Pink Floyd

Pink Floyd : un groupe charismatique de rock progressif et psychédélique

Quel terrible défi me suis-je lancé ici que d’écrire un article sur ce groupe extraordinaire que sont les PINK FLOYD.  Défi complexe puisqu’il ne s’agit pas de faire un article de 40 pages, mais seulement d’une ou deux. Aidée par mes souvenirs, lus et entendus de mon paternel et de mon grand frère , je vais donc essayer de vous satisfaire chers lecteurs, fans ou non de ce groupe mythique.

Tout commence réellement en 1966 à Londres (of course!). Le groupe est initialement formé par Syd Barrett qui est à la compo, chant et guitare, Nick Masson à la batterie et aux percus, Roger Waters à la basse et Richard Wright aux claviers. Le nom du groupe vient d’une idée de Barrett, qui est la fusion entre deux fameux  joueurs du blues : Pink Anderson et Floyd Council. Grâce aux concerts qu’ils donneront à l’UFO CLUB de Londres, ils seront très rapidement mis sur les devants de la scène underground londonienne grâce à leurs performances exceptionnelles d’improvisations.

C’est en 1967 qu’ils signeront un contrat avec la maison de disque EMI. Cette même année ils sortiront deux singles : « Arnold Layne » et « See Emily Play », ainsi que leur premier album « The Piper at the Gates of Down« Quel album fabuleusement étrange! Les compositions de ce cher Syd sont emplies de LSD, tout comme lui.  Ce rock psyché nous emmène dans des contrées bien particulières de notre esprit.  Record Minnor (C’est quoi ? c’est qui Maison de disque Record MINOR.. pas trouvé) en dira même que «le son psychédélique du groupe est concrètement né avec cet album, qui expose autant leur talent artistique que leur talent pour enregistrer». Dans cet album, le titre « Interstell Overdrive » – en français « Distorsion Interstellaire » – retient particulièrement mon attention. Ces tonalités rock 60’s jusqu’à la 52eme seconde, et ensuite le rock psyché nous met le cerveau complètement à l’envers (même sans substances je vous assure…).

L’année 1968 est compliquée pour  Barrett qui souffre de dépression nerveuse due à sa surconsommation de LSD. Il sera très rapidement remplacé par David Gilmour – son ami d’enfance – étant désormais incapable de gérer un concert et tout simplement de se gérer lui même. Il contribuera tout de même au disque « A Saucerful of Secrets«  mais ce sont Nick et Roger qui prendront en charge la composition. Gilmour quant à lui, sera relégué au rang de chanteur et guitariste.  Ici, je choisirai le morceau « Set the Control for the Hearts of the Sun ». Comme dans l’album précédent, les tonalités sont très spatiales, appelant au voyage. Couchez-vous dans l’herbe et mettez-vous cette chanson au max dans vos petites oreilles, et laissez-vous emporter… Un petit moment de bonheur vous tendra ses bras douillets.

 « More «  qui paraîtra en 69 sera le premier disque sans Syd Barrett, définitivement exclu du groupe le 6 Avril 68. Cet album sera la bande original du film éponyme du réalisateur Barbet Schroeder, et sera enregistré en seulement huit jours. C’est un disque haut en couleur. On y retrouve une ballade acoustique « Green is the Colour » avec la magnifique voix de Gilmour, du bon son floydien bien psyché avec entre autres « Cirrus Minor » et ses sublimes chants d’oiseaux, et du son rock lourd avec « Ibiza Bar ». En bref, un album éclectique surprenant. Sortira quelques mois plus tard  « Ummagumma « . Voila que les Floyd pubient un double album, le premier comportant des enregistrements  live – une première pour les fans d’entendre le son du groupe en live sur un disque sans que ceux-ci aient été piratés – et le second étant des enregistrements studio composés par chacun des membres du groupe. Pour le live : « Astronomy Domine » reste ma favorite. L’esprit de Barrett planant toujours sur le groupe, cette version psyché multiplié par un milliard, entraînante, forte, planante, est pour moi un magnifique hommage à leur ancien leader. Sur le disque studio : mon choix s’arrête à « The Narow Way part 1 ». Ce côté folk, toujours psyché me ravit et la guitare acoustique de Gilmour est un pur bonheur. Chanson complètement instrumentale m’emportant loin dans la galaxie.

Pink Floyd

Pink Floyd

« Atom Heart Mother » sort en 1970. La chanson d’ouverture, éponyme est une compo exclusivement musicale longue de 23 minutes 44. Les Floyd  y mettent la musique beaucoup plus en avant que dans les précédents. Je trouve cette chanson  géniale, envoûtante, et angoissante à la fois. On y entend des sons de motos démarrant en trombe, des hennissements de chevaux. Dans « Alan’s Psychedelic Breakfast » –  un peu à la manière d’un certain John Cage – sont glissés des sons du quotidien, on y entend une personne manger, un robinet qui goutte … Cet album peut être considéré comme étant très avant-gardiste.

