Review

Fallaster, un onirique maelström déchainé

Que les choses soient bien claires. Le hardcore, deathcore e tout ce qui s’en approche, ce n’est pas exactement ma tasse de thé. Cependant, en tant qu’apprenti journaliste et humaniste, je vais tenter une approche objective et positive de l’album ci-après.

Fallaster est un groupe de hardcore français, fondé en 2006 et composé aujourd’hui d’Anthony au chant, Aurélien au cris bestiaux et à la basse, et Olivier à la batterie, Xavier et Antoine aux guitares. Cette toute jeune formation suivit son bonhomme de chemin jusqu’au premier album « Everything Is Alright » qui eu l’effet d’une petite bombe sur la scène française. Ils purent notamment, pour leur tournée promotionnelle, côtoyer des groupes déjà renommés tels que Bullet for my Valentine, Vegastar, ou autre Silverstein, pour ne citer que les plus connus. Le 18 Février 2013 sortit donc leur dernier nouveau né, le puissant « Disclosing ».

Il est vrai que j’ai osé dire ne pas accrocher ce style de musique. Cependant, le mélomane averti en moi a réussi à y trouver son compte.

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Anthony en live

Fallaster nous offre donc un album plutôt rafraichissant de par la pulsation nerveuse de créativité d’une jeunesse inaltérable et en mal de sensations fortes. Les morceaux s’enchaînent, tous plus énergiques les uns que les autres, et étalent aux oreilles de l’auditeur un panel d’influences telles que Bullet for my Valentine ou même Walls of Jericho (pour les métalleux chevronnés qui crieraient au blasphème, ceci n’est que mon ressenti. Faites en ce que vous voulez.). Cependant, une chose m’a quelque peu agréablement surpris. Au fil de l’écoute de certains titres, comme « Breathing » ou « What Are We Here For », une sorte de rêverie intense s’empara de moi. Vous savez, le genre d’état végétatif qui vous laisse songeur et vous met face à la beauté du monde. Le mélancolique et sublime responsable de ce doux fléau est la dimension post-rock de cet ouvrage véritablement fort bien travaillé. Peut être choquerais-je les inquisiteurs puristes du quatrième art, mais j’ai cru reconnaître avec grand plaisir la magie d’un Sleepmakeswaves.

Disclosing est donc une sorte de jeu de passe-passe entre la volupté du post rock et la violence quasi-hystérique du hardcore, les vocaux hurlés et la voix claire posée et scintillante, les riffs hachés menus et la beauté d’une guitare qui chante. Je tiens à féliciter personnellement les deux chanteurs, l’un à la voix angélique d’une jeunesse éclatante et l’autre aux infatigables cordes vocales en acier trempé.

J’avoue ne pas écouter cet album tous les jours, mais une écoute attentive et une remise en cause de mes préjugés musicaux m’a permis de déceler l’âme de ce groupe qui a encore mains beaux jours devant lui. Encore une ode à l’ouverture d’esprit que j’ai eu l’honneur de chroniquer, tel un pied de nez de trente-sept minutes à la face de ceux qui crachent sur le hardcore dans un sectarisme musicale profondément ridicule, le même genre de personne qui met les groupes dans des cases et qui râlent quand on les en sort.

Chapeau bas, messieurs. Et longue vie à la scène française.

http://www.fallaster.com/

By Abel Haddad

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