Chokebore

Chokebore: Déjà 20 ans !

Chokebore fête les 20 ans de son premier album Motionless cette année, et c’est en Europe et principalement en France qu’ils ont décidé de le faire, sur scène. Un bon conseil, ne réfléchissez pas : allez-y!

Résumer Chokebore à ceux qui ne le connaissent pas est un challenge difficile. J’ai tout d’abord essayé d’appréhender tous les courants musicaux pouvant se rapprocher de leur musique : Emocore, Sadcore, Slowcore, Grunge, etc..   Il y a un peu de tout ça dans ce qu’ils font. Ce qui à mon avis résume le mieux Chokebore est cette phrase lancée par le chanteur du groupe, Troy Von Balthazar (voir ici et aussi ici) lors d’un concert à propos du morceau qu’ils allaient jouer : « it’s gonna be sad and slow, we like that shit ! »

Porno Hawaïen : originaire d’Honolulu à Hawaï, le groupe se forme en 1989 autour de quatre membres : Troy Bruno Von Balthazar au chant et à la guitare, les frères James et Jonathan Kroll respectivement à la basse et à la guitare ; et plus  trois batteur qui  se sont succédés jusqu’à aujourd’hui : Christian Omar Madrigal Izzo (1995-1997 et depuis 1999),  Mike Featherson (1997-1999) et Johnee Kop (1993-1995). A l’origine, le groupe portait le nom de Dana Lynn (patronyme d’une actrice porno américaine) sous lequel ils sortent un single « Circle.» C’est en 1993 que les Hawaïens deviendront Chokebore.

1992, A l’assaut de L.A. : Jonathan Kroll décide de quitter Hawaï pour suivre des études sur le continent. Chokebore jouera donc à trois pendant près d’un an et demi. Conscient que leur carrière ne pourrait s’épanouir dans l’île de Magnum et d’Higgins,   ils décident de traverser le Pacifique pour rejoindre Los Angeles et relancer le groupe à quatre dès la fin de cette même année. Mais cela s’avère difficile de percer dans une ville où les rock bands sont prêts à payer pour pouvoir jouer dans les clubs.

Chokebore 11993-1994le bout du tunnel : suite à l’envoi d’une démo à Amphetamine Reptile Records, ils sortent leur premier deux  titres : Nobody/ Throats ainsi que quelques autres sous formes de split avec d’autre groupes. Essai transformé en août 1993 où, sous le même label, paraît leur premier LP Motionless. Ce premier album est de la trempe des groupes indés du début des 90’s, avec une forte influence grunge. Pendant l’année et demie qui suit, le groupe tourne aux Etats-Unis et en Europe, assurant les premiers parties de groupes aussi illustres que Butthole Surfers, Girls Against Boys ou encore Nirvana. Il paraîtrait d’ailleurs que Kurt himself aurait dit que Chokebore était un de ses groupes préférés…

Chokebore1995,Europe is their playground: Anything Near Water, leur second LP, sort dans les bacs. Le style du groupe s’affirme. Même s’il ressemble au précédent et adopte les codes de la mouvance grunge, très saturée, des morceaux de slowcore et sadcore viennent élargir le répertoire du groupe. Six mois de tournée suivent cette sortie, essentiellement en Europe.

1996-1997 : le groupe ne traîne pas. Ils profitent de leur tournée européenne pour enregistrer à Paris leur troisième album : A taste for bitters. Morceaux alternant passages calmes et énervés avec une bonne dose de disto, truffés de mélancolie. Troy excelle dans un style de chant mélodieux, plaintif et enragé (Ghosts, and the swing of things, A Taste for Bitters, Your let down …) Le style Chokebore, quoi !

Première TV en  France dasn l’emission Nulle Part Ailleurs sur Canal Plus. Repéré (enfin) par la presse, Chokebore tournera pendant trois ans dans une vingtaine de pays.

1998, l’aboutissement : avec la sortie de Black Black, les Hawaïens tiennent l’album référence.   Avec un titre qui colle bien avec la sonorité du disque : du bon gros son avec une ambiance bien lourde qui sent bon la dépression. Une alternance de ballades sombres et envoutantes (Speed Of the sound, Never feel sorry again, Valentine) et de titres rock, voire déjantés (Distress Signal, You are the sunshine of my life – rien à voir avec le titre de Stevie Wonder). Mélodies et chant sur le fil, combinaison de force et de finesse. Comme à chaque sortie d’album, le groupe part pour une tournée fleuve avant de faire un break jusqu’en 2002.

2002-2003 : sortie de It’s Miracle leur dernier LP studio. On retrouve le style du groupe en moins sombre, plus ouvert et donc abordable, limite avec des titres un poil plus commerciaux (Ciao L.A., Police) La marque de fabrique reste toutefois ce côté lacrymal du chant, et, des riffs et mélodies tout en finesse. S’en suit l’album live A part from life enregistré lors de leur concert au festival de la Route du Rock à Saint-Malo. On y retrouve les titres emblématiques du groupe, une sorte de compil de leurs meilleurs morceaux. Puis black-out, pendant six ans. Le groupe ressent le besoin de faire un break sans pour autant être certain de se reformer. Troy en profite alors pour développer sa carrière solo. James s’installe à Berlin et profite de sa vie de famille. Jonathan va se consacrer à un projet personnel : A New Born Riot Of  Dreams. Christian accompagne Troy Von Balthazar au cours de ses tournées.

Come Back: il y a trois ans,  alors que Troy et les frères Kroll se retrouvent à Berlin le projet de reformer Chokebore est abordé. Quelques sessions acoustiques et quelques nouveaux riffs suffisent à relancer la machine. Un an plus tard, le groupe rejoint le label bordelais Vicious Circle (Shannon Wright, Mansfield.TYA, Elysian Fields) et édite un Ep : Falls Best. Du Chokebore pur jus résumé en six  titres. Ils en profitent aussi pour renouer avec la scène lors d’une tournée européenne. Enfin cette année, pour les 20 ans du premier LP du groupe,  une réédition vinyle de Motionless et d’Anything Near Water sert de pretexte au groupe pour retrouver ce que finalement ils aiment le plus: la scène.

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Et c’est donc là qu’on se retrouve. En effet, comme je le disais en haut de l’article et pour les avoir vu à moult reprises : « Un bon conseil, ne réfléchissez pas : allez-y! », les dates sont publiées sur : http://www.chokebore.net/tour-dates/. C’est en effet en concert que toute l’intensité de Chokebore est palpable. Le groupe tourne depuis le début des années 90, a enchaîné les dates sur de longues périodes et s’est forgé une bonne grosse expérience scènique. Troy envoûte littéralement le public par son chant. Si lors de ses concerts solo Troy reste plutôt sobre, avec son groupe il semble habité, évadé dans son monde, il se contorsionne autour de son micro, fait danser sa guitare autour de lui…Bref,  il se transcende et transmet toute l’émotion et la puissance de la musique du groupe. Les deux frères quant à eux sont les deux extrêmes : Jonathan est presque statique, concentré sur sa guitare alors que son frangin déambule sans cesse et tape sur sa basse comme un bûcheron. Le batteur plutôt discret assure sa partie en donnant le relief et la puissance nécessaires aux morceaux du groupe.

Au risque de me répéter, si vous n‘avez pas encore testé l’expérience Chokebore en concert, foncez ! C’est à chaque fois unique, beau et puissant. Un remède qui étouffe l’ennui.

By Chams

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