C’est en 1971, le 5 novembre précisément que les Floyd seront reconnus comme un groupe majeur grâce à leur album  « Meddle «  et sa fabuleuse chanson d’ouverture qu’est « One of These Days ».  Jouissance auditive. La basse de Waters est extraordinaire, entraînante, planante. Au milieu de la chanson une voix menaçante casse l’écho de la basse. Vient ensuite la guitare de Gilmour qui retentit réellement, créant alors un énorme choc avec le reste des instruments. Nos tympans en redemandent. On retiendra également « Echoes » qui clôt cet album avec ses 23 minutes et 29 secondes. Que dire ?  Là encore, posez-vous calmement dans un lit confortable , éteignez toutes les lumières, fermez les yeux et laissez les émotions s’introduisent en vous : plaisir simple efficace. La voix de Dave Gilmour est suave, posée. Le mélange voix/musique est sexy, chanson idéale pour une soirée passionnée avec votre amour.

L’année suivante, leur nouvel album sera encore une fois la bande sonore du film La Vallée de Schroeder, et sera dénommé  « Obscured by Clouds « , enregistré dans notre beau pays en moins de deux semaines. « Chilhood’s End »  me plait tout particulièrement. La musique comme toujours et les quelques premières secondes me faisant penser à « Time » avec les percussions que nous pouvons entendre qui dureront d’ailleurs jusqu’à la fin. Les riffs de guitare, courts mais efficaces s’enchaînent  La voix de David est toujours aussi suave, parfaite. Tout dans cette chanson me séduit. Et comment ne pas parler de leur merveilleuse prestation live à Pompei, en Italie cette même année ? Prestation frustrante puisque vide de tout public. On retrouvera dans ce live les chansons « Echoes Part 1″, « Interview Part 1 », « Careful With the Axe », « Eugene », « A Saucerful Of Secrets », « Interview Part 2 », « One of These Days », « Mademoiselle Knobs », « Interview Part 3 », « Set the Control for the Heart of the Sun » et enfin « Echoes Part 2 ».  Heureusement un album scandaleusement parfait sortira en 1974, et un DVD suivra en 2003.

C’est certainement en 1973 que la carrière des Floyd est à son apogée grâce à l’album  « The Dark Side of the Moon « . Album d’expérimentations en grande partie. L’ingénieur du son pour se disque n’est autre que le grand Alan Parson.  Dans « The Great Gig in the Sky » – ma favorite et de loin dans l’album – suivie de près par « Money » (évidemment) – où nous pouvons entendre la performance extraordinaire de la choriste Clare Torry.  Pour cet enregistrement, le groupe lui avait demandé de transmettre des émotions fortes, en pensant à la mort et à l’horreur. C’est alors qu’elle chanta en totale improvisation, pour un résultat époustouflant. Mécontente de sa prestation, elle quitta le studio furieuse, laissant les membres du groupe quant à eux enchantés de sa merveilleuse prestation. En effet à l’écoute de cette chanson il est impossible de ne pas ressentir quelques émotions. Les poils se hérissent, et des frissons parcourent tout le corps.

« Shine on You Crazy Diamond » sera LA chanson de l’album suivant  « Wish You Were Here «  (1975) en hommage à leur ami Syd Barrett, qui d’ailleurs leur rendra visite au studio durant le mixage de cette énorme chanson. Pourtant ils leur a fallu plusieurs minutes pour le reconnaître tant il était méconnaissable (prise de poids importante, crâne rasé). Cet album fut classé  à la 209e place du top 500 des plus grands albums de tout les temps, et est également le favori de Gilmour et Wright. Dans cet album, je retiendrais « Have a Cigar », au son terriblement rock, un son floydien reconnaissable entre mille. Dans cette chanson c’est la voix de Roy Harper que nous entendons, Waters et Gilmour étant insatisfaits de leurs prestations vocales respectives. Au vu des paroles, nous pouvons penser que la chanson est un témoignage d’un de leurs proches  » And I mean that most sincerely. The band is just fantastic, That is really what I think  » encourageant l’un des membres de Floyd à continuer.

