Festival

Les Eurockéennes de Belfort : 1st Round, FIGHT !

Beaucoup d’entre vous le savent surement, mais pour ceux qui nous rejoignent en cours de route ou pour les habitants d’une autre planète: Le Peuple du Rock était aux Eurockéennes de Belfort, qui avait lieu du Vendredi 29 Juin au Dimanche 1er juillet, sur la magnifique presque-île de Malsaucy.

D’un festival aussi fou que celui-ci, découle forcément des live-reports. Non pas pour vous faire culpabiliser de ne pas être venus, mais pour vous préparer émotionnellement à ce que vous pourriez y vivre si vous décidiez d’y aller l’année prochaine. Participer à un festival aussi complet que celui-ci serait une décision qui, selon moi, reléverait d’une certaine sagesse d’esprit.

Les Eurockéennes, pour sa 34ème édition, ont poussé au paroxysme tout ce qui fait d’un festival, un festival.

Une organisation en béton, des concerts de folie, un site qui fait rêver, un camping vraiment énorme, et une ambiance de malade !

Le festival a battu son record de fréquentation en passant cette année la barre des 100 000 festivaliers. Idem pour le record de campeurs : 17 500 pour cette édition. Record de vente de billets : 1000 billets vendus en 3 minutes pour le samedi. Record de visites sur le site internet avec près de 30 000 visiteurs uniques par jours pendant le festival. Record de météo également car nous sommes partis d’un 32°C caniculaire pour arriver à un instable 14°C le dimanche…

L’année prochaine, le festival fêtera son quart de siècle… Et honnêtement, après avoir vu le résultat de cette année, je ne peux que m’attendre à quelque chose d’énorme pour l’année prochaine.

Pour vous donner l’envie, on vous a concocté une petite série de live report sur ces dingueries auditives. Voici la première vague, celle du vendredi !

Affiche de l’édition 2012

Fatigués d’une grosse fête la veille au camping, réveillés à 10h par le soleil rendant les tentes proches de fours à cuisson, la fatigue festivalière se fait déjà sentir. Mais, trop motivés pour aller voir les gros concerts de la journée, on en fait abstraction.

Au camping, c’est la fête, même s’il est 11h. Short pour les hommes, bikinis pour les femmes, des campeurs dans leur piscine (oui, quelques uns ramènent des piscines !), les uns s’adonnent à des concours de glissade sur polyane savonné, les autres en sont à l’apéro, l’activité favorite des campings des festivals, et certains organisent des matchs de foot sur un petit coin de sable, non loin de la buvette car il faut bien se rafraîchir de temps en temps… surtout par cette chaleur !

30° à l’ombre, ambiance de folie,  c’est l’été pour tout le monde, c’est la fête quoi !

Après avoir fait le tour du camping, histoire de déconner avec les gens les plus insolites du festival (tels que des mecs déguisés en tout et n’importe quoi, des écossais en kilt jouant de la cornemuse, ameutant la moitié du camping au moindre son, ou un vuvuzella, ou encore les heureux habitants des campements dignes des villas californiennes version randonnée fêtarde), il est l’heure d’aller sur le site du festival. Et ouais, une interview de programmée aujourd’hui et une tonne de gros concerts à voir !

« Certains s’adonnent à des concours de glissade sur polyane savonné » © Gwendoline Bonnin

Parlons un peu concerts d’ailleurs. C’était un vendredi riche en shows, tous plus énormes les uns que les autres.

On commence fort avec le concert de Los Discidentes Del Sucio Motel, l’ouverture du festival. Un groupe de stoner/metal toujours accompagné d’un shérif américain sur scène.

Après avoir fini l’interview du groupe de trip-hop nÄo, on passe faire un tour aux conférences de presse d’Amadou et Mariam, qui reviennent sur leur dernier album Folila et le choix des collaborations, notamment celle du grand monsieur connu sous le nom de Bertrand Cantat… qui partagera ensuite la scène avec eux, pour un show juste génial.

La conférence de presse de Christine permet  au duo « électro déviant » (selon leurs propres dires) d’aborder leur conception de la musique, avec une attitude rock nonchalante maîtrisée. Nico et Steph, influencés par la 2eme vague électro, celle de Justice ou de Belle and Sebastian nous révèlent ne se reconnaitre en aucun des groupes actuels.

Celle de C2C, mi-Hocus Pocus, mi-Beat Torrent, quadruples champions du monde DMC, permet aux gentlemen de nous en apprendre plus sur la préparation de leur 1er album, qui sera « plus ouvert que l’Ep, qui était une sorte de bulle C2C. Des invités viendront cette fois chanter et jouer avec nous ». Ils nous exposent aussi leur façon de composer : « 4 platines et on scratch au pif ». Démystifiés, ils ajoutent que leur composition se fait aussi en live, pendant les « parenthèses où chacun se lâche ». Après un petit mot sur leur live du soir qui nous réserve une technique de scratch mêlée d’animation vidéo, ils terminent l’entrevue en évoquant leur seule influence commune: le hip hop.

