Black Rebel Motorcycle Club

Live Report : Black Rebel Motorcycle Club @ Lyon

Notre ami Jason de la rédaction du Peuple nous a gratifié de nombreuses réactions à la question qu’il se posait : c’est quoi le rock ? S’il souhaitait encore une réponse, j’aurais du lui payer le billet de train pour l’agglomération lyonnaise. Ce soir, le groupe de rock « sombre et poisseux » (Le Parisien) Black Rebel Motorcycle Club (ou BRMC, pour les intimes) jouait sur la scène du Radiant Bellevue à Caluire. Et si on dit souvent (c’est un serpent de mer) que le rock est en danger, c’est bien ici, dans la ville de Jean Moulin, sur la rue qui porte son nom, que la résistance s’est faite jour.

D’abord, prend place à 20h la première « première partie », le groupe new-yorkais Dead Combo. Ils nous offrent un set plutôt intéressant, avec leur musique torturée, triturée. Parfois, avouons-le, c’est fouillis, brouillon, mais rempli d’énergie, de « oh, shit » et de testostérone. Cela démarre fort et on sent qu’on va pas rigoler sur de l’éléctro fade (et fadasse)…Bon, en fait, un peu, car leur batteur (quand on se veut cool et rock, on dit « drummer » parce qu’on aime rajouter plein d’anglicismes à notre langue française) n’est pas là. Bah, oui, en fait, il s’agit d’un ordinateur (on dit MAO quand on est branché) qui joue les « beats » de batterie. C’est dommage, on sent que le groupe a du potentiel. Bon apéritif en fait.

La bonne surprise viendra du groupe d’après. Monte sur scène un jeune homme, habillé de noir, les vêtements (très) près du corps. Pendant la pause, on a installé une batterie (Aaah ! Enfin ! Une vraie !). La moustache se voit à peine, les cheveux sont attachés, la silhouette élancée… tranquillement, il crie au régisseur de baisser les lumières. Et commence à gratter sur sa guitare. Le son a l’air plutôt correct. Il s’approche du micro, commence à chanter. Tiens, la voilà, sa voix. Elle est bien bien différente de celle du groupe précédent, plus grave…ET LA! Le voilà qui part dans les aigus, comme ça, d’un coup. Premier morceau accrocheur, les suivants le seront tout autant, d’autant que le jeune ami a un formidable jeu…de jambes. On est à mi-chemin entre Elvis et la pop des années 80 : c’est kitsch, mais ça donne toute sa saveur à la musique. Sur Growin’, le voici qui imite les marches militaires. Et sur Hurt, nos amis irlandais nous montrent que, oui, les histoires d’amour peuvent mal finir, mais enfin, c’est en général. Dans Building, la dernière chanson de leur set, le groupe Kid Karate (c’est comme cela qu’ils s’appellent) montre une fascinante capacité à mobiliser un auditoire : standing ovation lorsqu’ils quittent la scène.

Le plat de résistance est enfin servi : cette bonne partie de rock venant de San Francisco avec les BRMC. BMRC, trois hommes : Peter Hayes (dit « le beau-gosse bassiste » selon un nouvel ami que je me suis fait pendant la pause), Robert Turner (« le guitariste », sous-entendu le vrai musicien pour mon nouvel ami), et Leah Shapiro, qui même s’il est au centre comme tous les batteurs, n’est pas celui qui déchaîne le plus les foules, malgré son jeu flamboyant. Les hommes font leur entrée, jouent leurs premières chansons, déchaînent les passions.

Crédits Photos @ DJ Monk

Crédits Photos @ DJ Monk

Tout s’enchaîne : nous voici plongé dans le cœur de la musique rock, une musique rebelle. C’est la première fois que je vois lors d’un concert un musicien fumer sur scène (environ troiscigarettes dans la soirée) ; ouf, personne n’est venu leur dire que maintenant, c’était vapoter qui était à la mode. Deuxième preuve que nous avons à faire à un groupe de rock : la groupie insistante qui monte sur scène autant de fois que possible et qui, soi-dit en passant, probablement n’a pas bu que de l’eau. En extase. Enfin, troisième preuve : on tape du pied, on se déhanche, on pleure parfois devant la beauté de certaines chansons (chantées par Turner d’abord, puis par Hayes ensuite), et puis on voit les pogos de la fin de concert arriver, les bousculades, les signes du diable inversé qui s’agitent en l’air. Il y a une raison évidente à tout cela : leur set est inévitablement et incontestablement le plus rock de tous. Parfois, on se sent voyager, comme sous l’effet de drogues quelconques, dans la 4ème dimension, celle ou les lumières sont violettes, ou l’étau se ressert, ou la folie est norme et ou tout va bien.

Crédits Photos @ DJ Monk

Crédits Photos @ DJ Monk

Un set propre donc (ou plutôt devrais-je dire net), clôturé par un mini-rappel acoustique où l’on se serait crus chez Sam Philips dans les années 50. Car même en version acoustique, ils ont du talent. S’ils reprennent leur guitare pour une dernière chanson, je vois subitement mon nouvel ami qui se retrouve sur scène. Il est rapidement ceinturé par les agents de sécurité toujours aux aguets. Il descend et s’approche vers moi, et me lance : « alors, c’est l’éclate ? » Oui, répondis-je un peu géné mais admiratif devant son dévouement pour le groupe. Il m’a confié les avoir vu à plusieurs reprises.

Crédits Photos @ DJ Monk

Crédits Photos @ DJ Monk

BRMC sera bientôt dans d’autres villes de France (la liste ici) et le 24/02 au Trianon à Paris. Si vous le pouvez, allez les voir. Vous ne le regretterez pas. Et en plus, vous ferez acte de résistance, formidable  hein ?

Mickael Chailloux

4 réflexions sur “Live Report : Black Rebel Motorcycle Club @ Lyon

  1. Je me devais tout de même de signaler que c’est la jolie Leah Shapiro qui officie à la batterie, une fille donc ! et non un homme comme indiqué dans l’article !! Il est vrai que le groupe comprenait au départ un batteur (Nick Jago) mais il s’en est allé pour d’autres aventures en 2010 et a justement été remplacé par Leah (ancienne batteuse au sein de The Raveonettes) !

    😉

    • Merci de cette précision, il semble que durant le concert lyonnais, notre envoyé-auto désigné aie eu un manche de guitare dans l’oeil 😉 Peut-être aussi qu’elle ne fait pas la tournée, je vérifie ça auprès de lui.

    • Renseignements pris auprès de l’intéressé, veuillez excuser le rédacteur, Il avait non seulement un ampli devant le nez, et il n’a pu admirer la batteuse, sinon je pense qu’il s’en serait effectivement rendu-compte, du moins je l’espère… et en plus celle-ci n’est pas venu saluer à la fin.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s