Great Artiste (GRETA)

The Great Artiste Un nouveau son sur la scène rock française !

Bienvenue amis du Peuple du Rock (NDLP : PdR). Comme je vous l’avais expliqué il y a peu, nous sommes parfois sollicité par des groupes intéressés par un quelconque coup de pouce que l’on pourrait accorder par nos articles, parce que oui amis du PdR, vous avez du poids !!! C’est ainsi que The Great Artiste s’est présenté à nous.

Crédits: Caroline Quartier

Crédits: Caroline Quartier

Chers amis lecteurs que j’affectionne presqu’autant que faire de la lèche à tout bout de champs, j’aimerais vous présenter un groupe tout droit venu de Nancy et qui, par ses sonorités, éclate à vos oreilles telle une bombe. Sans mauvais jeu de mot puisque The Great Artiste était un des B-29 superfortress en mission lors des largages de little boy sur Hiroshima et de Fat man sur Nagasaki. Mais contrairement à l’ Enola gay et  au Bockscar, les avions qui ont respectivement largué ces bombes sur les deux villes nippones, il servait d’appareil de mesure (ça c’était pour votre confiture qu’on étale comme de la culture générale lors de cocktails huppés – merci qui ? merci Jason).

The Great Artiste, c’est ici une musique forte, qui remplie l’espace. Une musique pleine de sonorités rappelant la pop londonienne des années 70-80 moulée avec un zeste de Velvet underground et de New Age. Découvrons donc qui se cache derrière ces sons que l’on n’a pas l’habitude d’entendre chez un groupe français.

PdR : Bonjour The Great Artiste, question redondante : comment nous avez-vous connu ?

TGA : Par Aurélie, notre bassiste.

PdR : Vous vous êtes connus comment et à quel moment ?

TGA (Etienne): J’ai rencontré Benoit en soirée. J’avais un vinyle de Joy Division, il a dragué une de mes amies et m’a montré les fonds d’écrans Pink Floyd et Led Zeppelin de son téléphone portable. On a passé la soirée à discuter musique, et groupes vénérés. C’est lui qui a ramené Aurélie dans le groupe, ils étaient dans la même école de musique. J’ai rencontré Quentin plus tard, en soirée aussi. Quand il est entré dans la pièce, je me suis dit : « ce type est batteur ». La suite m’a donné raison.

TGA (Quentin): Oui j’ai rencontré Etienne par hasard en soirée. Il m’a dit qu’il cherchait un batteur et je lui ai donc donné mes influences, en citant à tout hasard des groupes de Shoegaze et Spacemen 3, tout en sachant bien que c’est rarement la tasse de thé du premier type venu. Pourtant là c’était le cas, donc j’ai saisi l’occasion sans me poser de questions.Trois jours après je suis passé voir une répète de Greta, le courant est bien passé,  et le reste de l’été on a joué et fait des soirées pour faire connaissance. Je trouve ça très beau parce que c’était inattendu, ça s’est joué à rien cette rencontre, je passais juste boire un coup tard dans la soirée… J’en garde un souvenir très fort. Donc pour moi maintenant le 14 juillet c’est l’anniversaire du début d’une amitié et d’une création commune plus qu’autre chose. Une vraie bonne raison de faire péter de la poudre toute la soirée.

THG (Aurélie): Lorsque j’ai rencontré Benoît à l’école de musique, je ne pensais pas faire partie de mon 1er groupe peu de temps après, nous avons réussi à construire quelque chose de fort tous les 4, musicalement et amicalement. C’est un sentiment incroyable, nous avons une vision commune, je pense que l’alchimie qui nous relie est plutôt rare.

Crédits: Hadrien Wissler

Crédits: Hadrien Wissler

PdR : C’est assez drôle car votre musique me rappelle un peu les sonorités de la vague  new âge de 1980, comme  le tube Enola Gay (le clavier en moins merci bien) d’OMD (NDLR : Orchestral Manœuvre  in the Dark) que j’écoutais par l’entremise de la fille de ma nourrice qui le passait en boucle. Et là notez bien la transition de furieux : justement sur le même thème : pourquoi The Great Artiste?

