blue Moon, premier single de l’album, et posté quelques infos sur sa page Facebook. Juste assez pour qu’on s’en intéresse, mais pas trop pour éviter l’indigestion. Doucement mais surement.

Beck n’a jamais été un artiste comme les autres. Cet angelin de 43 balais a toujours su (ou voulu ?) faire son petit bout de chemin tout seul. Loin de l’industrie musicale classique, ses musiques sont tantôt classables dans la catégorie rock, folk, blues, lounge, hip hop voire même électro. Difficile de le décrire tant chacun de ses albums suit une ligne directrice différente. On se souvient tous de l’excellent Odelay, son 5e album sorti en 1996 et classé dans les 100 meilleurs albums des années 1990, de Sea Change en 2002 et sa pochette psychédélique, de sa participation dans des films comme Moulin Rouge ! où l’artiste reprend un Diamond Dogs de Bowie bestial ou encore Everybody’s Gotta Learn Sometimes des Korgis dans Eternal Sunshine Of The Spotless Mind. On peut également citer les albums Midnight Vultures et Mutations, sortis respectivement en 1999 et 1998 et qui sont des classiques de la fin du millénaire. J’oublie, et j’omets volontairement de citer bon nombre de ses œuvres tant sa carrière est riche de collaborations, d’albums studios ou unrealeased, de participation sur des albums d’artistes de grandes envergures également. Ne m’en voulez pas, mais un seul article serait beaucoup trop court pour rendre hommage à cet auteur aussi productif. Alors forcément, quand on a une carrière comme celle-là, sortir un nouvel album est à chaque fois plus compliqué. L’attente est telle que la déception d’un album peut vous hanter jusqu’à la fin de vos jours.

Artiste éclectique, descendant d’une famille plongé dans le mouvement artistique Fluxus, membre actif de la communauté scientologue, de multiples facettes peuvent décrire et correspondre à Beck et font toute la complexité du personnage. Complexe, oui, pourrait être le mot qui dépeint le mieux Beck, et c’est cette complexité qu’on retrouve sur son dernier album, Morning Phase, sorti il y a maintenant deux semaines. En apparence assez simple, l’album se révèle au fur et à mesure qu’on le découvre.

L’album porte bien son nom. Aux premiers titres, on est un peu léthargique, un peu à côté de la plaque mais on ressent malgré tout un bonheur absolu et une telle sérénité que même les voisins de l’appart d’à côté ne peuvent pas l’enlever. C’est d’une beauté et d’une quiétude ! Tout droit dans la lignée de Sea Change, Beck laisse tomber les riffs et le rock pur pour une ambiance beaucoup plus folk. Les accompagnements sont en revanche beaucoup plus travaillés et on approche la perfection au niveau rythmique. C’est également bien mis en valeur avec au final beaucoup moins de paroles et plus de parties instrumentales, ce qui rend le tout presque cosmique, difficilement comparable à ce que la folk nous propose aujourd’hui.

Seul petit bémol, toutes les chansons de l’album sont dans la même veine – on aurait peut être aimé un ou deux titres un peu plus agité. Malgré ça, vu la carrière de cet artiste, cet opus rentre parfaitement dans sa discographie hétérogène et justifie un album extrêmement apaisé. Ce n’est pas un album à partager non, mais un bonheur à déguster individuellement, en secret, le matin avant d’attaquer une journée ou un soir pour un repos bien mérité. Un peu comme un petit bijou que l’on a acquis parce qu’on l’a mérité et qu’on veut garder rien que pour soi, car on sait que certaines personnes ne le jugeront pas à sa juste valeur.

Sur ce, je vous laisse, je retourne écouter l’album. Ça doit faire la dixième fois depuis la semaine dernière, et à chaque nouvelle écoute, on est de plus en plus plongé dans cet univers fantastique.

Juliette Goux

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