CRCV

Plutôt Col Roulé, ou plutôt Col V ? Stop découverte.

C’est en Février dernier que le groupe CRCV (Col Roulé Col V), originaire de Metz, a sorti un single deux titres: Bad Case/Paper Blues. Single assez pop, héritage du milieu des années 80 agrémenté d’un modernisme éléctro indéniable. Lorsque nous avons découvert ces deux titres, ils nous ont plu et nous avons donc voulu  leur poser quelques questions, histoire d’en savoir un peu plus sur ce duo fraternel pas vraiment débutant dans la musique.

Pour l’occasion c’est Max, l’un des deux frères qui se prête au jeu de l’interview, malheureusement très loin du cadre cosy d’un bon gros sofa en cuir avachi, planté dans le fond d’un garage servant de local de répétition, entouré de consoles, d’instruments etc. Oui je sais, pour vous faire rêver, ou du moins pour vous planter un décor attrayant et confortable, j’aurais pu vous la jouer comme cela. Mais, géographiquement parlant, nous n’étions pas du tout au même endroit, et même pire: chacun à un bout de la France. En revanche cet inconvénient conjoncturel a tout de suite été gommé par la sympathie de Max tout au long des échanges qui allaient donner ce que vous allez lire maintenant.

CRCV - Single

CRCV – Single

PdR: Tout d’abord, pour nos lecteurs, et étant donné qu’on n’a pas vraiment la possibilité de trouver beaucoup d’infos sur vous, on va commencer par vous présenter et pour cela je vous laisse la main car en gros à part savoir que vous êtes frères, lorrains, on ne sait pas d’où vous venez, musicalement parlant :

Max : « Nous sommes donc deux frères, Jimane au chant et moi à la composition. Nous étions membres du groupe pop/rock The Yupps de 2008 à 2012. Nous avons décidé de commencer notre propre projet électronique en Juillet 2012. Nous avions besoin de liberté, de pouvoir créer des morceaux de A à Z, de retrouver une fraîcheur, une envie de faire de la musique. »

Pourtant votre ancien groupe n’avait que 4 ans d’existence, par rapport à d’autres groupes de la scène française, cela parait peu pour ressentir ce besoin de fraîcheur, non ?

« 4 ans dans la musique et les études très prenantes à côté,  c’est long quand tu es jeune ! Rester en couple 4 ans,  c’est une éternité, c’est pareil quand tu es dans un groupe ! Mais c’est un tout, de la composition au fonctionnement du groupe, il y avait quelque chose de cassé, il fallait se remettre en question et faire ce qui nous plaît. C’est ce que nous avons fait, c’était un risque, mais il faut en prendre pour avancer, le temps file à toute vitesse ! »

Je ne connaissais pas CRCV jusqu’à ce que je découvre vos morceaux sur Soundcloud. 4 morceaux dont une reprise culottée de « Mother » des Pink Floyd très loin du morceau d’origine

« La reprise de Pink Floyd a été faite à l’occasion d’une soirée dédiée à ce groupe. Nous ne connaissions pas bien leur musique, c’était l’occasion de relever un défi. Nous avons dû écouter beaucoup de chansons pour trouver les bonnes, mais nous devions ensuite les transformer, ce qui rendait la tâche doublement compliquée. Cela nous a permis de proposer notre vision de la musique. »

Cela a du constituer une véritable rupture musicale par rapport à The Yupps qui était plutôt un combo batterie, basse, guitare, non ?