TGA (Etienne) : On aimait bien l’orthographe du mot “artiste” à la française, c’était assez inattendu de la part d’américains. Et puis surtout la contraction des mots “great” et “artiste” donne le surnom Greta, et à l’époque je cherchais dans les noms de filles pour trouver un nom de groupe. Je me souviens d’un pote dont le père avait eu un groupe s’appelant  Emily What ? , ça m’avait assez plu.

PdR : Dans les chansons qu’on peut entendre sur le bandcamp on trouve des thèmes assez contemporains, non pas du groupe mais de l’époque des années 40. On notera une chanson sur Greta Garbo ? (blonde Greta) si mon intuition est bonne, plus une sur Nagasaki (The Nagasaki Equation). C’est une période de l’histoire qui vous inspire ?

TGA (Etienne) : Blonde Greta ne porte pas sur Greta Garbo en fait, c’est un titre de travail provisoire qui est resté (comme pour The Nagasaki Equation d’ailleurs). Nagasaki parle de l’escapade d’un couple d’amoureux en voiture, avec leur bébé sur la banquette arrière, et qui voient les avions arriver. From a Dead Star vient de la sonde Voyager (la chanson s’intitulait The Voyager au début), qui a atteint les limites de notre système solaire en août 2012. Je puise mon influence dans ce qui me parle et m’inspire pour les paroles, mais c’est vrai que la Seconde Guerre Mondiale est une période de l’Histoire qui me bouleverse énormément.

TGA (Ben): Ce qui m’inspire dans ce thème ce sont ses sonorités caractéristiques. Il n’y a aucun événement dans l’histoire mondiale qui ne colle aussi bien à des sonneries d’alarmes, des bruits de moteurs et de bombes qui sifflent. C’est ça qui m’inspire. C’est l’imaginaire qu’il y a derrière un simple bruit.

TGA (Quentin): En 1945 les bombardements de Nagasaki et Hiroshima, en plus de la découverte des camps d’extermination, c’est le coup de grâce pour ceux qui croyaient que l’humanité progressait vers une société vertueuse. Pourtant, de ce chaos a émergé toute une génération d’artistes, qui bien que pessimistes et déboussolés, ont gardé une force créatrice et une beauté toute à fait humaine. C’est dans cette idée là qu’il faut voir les thèmes qu’on aborde, c’est plus qu’un trip esthétique.  Quand tu crois plus en rien, il te reste quand même l’art et la solidarité. Blonde Greta parle de ça, c’est l’histoire d’une fille qui tombe du jour au lendemain du haut de son empire, mais à qui on tend la main malgré tout.  On est des enfants de notre époque, cette fille ça peut-être une milliardaire, un patron tyrannique, toi, ton voisin, ou toute personne qui oublie à un moment qu’elle n’est pas seule sur terre et qu’il y a mieux dans la vie que d’exercer son pouvoir sur les autres. C’est un peu notre Like a Rolling Stone à nous.

Crédits: Hadrien Wissler

Crédits: Hadrien Wissler

PdR : Des compos en Anglais, par goût, ou y’a-t-il une autre raison ?

TGA (Aurélie): Tout d’abord, pour le rock, l’anglais est plus chantant, écrire de bons textes en français est plus difficile, pour se montrer à la hauteur de notre belle langue, avec l’héritage de monstres comme Serge Gainsbourg… Ensuite, le shoegaze provient d’Angleterre, il est plus opportun d’écrire en anglais pour se faire connaître dans ce milieu et s’exporter plus facilement.

TGA (Ben): C’est beau si je te chante « là hauuuuut où je me trouuuuve » ?

TGA (Quentin): L’anglais c’est une norme aujourd’hui dans le rock. C’est vrai qu’il y a de quoi s’interroger, mais c’est la tradition. Chanter en français ça peut sans doute le faire, c’est quand même la langue de Rimbaud, mais on manque tout simplement de paroliers francophones de référence dans le rock. Du coup ce n’est pas facile de pondre des textes français quand t’as écouté des types comme Lou Reed toute ta jeunesse, que t’as intériorisé la prose anglaise, et que pour toi le français c’est Michel Sardou. Mais qui sait, peut-être que ça changera un jour. En attendant, ça nous permet aussi d’être compris par un public étranger  plus facilement, quoi qu’on en dise.

