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Alejandro Escovedo, Unknown at the (big) station

Le 10 septembre sortira le nouvel album de Bob Dylan, Tempest, dont vous entendrez forcement parler sur Le Peuple du Rock. Dylan fait parti des meubles de la musique américaine, et peut être la représente mieux que quiconque. Malgré tout, il serait incongru de penser que seul Dylan a le monopole de cette musique américaine, qui raconte plus des histoire que n’importe quelle musique pop d’aujourd’hui (comme par exemple Call me Maybe, la chanson de Carly Rae Jepsen), une musique simple et enthousiasmante.

Evidemment en France, difficile de s’intéresser dès lors à des artistes de la trempe d’Alejandro Escovedo. Et pourtant, il a l’atout d’être l’oncle de Sheila E., que les plus mélomanes reconnaitront comme la percussionniste de Prince entre autres. Son frère Pete a aussi travaillé avec Santana. Mais, nous ne connaissons pas vraiment ce texan de 61 ans né à San Antonio.

Et pourtant, il est baigné dans toutes sortes de musiques, de la musique latino-mexicaine comme Los Panchos ou Tres Aces, voir le jazz latin de Cuba ou de Puerto Rico, au rock qu’il apprend au côté de son cousin (Elvis notamment), en passant par la musique californienne qu’il côtoie dès son arrivée en Californie en 1957. Il crée son premier groupe, un groupe de punk music les Nuns. Plus tard, il s’imposera avec Rank & File comme un des groupes incontournables de cowpunk, ce mélange de country originale avec de la musique punk, incarnée d’abord par Jason & the Scorchers. Plus tard, son troisième groupe fera mouche, ce sera les True Believers, un groupe formé avec son frère Javier. Ryan Adams et Whiskeytown reprendront un titre de ce groupe lorsque Alejandro produira leur album Stranger’s Almanac.

Alejandro Escovedo et les True Believers

En 1992, il s’impose avec des albums solos, variés À l’image de Gravity (1992) ou encore A Man Under the Influence (2001). Pendant une décennie, Alejandro nous livre de beaux essais d’alternative country, ce genre assez hybride que l’on nomme aussi, parfois, americana. Le son de l’Amérique. Dès 2003, il doit panser une hépatite C mal soignée. La crème des musiciens alt-country se rejoignent alors sur un album intitulé Por Vida : A Tribute to the songs of Alejandro Escovedo (2004), soulignant l’importance que cet homme a exercé sur tout ce mouvement. On y retrouve des gens comme Steve Earle ou les Jawhawks.

The Boxing Mirror sonne son retour en 2006, un album qui fut très dur à accoucher selon lui. Mais, sa philosophie reste encore la même : « J’ai toujours cru, quand j’étais enfant, que si tu bossais dur, tu aurais une récompense. Je pense que j’ai compris ça de mon père et de mes frères. Un musicien qui bosse, c’est toujours ce que j’ai voulu être. Un dur boulot, rester en accord avec ce que tu veux faire, et ensuite quelqu’un le remarquera pour cette raison ».

Big Station, le nouvel album d’Alejandro Escovedo

C’est le moment de le remarquer, alors qu’Alejandro sort en 2012 son 14eme album, intitulé Big Station. Produit par Tony Visconti, cet album fait appel à nos sens rock et country. Des chansons comme Big Station, Man of the World, ou encore Party People sont directement des influences pour tous ceux qui ont aimés le rock glam des années 70. Mais autour de ces chansons, on trouve de véritables bijoux americana, comme Bottom of the world, San Antonio Rain ou encore Never Stood a Chance aux accents délibérément Chris-Isaakiens Toutes ces mélodies sont servies par des textes de qualités comme dans Sally Was A Cop, qui traite de la guerre mexicaine contre la drogue. Will Hermes en profite pour filer la métaphore dylanesque à propos de ce disque. Headstrong Crazy Fools et Can’t Make Me Run sont peut être les morceaux les plus aboutis de cet album qui délibérément transpire l’Amérique.

Alejandro Escovedo fait un retour fracassant sur la scène musicale, et sort ce qui est peut être son meilleur album. Moins connu, il fait pourtant parti de ces meubles de la musique américaine que l’on ne déplace pas. Pour cause, le meuble en question se trouve dans le couloir entre le rock-punk et la musique americana. On ne peut pas le déplacer dès lors ! Allez, une autre preuve, récemment, aux Austin Music Awards, il a joué avec Joe Ely (un des texans le plus reconnu dans son domaine) et surtout Bruce Springsteen. Quand les songwriters se retrouvent…

Joe Ely, Bruce Springsteen, Alejandro Escovedo : la musique americaine réunie

By Mickael Chailloux

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