Bjork

Live Report: Bjork à Nimes !

Nîmes, mercredi 27, 17h, le paquetage lâché à l’hôtel, direction le concert de Bjork qui pour une de ses deux dates françaises, revient dans les Arènes qu’elle avait déjà honoré en 2007.

Première info en arrivant, Bjork avance son entrée en scène de 22 à 21 H ; Il nous reste malgré tout assez de temps pour squatter les terrasses des bars qui bordent les Arènes afin d’étancher notre soif (amateur de Mojitos, passe ton chemin…) et déceler quelques notes d’« Army Of Me », utilisée pour la balance, parmi le tonitruant Top Ten Tropical diffusé sur la TV du troquet.

19h45, nous nous dirigeons vers l’entrée, histoire d’essayer d’avoir de bonnes places et voir qui passe en première partie. Après s’être adapté à l’altitude des gradins et aux passages réguliers des vendeurs ambulants (boissons, chips et crèmes glacées), nous guettons en vain l’invité, comme indiqué sur le ticket,  qui finalement a dû se décommander, car avec un petit ¼ de retard, les premières notes de « Cosmogony » résonnent dans les Arènes….

Après l’arrivée des deux musiciens et des douze choristes qui l’accompagnent sur sa tournée, Bjork entre en scène drapée de bleu, perchée sur ses semelles compensées et arborant une choucroute rousse à faire pâlir notre Yvette Horner nationale. A gauche, le batteur/percus (Manu Delago); à droite Max Wiesel au synthé et ordi, entourent les choristes réparties sur une plate-forme surplombée d’un écran géant.

Bjork va s’efforcer tout au long du concert de nous faire entrer dans son univers.

Mélangeant à son nouvel album, résolument hanté par l’éruption du fameux mais imprononçable volcan Islandais, des morceaux de chacun de ses précédents albums, Bjork nous présente sa conception du monde : pur, écologique, synthétique.

Le deuxième morceau « Hunter » nous donne les premiers frissons tant par la voix qui s’impose, que par les images qui nous transportent vers des paysages maculés de blanc où Bjork apparaît telle qu’elle était quinze ans plus tôt. S’enchaînent ensuite deux titres de Biophilia qui mettent en avant des images psychédéliques de coraux et étoiles de mer (à déconseiller en cas d’épilepsie), fonds marins (« Thunderbolt »), puis un ciel étoilé et enfin la Lune (« Moon »).

Ponctuant la fin de ses morceaux d’un  tonitruant « merci bien », Bjork ne s’étend pas et enchaîne les morceaux, déambulant sur la scène d’un côté à l’autre, ponctuant les sons de la boîte à rythmes en mimant un joueur de tambour. Puis, vient l’envoutant « Hidden Place » (un des deux morceaux issus de Vespertine avec « Pagan Poetry » pour ce soir) avec les chœurs qui nous offrent  un aspect de ce que peut être le chant des sirènes. On reste figé, absorbé par ce qui se passe devant nous. Le son est bon, la musique minimaliste et les voix superbes. On se dit alors que le monde de Bjork est plutôt pas mal…et en regardant autour de moi, j’ai l’impression de ne pas être le seul à faire partie du voyage. « Crystalline », qui suit, réveille le public jusque-là hypnotisé. Plus rythmé que les précédents morceaux, accompagnement tout aussi minimaliste, il se termine par une explosion sonore (boîte à rythme saccadée) et visuelle (feux d’artifice.)

Le concert prend une nouvelle dimension. Variation entre titres plus ou moins calme, Bjork continue à alterner entre Biophilia et tous ses autres albums. Même si chacun de nous attend son morceau  (moi je l’avais déjà eu avec « Hunter »), on profite de ce que l’on voit et entend. Si Bjork n’est pas forcément une bête de scène (certains ont même affirmé que c’était mieux en 2007.), on prend ce qu’elle nous donne et c’est déjà beaucoup (« Ysobel« , »Joga« …)

Après avoir dressé les éléments du décor, Bjork s’attaque à la création de la vie avec « Mouth’s Craddle » et surtout  « Hollow« , avec son défilement de chaînes ADN à l’écran, qui tant au niveau des images que du morceau, n’aurait pas fait tâche dans 2001, Odyssée de l’Espace !

S’en suit un excellent « Pagan Poetry« , puis retour au concept Biophilia avec « Mutual Core » dont le clip nous montre la terre se former et entrer en fusion jusqu’à que tout entre en éruption : musique, images, choré et chant des choristes faisant référence à un volcan (sûrement l’Eyjafjallajökull.)

On enchaîne avec un déjanté « Pluto » qui réveille à nouveau le public et déchaîne les choristes transcendées qui poursuivront sur « Nattura » entre headbanding et danse rituelle. Après la dernière pluie d’artifices, Bjork nous envoie un bonne nuit qui annonce la fin du premier set.

Après une courte pause, Elle revient seule avec le batteur, Manu Delago qui joue les premières notes de « One Day » au hang drum. Son incroyable instrument  nous délivre une version aussi minimaliste qu’envoûtante, emportée par la voix de la chanteuse. Là, on a le poil qui se hérisse…..Quelques secondes pour reprendre nos esprits et arrive le dernier morceau de la soirée qui nous fait jouer aux montagnes russes. Si beaucoup s’étaient laissés bercer et transporter par « One Day« , « Declare Independance » allait donner une baffe à tout le monde que ce soit dans la fosse ou dans les gradins. Bjork, après avoir recréé et présenté « son monde » devant nous, en déclare et crie son indépendance.

Bjork fait partie de ces artistes à part avec son propre univers. J’ai réellement eu l’impression qu’elle nous l’offrait ce soir. Certains ont pu être déçus par sa prestation par rapport à celle de 2007, d’autres par un set d’une heure et demie seulement. Moi, pour qui s’était la première fois que je la voyais sur scène, j’ai pris ce qu’elle nous a donné ; et, comme en plus ce soir-là, c’était mon anniv, que dire d’autre que « Merci Bien Bjork. »

Sylvain Chamu

Une réflexion sur “Live Report: Bjork à Nimes !

  1. Très bon live report ! Je l’ai vu 3 jours après toi aux Nuits de Fourvières c’était magique : http://nomdezeusfabuleux.wordpress.com/2012/07/03/cetait-bien-cetait-chouette-bjork-aux-nuits-de-fourvieres/
    Je confirme qu’en 2007 aux Arènes, le show était plus long et énergique mais c’était Volta on était dans tout autre chose, elle adapte ses shows aux ambiances des albums. Pour Vespertine en 2003 c’était aussi plus intimiste. Mais je suis d’accord avec toi, un concert de Björk c’est toujours un cadeau inoubliable.

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