Allez, maintenant, finis les privilèges de journalistes et les belles rencontres avec les gros artistes du moment : place aux concerts, aux lumières, à la chaleur, aux pas de danse africaines et à l’émerveillement devant le retour sur scène du très charismatique ancien leader de Noir Désir.

Que dire mise à part qu’on se laisse vite enivrer par les très jolies sonorités blues/rock/world d’Amadou et Mariam et que « Môsieur » Cantat n’a absolument rien perdu de sa fougue et de sa voix mythique. Ils clôturent leur concert par une magnifique reprise de « Whole Lotta Love » des Led Zeppelin.

Le retour sur scène de Bertrand Cantat © Gwendoline Bonnin

La suite sera encore plus Rock N’ Roll… Ou du moins, Bird N’ Roll, avec le live spectaculaire de Dionysos. Un Rock sacrément dansant et énergique pour une prestation scénique qui en met plein la vue ! Rien n’est laissé au hasard, du simple costume à plumes aux placements sur scènes, non, rien du tout. Mathias Malzieu slame dans le public, fait monter une vingtaine de festivaliers sur scène, arbore un magnifique costume d’oiseau, et danse comme un fou avec ses magnifiques danseuses !

A la fin de ce concert, direction la scène Club Loggia pour assister à la prestation de nÄo, le groupe de trip-hop interviewé plus tôt. Trois gars sur scène : un batteur, un machiniste/mao live et un guitariste. Si peu de gens pour de si gros sons, ça devrait être interdit ! Une sorte de métal progressif électronique plutôt technique, accompagné d’un écran sur lequel passent plein de séquences plutôt psychédéliques… on est vite transporté dans nos rêves, qui se construisent au fil de la progression de ces sons résolument puissants et entraînants. Si le concert avait duré 2h, on y serait resté.

Mais bon… vu que la prog nous a mis l’eau à la bouche, on ne s’arrête pas là : il y’a LE groupe de prog expérimental, post-rock avant-gardiste qui passe à La Plage, cette scène montée sur l’eau, devant son public dansant les pieds dans le sable. C’est parti pour The Mars Volta. Etant un gros fan de toutes les musiques savantes et techniques au possible, aux sonorités et rythmiques expérimentales, je ne pouvais pas mieux tomber que sur ce groupe, qui est définitivement, musicalement parlant, le groupe le plus technique du festival. Rythmiques asymétriques dans tous les sens, avec des patterns de batterie tous plus compliquées les unes que les autres. Même si beaucoup regrettent l’ère de Mars Volta avec leur batteur Thomas Pridgen, Mr Deantoni Parks, est un musicien que l’on peu facilement qualifier de « brut » ! Un chanteur au top de sa forme et de sa décadence. De l’énergie à en revendre, Cedric Bixler n’a pas hésité à faire son show, à balancer son micro dans tous les sens, après avoir jeté le pied de celui-ci. On plaint leur matos, surtout la ride du batteur, qui n’a pas été épargnée par le chanteur en étant balancée sur l’arrière scène… De l’expérimentation comme on en voit rarement, avec de l’asymétrie sur de l’asymétrie, des delays reglés à la croche pointée sur des rythmiques en 5/4, ça ne nous aide pas à nous réconcilier avec le basique 4/4 du rock…

The Mars Volta. © Gwendoline Bonnin

On laisse finalement notre cerveau compter les mesures et décrypter les harmonies sur La Plage, et on déplace nos corps vers la scène Heineken Green Room, pour apprécier ceux que j’appelle « la crème des DJ » : C2C.

Un monde pas possible attend les quatre nantais, certains sont même devant la scène depuis plus d’une heure, pour être sûr d’avoir une place en or.

Beaucoup s’attendent à quelque chose d’énorme. On est servi.  Un show plus qu’au point, une énergie aussi énorme que l’ambiance du public. Tout le monde les attendait et personne n’est reparti déçu ! Finalement, après ce show, on comprend pourquoi ils ont été quatre fois champions du monde d’affilé…

C2C. © Gwendoline Bonnin

En bref,  après cette journée que l’on vient de passer, on peut dire que le festival commence sur les chapeaux de roues. Et même si ce n’est seulement que le premier jour, on peut facilement qualifier ce festival de « Plus que réussi ».

Stay tuned pour le reste, qui arrivera dans les jours à venir : live report du samedi et du dimanche, interview de nÄo, Marie-Madeleine, Jesus Christ Fashion Barbe et Hators !

By Anthony Amar

Photographie : © Gwendoline BONNIN pour Le Peuple Du Rock

Un grand (très grand) merci à l’agence Ephélide

Un gros « big up » à l’équipe du festival des Eurockéennes !

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