« Oui, pour la composition, il a fallu repartir de zéro. Composer à partir de logiciels et de claviers n’est pas du tout la même tâche que de répéter avec des instruments ordinaires comme une batterie ou une basse. J’ai dû apprendre également à mixer, car sur logiciel, s’il n’y a pas de mixage, le morceau ne sonne pas du tout. Peu importe la qualité des mélodies ou des structures. De même pour le chant, Jimane n’était pas chanteur, il n’avait jamais écrit de textes, il a fallu s’improviser et se lancer dans le bain. »

Vos morceaux semblent très ancrés dans des 80’s que l’on pourrait qualifier de modernistes, de part l’orchestration électro. En vous écoutant nombre de références de cette époque reviennent en mémoire (pour ceux qui les auraient oublié). On pense immédiatement à Joy Division, à New Order, aux débuts de la scène électro mancunienne du temps de l’Hacienda, aux débuts de Depeche Mode aussi parfois

« Oui, au niveau du son nous écoutons les Cure depuis presque 10 ans, Joy Division depuis 7 ou 8 ans. Ce sont les groupes que nous avons le plus écouté durant ces dernières années. Nous en avons même collectionné les vinyles. Je pense que cette touche 80’s est venue naturellement, elle s’est amplifiée par les sons des synthétiseurs que nous avions pris comme base de nos compositions. Il se trouve que nous voulions faire ce genre de son déjà en 2007, et l’opportunité s’est présentée cette année. L’idée de faire des morceaux propres avec simplement un logiciel et un clavier est quand même la base de ce projet. Nous aimons profondément la pop. Le format pop est le meilleur. Nous aimons chanter des refrains, retenir des gimmicks, avoir une structure simple. Après que le morceau soit électronique, acoustique, électrique peu importe. Nous aimons autant Joy Division que Blink 182, Bob Dylan ou Daft Punk. Le fait qu’on utilise des synthétiseurs donne ce côté pop- electro qui correspond aux 80’s c’est vrai mais on ne se dit pas qu’on veut faire du Depeche Mode version 2013, ils le font d’ailleurs eux-mêmes… Nous faisons des chansons pop sur l’humeur du moment, avec des sons qui peuvent aller ensemble. Je pense qu’on essaie avant tout de faire des morceaux qu’on aime avant même de se demander si ça va sonner 80’s ou 70’s ou 2013. Nous sommes de la génération Internet, nous pouvons nous approprier des références, des styles, du son sans avoir vécu forcément à une période précise. »

Comment se passe le processus artistique de composition lorsqu’on est deux et frères qui plus est ? L’un prend-il l’ascendant créatif sur l’autre, tout se fait-il en totale symbiose ou les rôles sont-ils partagés clairement ?

« Chacun a sa tâche. Je préfère la composition, Jimane assume son rôle de chanteur, il écrit donc les textes. Nous sommes partis sur ce principe dès le départ naturellement et nous continuons sur cette voie. »

Vous avez quelques morceaux édités au format web, allez vous sortir un Ep ou attendez vous d’avoir plus de matériel pour vous attaquer directement à l’album ?

« Nous avons sorti 2 morceaux officiels. Un clip va bientôt être tourné pour l’un de ces  morceaux par le réalisateur Stéphane Benini. Ce ne sont pas les seuls que nous avons, nous venons de faire deux lives à Metz et à Paris où nous avons joué 8 chansons à chaque fois. Deux nouvelles chansons de ce répertoire vont voir le jour sur Internet assez rapidement. »

Les temps sont difficiles pour les petits groupes en France, avez-vous des contacts avec des producteurs ? En gros, quels sont vos projets d’ici la fin de l’année ?

« Pour le moment nous souhaitons sortir des chansons régulièrement et tourner un premier clip. Ensuite nous verrons ce que ça peut nous apporter, nous n’avons pas de plan établi à l’avance. Nous sommes à l’époque du buzz. Pour exister à grande échelle, c’est presque vital mais presque impossible à prévoir. Le plus important pour nous à l’heure actuelle c’est de se faire plaisir et nous verrons bien ce que cela donnera ! »

Propos recueillis par Greg Pinaud-Plazanet

Retrouvez leur clip « Bad Case » tout frais, tout beau sur les liens suivants au choix:

 http://youtu.be/5ekLr0vChlM ou https://vimeo.com/64966162

By Greg Pinaud-Plazanet

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