Edito de la semaine

L’Edito du Lundi: Belgitude

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Fidèle au rendez-vous… Vous sentez ? Les éclairages des villes se sont  illuminés, les trottoirs se sont noircis de monde, les magasins vomissent tellement ils sont blindés. C’est Noël qui approche. La chasse aux cadeaux est ouverte, l’ambiance est à la fête, c’est magique. Si si, un peu quand-même, avouez-le. Pour ma part mes cadeaux sont presque tous déjà « in da box ».  Si comme moi, il ne vous reste que votre propre cadeau à vous faire,  je vais vous donner une idée. Oui, il ne faut pas bouder son propre plaisir à s’offrir des trucs et de l’ouvrir devant tout le monde avec une surprise feinte genre « Oh ! Mais qui a eu une si bonne idée ? »… Au delà du fait que vous vous offriez un truc pour changer, cela donnera peut-être des idées à tout le monde présent et ils arrêteront enfin, après 40 ans, de vous offrir une écharpe tricotée, ou un pull rayé… Voici donc l’idée: Pourquoi donc ne pas s’offrir un cadeau spécial « scène rock belge » ? Pourquoi belge me demanderez-vous ? Pour sa richesse.

Je vous explique tout depuis le début… Vous le savez, nous sommes plusieurs au PdR à suivre Girls in Hawaii (GiH) depuis les tout débuts, ce qui, sans faire de nous des spécialistes, nous hisse tout de même au rang de fans. Samedi dernier, trois membres du PdR (Sylvain, Jason et moi-même) avaient fait le déplacement pour aller les voir sur la scène  du Krakatoa, dans la périphérie de Bordeaux. La salle  n’était pas bondée mais le groupe, fort de sa générosité nous a livré une performance irréprochable. Au vue du dernier album, nous pouvions nous attendre à un concert intimiste, un peu comme lors de la tournée précédente. Il n’en fut rien. Mais alors rien de rien. Au lieu de cela c’est bien une déferlante rock électrique survoltée qui a conduit le Krakatoa au bord de l’explosion. La tempête a eu tout de même quelques moments de calme et même de recueillement mais les morceaux se sont enchaînés, non sans quelques commentaires et autres interactivités avec le public déjà fortement acquis à la cause des GiH. Oui, on ne va pas les voir par hasard.

Photo de gauche: Notez la dure tâche du roadie en train de tenir l'ampli, on le devine derrière...

Photo de gauche: Notez la dure tâche du roadie en train de tenir l’ampli, on le devine derrière…

Je ne reviendrai pas sur l’album, en ayant déjà parlé dans nos pages (Everest: du haut du sommet), mais sachez que s’ils passent près de chez vous, nous vous conseillons fortement de vous y propulser. Vous trouvez l’album beau mais vous redoutez le difficile exercice de la scène ? Celui-là même qui peut avoir pour conséquence simple mais directe de mettre l’album de côté ? Allez-y. Vous serez surpris comme nous l’avons été. Nous sommes fans certes, mais nous essayons de rester critiques vis-à-vis des œuvres ou des performances des artistes. Où serait le plaisir si tout était beau et gentil ici-bas ? On n’aime guère les Bisounours nous autres. Parfois on tranche dans le lard, on découpe la poire en quatre, tout cela pour essayer de vous cuisiner un article qui garde un certain recul. Mais là, honnêtement je n’ai rien à dire et l’avis était unanime, aussi bien parmi les rédacteurs que dans la salle. Pour ceux qui voudraient se rendre compte par eux-mêmes, il n’y a qu’à regarder le live à l’Ancienne Belgique diffusé sur liveweb.arte.tv mais pas trop, ne vous cassez pas le trip à l’avance…

Crédits: DJ Monk

Crédits: DJ Monk

De plus je vais vous dire: les GiH sont vraiment sympas. Contactés via Facebook dans la journée, Brice Vancauwenberghe (Guitare à droite sur les photos et accessoirement frère du cofondateur du groupe en 2001) nous avait gardé une setlist, vous savez ces feuilles volantes qui partent très vite à la fin de chaque concert parce que des fans se précipitent dessus… Au PdR nous ne sommes pas des sauvages. On demande poliment. Il nous l’a donc gentillement remise après leur performance  et nous  avons saisi cette occasion pour tous les faire signer et échanger quelques mots avec lui et Antoine Wielemans (fondateur des GiH  avec Lionel Vancauwenberghe), mais force est de constater qu’ils avaient fort à faire tellement ils se sont rendus disponibles pour tous les gens qui étaient là. Nous serions bien restés plus longtemps mais à cette heure très tardive notre restaurant ne nous aurait pas accepté… En effet les Girls ont assuré presque 1h45 de concert après la première partie assurée par V.O au sein duquel joue le batteur actuel des GiH: Boris Gronemberger. Boris qui nous a d’ailleurs gratifié d’un autographe expérimental sur le dernier titre de la setlist, nous affirmant tout sourire qu’il aimait essayer des choses nouvelles… Signe ou pas signe (choix du dernier titre pour un musicien arrivé en dernier), nous ne le saurons en tout cas jamais.