TGA (Etienne): Avant j’écrivais des paroles en français, mais c’était du sous Indochine. Et puis je trouve qu’écrire en français limite la chose, soit tu te retrouves dans la catégorie chansons à texte, soit dans la variété. Je n’arrive pas à faire sonner cette langue, alors que l’anglais est naturellement chantant. Du coup ça me permet d’écrire de façon simple, parce que ce n’est pas ma langue maternelle, et de parler des choses qui me touchent sans faux-semblants. Beaucoup de personnes me disent que ce sont des paroles profondes, et je pense qu’une certaine universalité peut s’en dégager, du fait de cette simplicité.

PdR : C’est un bon son que vous avez, enfin personnellement moi j’adhère. Dites nous en plus sur vos influences ?

TGA (Etienne): Merci ! Au sein du groupe, mes références sont The Warlocks, The Smashing Pumpkins, Spacemen 3, The Velvet Underground… C’est plutôt lourd dans le son. Ce qui m’intéresse, c’est d’explorer une partie noise en live, avec des morceaux comme Petite Teen, ou d’éprouver des chansons comme From a Dead Star, en en faisant une véritable expérience sonore pour le public. On n’est pas formaté comme de la pop, donc on peut faire ce qu’on veut.

TGA (Ben): On a bien kiffé la saturation des premiers groupes qu’on écoutait quand on était ados et ça nous est resté. Ça s’est même aggravé ! Genre j’écoutais Offspring et NoFX et là je me retrouve à écouter les Smashing Pumpkins et My Bloody Valentine entre deux larsens du BRMC. Et puis avec Pink Floyd et MBV j’ai compris qu’on pouvait faire sonner une guitare autrement que comme une guitare. C’est une exploration des sonorités, des textures, des possibilités offertes par l’électro-acoustique.

TGA (Quentin): Oui, puis on s’est pas pris la tête à se dire « on va se donner le son de tel groupe » ou de faire en sorte de plaire. Du coup ça fait un bon petit cocktail qui nous donne un son personnel, j’en suis assez fier car ça ne m’était jamais arrivé dans un groupe avant. Des gens qui écoutent beaucoup de musique indé, et qui sont un peu blasés des groupes dont le son est une « sous-copie » de grands groupes, nous ont souvent fait remarquer ça. C’est une critique positive qui revient. Ça leur plaît de ne pas pouvoir poser une étiquette sur notre son, qu’on ait notre propre univers. Je trouve ça très gratifiant et bon signe, ça  prouve que notre façon de composer vise juste.

TGA (Aurélie): Personnellement, je suis influencée par tout type de musique. Pour mon jeu de basse, je peux être inspirée par, à la fois Warpaint, Jeff Buckley (Eternal Life…) ou les classiques du shoegaze pour le côté plus noise comme My Bloody Valentine. Et Kim Gordon de Sonic Youth bien évidemment… Notre variété d’influences au sein du groupe fait que nous avons un son particulier, inclassable et unique.

PdR : Peut-on en savoir un peu plus sur votre parcours niveau LP, Album, où en êtes-vous ?

TGA : Là on vient d’enregistrer des chansons qu’on joue déjà depuis pas mal de temps en concert. Ça sortira au début du printemps. Ensuite on va se concentrer sur l’écriture de nouveaux morceaux. On a déjà des embryons d’idées, on sait la direction qu’on va prendre, mais on va s’accorder le temps de travailler tout ça.

PdR : Vous projetez ou vous êtes signé quelque part ?

TGA : Nulle part, mais si tu as des plans, fais-le nous savoir !

Crédits: Hadrien Wissler

Crédits: Hadrien Wissler

PdR : J’imagine qu’en concert ça doit envoyer du bois, déployer son lot de démons déchaînés afin d’envoûter la foule en délire qui se meut pour vous en s‘arrachant les vêtements. Enfin j’imagine. En concert quelle énergie vous anime ?

TGA (Ben): Un mec qui se roule par terre ou un autre qui se met à crier c’est carrément l’énergie qui m’anime.

TGA (Aurélie): Le partage musical est essentiel, lorsque nous voyons que les personnes adhèrent à notre musique, c’est notre victoire. Avoir leur réaction après le concert et les voir heureux durant notre prestation est vraiment un sentiment incroyable. Grâce à eux, on se sent plus fort, on a le sentiment que le fruit de notre travail musical est apprécié. Quand je vais voir des concerts en tant que spectatrice, je ne souhaite qu’être conquise par le groupe, je souhaite apporter la même sensation lorsque nous jouons devant un public.

