Mr John Lewis

Mr John Lewis : l’interview exclusive !

Quelques semaines après la sortie de son nouveau single Me Against Myself, Mr John Lewis, ce chanteur soul talentueux à la voix puissante et suave à qui nous avions consacré un article en mars 2010 (article ici. Ndlr), nous accorda une interview ainsi qu’une session acoustique totalement exclusive, et ce, pour le grand bonheur du Peuple du Rock et ses lecteurs.

Mr John Lewis en live © Jonathan Broca

C’est lors d’un après-midi de décembre 2011, dans l’appartement de Mitch. T Gray (guitariste), situé en plein cœur de Paris, que Mr John Lewis et ses complices nous reçoivent. Appartement très chaleureux, habillé de guitares et d’amplis… on sent qu’ici, la musique se respire.

Après quelques minutes de bavardages bien mérités, il est temps de se mettre au travail: Maxime Dollo (monteur-cadreur-étalonneur) recherche les meilleurs plans possibles et réorganise l’éclairage de la pièce, alors que Mr John Lewis s’installe, sous l’œil attentif de Mitch et Jérôme Delamarre (bassiste). De leur côté, Antoine Lacot (rédacteur en chef du PDR) et Marianne Reiss (directrice du Label ReissMusic) discutent, tout en veillant au bon déroulement des préparatifs. Pendant ce temps-là, je relis une dernière fois mes questions et installe mon iPod sur la petite table en guise de dictaphone.

Tout le monde semble prêt, l’interview peut commencer.

PDR : Bonjour Mr John Lewis, pourrais-tu te présenter aux lecteurs du Peuple du Rock qui ne te connaitraient pas encore ?

MJL : « Je m’appelle John, j’ai grandi en Angleterre, je suis auteur-compositeur-interprète et j’ai commencé la musique avec le piano à 8 ans, puis la guitare. J’ai enregistré un CD à New York (Unexpected. Ndlr) et en revenant de l’enregistrement, j’ai eu la chance de rencontrer de très bons musiciens que j’affectionne beaucoup et avec qui je fais mes concerts. »

Ce goût pour la musique, te vient-il, comme beaucoup d’artistes, d’un héritage musical ?

« (Sur un ton hésitant) C’est vrai qu’il y ’a dans ma famille des musiciens dans l’âme, et surtout une envie de musique, mais je ne sais pas si elle a été héréditaire… Non en fait, je me suis juste cassé le cul pour apprendre la musique. (rires) »

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique ?

« C’est venu comme ça, mes parents m’ont laissé le choix entre violon et piano, j’ai donc pris piano. Mais mon vrai amour pour la musique est venu à partir de la composition  donc à 11 ans. »

A gauche Anthony Amar (Peuple du Rock), à droite Mr John Lewis. © M. Dollo

Comment était ta première composition ?

« Elle est marrante comme question celle-là (rires). Le premier morceau que j’ai écrit, était à partir de la B.O. de l’Arme Fatale 3. A l’époque, je faisais des exercices de gamme. J’aimais bien pour me détendre jouer quelques accords et j’ai donc retrouvé deux trois accords qui ressemblaient à cette B.O. là alors j’en ai fait une partition, je suis allé voir mes parent en leurs disant « regardez, j’ai composé un morceau ! » ce qui était totalement faux. (rires) »

En parlant de B.O., tu as composé celle du film « Et si tu disparaissais » de Florian Desmoulins. Qu’est-ce qui t’attire dans ce type de musique ?

« Ce que j’aime beaucoup dans le fait de faire de la musique pour des images c’est que, pour une fois, ce n’est pas moi le fantassin, je n’ai pas à défendre de nom, je me mets seulement au service de l’image. Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’y a pas de structure à suivre, il faut vraiment se caler sur les sentiments et le faire sentir au spectateur, par le biais de la musique. Cela permet de partir dans une direction que la carrière de chanteur ne permet pas. »

Comment s’est passée ta rencontre avec Florian Desmoulins ? Est-ce toi qui est venu vers lui ?

« Je ne sais pas si je dois le dire ça (rires). A une certaine époque le Tania Club (Discothèque dans le 8ème. Ndlr) était un endroit que j’affectionnais et j’allais beaucoup là-bas pour son ambiance. Un jour j’ai eu envie d’y jouer, même si ce n’est pas l’endroit adéquat pour ça, j’ai demandé à faire un piano-bar donc j’ai ramené mon synthé pour jouer et il était au club ce soir là. Après avoir joué, il est venu vers moi, et il m’a mis au chalenge de jouer un Ray Charles. Cela tombait bien, je connaissais le morceau, je l’ai joué et il a bien aimé. Je suis retourné souvent au Tania après car c’était mon club favori puis je l’ai revu plusieurs fois, j’ai passé de très bonnes soirées avec lui et un jour, il avait comme projet ce film, on en a discuté, il m’a envoyé le scénario et c’est comme cela que j’ai rencontré Florian. »

Est-ce que la rencontre avec tes musiciens s’est faite pareil, ou sont-ils venus se greffer pour l’album ?

« L’album a été enregistré avec des musiciens de studio que l’on a mandaté à New York aux Etats Unis. Quand on est revenu en France, nous n’avions plus de musiciens, donc il a fallu en trouver de nouveaux et en cherchant, nous sommes tombés sur les musiciens qui m’accompagne actuellement. »

« Ce que j’aime beaucoup dans le fait de faire de la musique pour des images, c’est que, pour une fois, ce n’est pas moi le fantassin. » © M. Dollo

En parlant de studio, vous avez enregistré un album intitulé Unexpected. Est-ce que pour cet album, vous avez laissé de la place à la spontanéité et à l’improvisation ?