Set List GIH

Depuis un bon moment déjà si l’on remonte un peu dans le temps le rock s’est fait une place dans le plat pays. Des groupes comme TC Matic (groupe d’Arno  dans les années 80) et plus tard K’S Choice (années 90) autour de Sarah et Gert Bettens opéraient déjà à scène ouverte. Ces groupes ont contribué à ouvrir la voix à d’autres, aux retombées plus internationales, comme Zita SwoonHooverphonics ou encore dEUS. Tout d’un coup, se rassembler, jouer et chanter du rock en Belgique devenait possible et porteur pour tous ceux qui y aspiraient. Le pays recevait enfin l’attention de ses voisins. Suivant l’exemple de leurs aînés, de nombreux groupes rock ont donc logiquement émergé de l’état fédéral pour porter la bonne parole au-delà de leurs frontières. Derrière dEUS, devenu la figure de proue emblématique du rock belge on trouve ainsi Woodface (fondé par Gert Bettens de K’S Choice), Ghinzu (qu’on ne présente plus !), Hollywood Pornstar (un groupe à la base prévu pour ne durer que le temps d’un tremplin rock, vus en concert il y a quelques années à Strasbourg, ils valent le détour!), Venus (meilleure performance rock du printemps de Bourges en 99 et aujourd’hui splitté) ou encore Sharko, Mud Flow ou The Teller et bien-sûr GiH. Honnêtement je ne vous parle ici que des groupes que j’aime  ou connais, mais il y en a une vraie tripotée qui mériteraient que l’on s’y attarde.

Alors, peut-on se poser la question de l’existence d’un rock belge ? La réponse est oui et non. Non car il n’est pas particulièrement caractérisé. C’est un rock influencé, comme en France par le rock anglais ou US principalement. Oui car il y a aujourd’hui une scène belge conséquente qui vous permettra de trouver à coup sûr ce que vous aimez. Alors pourquoi ne pas vous mettre à l’écoute de tout cela et vous faire un beau cadeau ? Je vais demander à Mickael, notre spécial Playlister de vous en sortir une très vite (Mickael, si tu m’entends…). En attendant, Vendredi, nous publierons celle de cette semaine dont le thème était New York Police Judiciaire… Oui je sais. Le garçon est clean pourtant, il prend ses pilules et tout… mais que voulez-vous…

Côté sorties, le Live from KCRW de Nick Cave & The Bad Seeds sort ce jour en CD et double vinyle. Si vous avez une platine, préférez le vinyle car il y 12 titres dessus, contre 10 sur le CD. A noter que certaines versions ont été spécialement retravaillées pour ce live.

Toujours dans les vinyles, une Complete Vinyl Collection des excellents Jesus & Mary Chain sort également ce jour. Côté Live par contre MUSE sort un live à l’Olympic Stadium, parfait pour moi qui préfère maintenant les voir en concert plutôt que d’écouter leurs versions studio. Oui, je sais, allez-y, mon dos fera une cible parfaite pour vos fléchettes. Neil Young ne sera pas en reste avec Cellar Door, un live datant de 1970.

Sinon de manière générale, le mois de décembre ne sera pas trop mal puisqu’il nous réserve une réédition de White Light/White Heat du Velvet Underground, idéal pour les Noël neigeux, bien que nous ne parlions pas de la même neige…  Et puisque nous accueillons dans nos rangs une nouvelle rédactrice axée Metal, notez que Mastodon sortira le 9 un live enregistré à Brixton, soit 6 jours avant la sortie de Sans Eclats par Death Mercedes (une suite attendue par beaucoup après Du Soleil Refroidi).

Demain sortira aussi un ovni expérimental tellement space que je me devais de vous le signaler. En effet, suite à une discussion sur Nina Simone, l’américain Jamie Stewart revisite la façon de faire un hommage (Xiu XiuNina) en triturant des covers de la célèbre artiste des années 50-60. C’est curieux mais ça tourne depuis ce matin et je n’arrive pas à m’en défaire. A ne pas mettre entre toutes les oreilles cependant.

Greg Pinaud-Plazanet

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