 « Animals «  sortira deux ans plus tard. C’est un album inspiré du livre de Georges Orwell,  « La Ferme des animaux « . Les Floyd lancent ici un coup de gueule sur la société contemporaine en la représentant par des animaux. C’est alors que sont nés les titres « Pigs on the Wing (Part 1) », « Dogs, Pigs Three Different One », « Sheep » et « Pigs on the Wing (Part 2) »La pochette de cet album est mythique : on y voit l’usine Battersea Power Station, survolée par un énorme cochon gonflable (utilisé ensuite dans leurs concerts mais également dans celui des Australian Pink Floyd Show auquel j’ai assisté). Dans cet album, « Sheep » est celle que je préfère. Elle est une représentation de  la classe la plus basse de la société (référence au livre d’Orwell). La musique est fantastique aux environs de la 5eme minute. Cet air parfaitement psychédélique, cette voix robotisée sonnent comme le début d’une révolution.

Pink Floyd The Wall

Pink Floyd The Wall

1979, c’est l’album  « The Wall «  qui sort. Mais de celui-ci je vous en parlerai plus tard, aux environs du 21 septembre de cette année, en faisant le compte-rendu du spectacle éponyme auquel j’assisterai…. Patience très chers lecteurs.

Leur dixième album  « The Final Cut «  sort en 1983. Album annonciateur de la dissolution du groupe. En effet Pink Floyd est bien écrit sur la pochette mais il est précisé:  » Œuvre de Roger Waters, interprété par les Pink Floyd « . Cet album est dédié au père de ce dernier, décédé quelques années plus tôt. Il y relate la mort, la perte d’un être cher. C’est un album sombre, émouvant, et fort. Gilmour ne posera sa voix que sur « Not Now John ».  La fin du groupe est alors plus que proche.

1987 David Gilmour sort avec Nick Masson et Richard Wright  « A momentary Lapse of Reason « . Le groupe est désormais dissolu, mais les trois compères gardent le nom de Pink FloydTony Levin – bassiste d’Alan Parson – remplace Waters et Scott Page, saxophoniste et flûtiste, rejoindra également le groupe pour cet album. « On the Turning Away » est une chanson sublime. La musique retranscrit l’espoir, tout comme les paroles coécrites avec Pat Léonard. Le solo de Gilmour est monstrueux. Sa black strat’ sonne du tonnerre.  Cet album donnera lieux à une tournée mondiale et un disque dénommé  « Delicate Sound of Thunder « .

The Division Bell sera le dernier album des Pink Floyd, et sort en 1994. Il est un prélude à la tournée gigantesque et mémorable P.U.L.S.E à partir de laquelle sera enregistré un album live éponyme. Dans cet ultime disque, la femme de Gilmour, Polly Samson coécrira sept titres sur onze.  Je retiendrais ici, « Marooned », chanson exclusivement instrumentale, calme, reposante, puissante : jouissance auditive. Laissez­­-vous bercer par cette douce mélodie et laissez-vous aller à un rêve merveilleux. De cet opus, je vous oblige (si vous ne l’avez pas déjà fait) à écouter la version que Dave Gilmour a faite de « High Hopes » lors de son concert solo à Gdansk, en Pologne. C’est Lech Walesa,  alors président de la République qui l’invita à donner ce show extraordinaire. Il jouera également « A great Day For Freedom » à l’occasion de la célébration des 20 ans de l’indépendance de la Pologne.

En plus de 20 ans de carrière, les Pink Floyd ont su s’imposer sur la scène musicale mondiale. Leurs textes dénonciateurs, satiriques et engagés font d’eux un groupe majeur de leur génération. Ils sont pour moi des maîtres dans l’expérimentation musicale et scénique (regardez les lumières durant leur mythique tournée P.U.L.S.E, ou encore la mise en scène de THE WALL). Pink Floyd donne des spectacles bien plus encore que des concerts. On en prend pleins les mirettes, pleins les oreilles. Ils nous invitent au voyage avec un style délicat, puissant, fort, empli d’émotions.  Oubliez vos malheurs, mettez vous du Pink Floyd, prenez un bon verre de vin et ne pensez plus à rien, laissez-vous transporter par la musique.

By Justine Dorin

Une réflexion sur “Pink Floyd : un groupe charismatique de rock progressif et psychédélique

  1. En voilà un bel article. J’ai du écouter mon premier Floyd, je devais avoir une ou deux semaines d’existence terrienne. 😀 Ça ne m’a jamais quitté. Tant dans la construction de ma personne, qu’aujourd’hui dans le mon jeu de guitare, mes compos, etc…

    Ton analyse sur le groupe est bonne et on sent que tu as écouté attentivement. Et que tes proches ont contribués à cette analyse. Beau boulot. Ça change des billets sans saveur de certains journaux spécialisés.

    Je découvre en même temps le blog, qui ma foi est excellent. Comment n’ai-je pas pu le voir avant ?

    Bref, merci pour ce petit moment de lecture qui, si je n’ai rien appris, m’a simplement donné envie d’attraper ma guitare et de refaire quelques morceaux. 🙂 En espérant qu’il donne à d’autres, le désir d’écouter.

    Vite vite vite le stade de France le 21/09 !

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