« Pour ce projet là, je suis arrivé à New York avec des morceaux déjà construits et finis. Je les ai présentés aux musiciens, et de là a commencé une sorte d’arrangement des morceaux car bien évidemment, j’ai fait tout les instruments moi-même sur les maquettes que j’ai emmenées et bon… je ne suis pas le meilleur bassiste du monde, ni le meilleur guitariste du monde, loin de là… je suis pas mal au piano et en chant (rires), mais c’est sûr que d’avoir des vrais musiciens, cela change le morceau. Donc de fil en aiguille, nous sommes arrivés à ce résultat là. Mais maintenant, avec les musiciens que j’ai actuellement, on rentre vraiment dans un travail de composition où chacun apporte un petit quelque chose, on en discute, on arrange, et si le morceau est bon, on le garde. »

Vers quelle période as-tu composé les chansons de cet album ?

« Je ne peux pas te répondre, car j’ai composé environ 300 morceaux. Quand on a choisi les chansons à mettre sur l’album, il a fallu prendre les meilleures, bien évidemment, tout en gardant une homogénéité pour que cela puisse avoir un sens. J’écris toutes les partitions des morceaux que je compose, mais je ne marque jamais la date – et je ne le ferai jamais – donc du coup, je ne sais pas vraiment… »

Quels morceaux préfères-tu jouer en live ?

« J’aime bien les nouvelles, peu importe laquelle, j’aime bien jouer celles que je n’ai pas encore joué. Il y’ a quelque chose dans la première fois que l’on ne retrouve pas dans la deuxième, la troisième ou la centième fois. »

Et en live, vous laissez de la place à l’improvisation ?

« On a commencé à faire des parties où il y a la possibilité de s’évader, mais on n’est pas encore au niveau de James Brown où l’on peut rentrer dans de la pure improvisation. Je pense que cela va venir, c’est juste une question de temps, d’apprendre à se connaître musicalement, jouer des morceaux ensemble pas forcément pour préparer un concert car même si c’est mon nom qu’il y a sur l’affiche, je vois vraiment cela comme un groupe. Si je n’ai pas mes musiciens, autant que je prenne une brosse à cheveux et que je me mette à chanter dans ma salle de bain (rires). Donc je nous vois vraiment comme un groupe, et un groupe si on enlève le mot musique dessus, c’est aussi un groupe humain, où il faut que des liens se tissent. »

« J’ai une culture musicale très pauvre et on se fout souvent de ma gueule pour ça. » © M. Dollo

Tout à l’heure, tu as dit avoir composé près de 300 morceaux… Quels artistes t’influencent le plus ?

« J’ai une culture musicale très pauvre, et on se fout souvent de ma gueule pour ça (rires). Il y a 4 artistes qui m’ont réellement influencé – pas forcément sur la composition en tant que telle mais plutôt sur l’esprit – et dans l’ordre d’apparition de ma vie c’est : Beethoven, Michael Jackson, Tupac Amaru Shakur, Jim Morrison, ce n’est pas que je n’aime pas les Doors, mais j’ai plus un faible pour Jim Morrison. Donc pour répondre à ta question, tu prends tous ces artistes, tu les mets dans un shaker et tu te retrouves avec l’état d’esprit et je suis persuadé que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Donc, c’est là qu’il y a un petit paradoxe, car tu peux dire « ce mec ne connaît pas tel artiste, mais ce qu’il fait ressemble à untel ». Par contre ça, je suis sûr que cela vient forcément de ce que j’ai écouté puis vu que j’ai fait beaucoup de classique, et que pour moi, c’est la meilleure des écoles car en plus de la technique, tu as beaucoup d’émotions, c’est très dynamique… Mais, je n’arrive pas à l’expliquer, et puis si un jour j’y arrive, je n’écrirais plus de chansons, du moins je n’y arriverais plus. »

Que peut-on te souhaiter pour conclure cette interview ?

« Je ne sais pas trop, du bonheur, pleins de concerts, le stade de France…(rires) Ah non, par contre, si il y a un truc que vous pouvez me souhaiter, c’est le Superbowl ! Le jour où je ferai le Superbowl… (rires) »

A la suite de cette interview très intéressante, nous avons eu le droit à un magnifique show acoustique avec une formation chant–guitare–basse… Une session que nous vous partageons pour le plus grand plaisir de vos oreilles.

Retrouvez le dernier single Me Against Myself de Mr John Lewis, ainsi que son EP People et toute son actualité sur Noomiz. De plus, Mr John Lewis sera en concert au Bus Palladium (Paris, IXème) le 16 mars prochain.

Crédits :
Photos, cadrage, montage, étalonnage : Maxime Dollo
Musique : Mr John Lewis (chant & percussions), Mitch. T Gray (guitare) & Jérôme Delamarre (basse)
Avec la présence de : Antoine Lacot & Marianne Reiss
Interview : Anthony Amar
Article : Anthony Amar & Antoine Lacot

Remerciements à Mr John Lewis et son équipe !

By Anthony Amar & Antoine Lacot

3 réflexions sur “Mr John Lewis : l’interview exclusive !

  1. Superbe interview! Franchement, ça m’a donné envie de découvrir l’artiste, merci beaucoup!!!!!!!

    J’adore vraiment.

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