TGA (Etienne): Personnellement je veux convaincre les gens de notre musique. Je l’aime, et j’ai envie de la faire découvrir. Alors je donne tout ce que j’ai, même quand les conditions ne sont pas toujours faciles. On a eu la chance de ne jamais avoir de public restreint jusqu’ici, et quand je vois des jeunes filles qui dansent à l’indienne en tripant sur le son, des personnes qui se déhanchent, d’autres qui hochent la tête ou font un signe levé du pouce, ou encore d’autres qui se roulent par terre, je me dis que j’ai atteint mon but, et ça me conforte dans le fait que notre musique est bonne et mérite d’être connue. Je veux qu’ils vivent une expérience unique et se prennent une véritable claque sonore.

TGA (Quentin) : Pareil qu’Etienne, j’aime ce que je joue et je veux le partager de façon horizontale avec le public. Je n’arrive pas avec mes gros sabots en faisant sentir aux gens que « je suis le meilleur » et que je viens pour jouer une musique révolutionnaire. Je joue avec eux, pas simplement devant eux, j’arrive pas avec ma dégaine de rock star. S’ils rentrent dans ce qu’on fait, c’est la meilleure récompense. Je sens, quand dans la salle les gens planent sur ma batterie, que j’ai visé juste. Quand ce genre de dialogue se crée, je me nourris de cette connexion et je souffle sur les braises, ce sont les meilleurs moments. Étonnamment, c’est un peu similaire aux rapports sexuels en fait… haha ! De ce point de vue nos concerts s’améliorent à chaque fois, on expérimente des choses dans cette relation au public.

PdR : A propos de concerts, vous tournez vers où et à quelle fréquence ?

TGA (Quentin) : On joue là où on est invité, on a joué plusieurs fois à Metz depuis le mois d’août, parce que là-bas on a très été bien accueilli par les bars. On compte sortir un peu de Lorraine aussi prochainement, on fait des rencontres à force de jouer et moi j’habite à Rennes depuis peu, alors ça nous apporte certaines opportunités au-delà de Nancy.

PdR : Si moi j’ai envie d’arracher mes vêtements devant la scène il faut que je monte jusqu’à Nancy ou bientôt nous aurons la chance de vous voir dans le sud ?

TGA : Si tu connais des gens prêt à nous faire jouer dans le sud, on prend. Mais ce n’est pas facile de se déplacer loin, il faut le budget et les contacts !

TGA (Ben) : Il y a une scène underground dans le sud ?

PdR : Oui. La petite question : A&E qui apparaît aux crédits de la chanson Song for A&E, qui est-ce ?

TGA (Etienne) : C’est une lettre de rupture. Je me suis contenté de rajouter un refrain, et une outro. Le titre est un clin d’œil à l’album Songs in A&E de Spiritualized.

PdR : une dernière chose que vous voudriez ajouter ?

TGA : Greta is for prostitutes and punks !

PdR : Un grand merci Greta pour cette interview. Que dire, Une scène underground dans le sud ? Ouais ça peut se trouver, et des contacts pour jouer par ici aussi. Je vous filerai tout ça pour avoir une chance de vous voir en live parce que mes amis du peuple, il faut que je vous dise quand même que je ne fais aucune Itw si groupe n’ait pas accroché une quelconque sonorité à mes neurones et j’avoue TGA c’est juste original, fantasmagorique, énorme, pas encore vu dans la scène française et ça fait du bien !!  Alors si j’ai un conseil pour toi le peuple de là-haut, si un jour tu passes près de Nancy et que tu entends parler d’un concert de The Great Artiste, bouge ton boule et vas les voir, tu ne perdras pas ton temps et tu m’écriras un live report et y’aura un article avec ton nom dedans !!!

A consommer frais sans aucune modération et à entendre leurs souhaits sur leur public, aucune retenue non plus !!!

Allez Rock’On le peuple !

Jason P.

Liste des liens :

le clip de Blonde Greta :

http://www.youtube.com/watch?v=uMJN2e3BV6E

le bandcamp :

http://thegreatartiste.bandcamp.com/album/at-the-bridge-of-dawn

leur facebook :

https://www.facebook.com/pages/The-Great-Artiste-groupe/241591479235156

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