Review

Hocus Pocus, quand le hip-hop rencontre le jazz

Toutes les personnes s’intéressant au hip-hop, ont déjà dû entendre parler – de près ou de loin – de ce groupe de nantais, appelé Hocus Pocus.

Composé de six artistes fixes, le sextuor réussi à mélanger la mise en place, la couleur harmonique, la complexité rythmique et structurelle du jazz aux textes hargneux et poétiques, scratchs, énergie et authenticité du rap. Les morceaux sont très recherchés, et rien n’est laissé au hasard. Les textes sont écrits avec une plume digne d’un écrivain, avec des métaphores et autres figures de style très travaillées traitant de sujets différents de ceux traités par les rappeurs de la scène rap française actuelle. Oubliez tout vos préjugés sur le rap et laissez-vous tenter par ce fabuleux groupe, vos oreilles n’en croiront pas leurs yeux.

La création:

Formé en 1995 par deux MC’s: 20Syl et Cambia (quittera le groupe en 1999), ils sortent leur première mixtape Première Formule un an après leur création. En 97’, ils rencontrent DJ Greem, qui deviendra et restera leur DJ par la suite. Ils sortent donc l’album Deuxième Formule avec un line-up constitué de deux MC’s et d’un DJ. Mais ce line-up ne fonctionna pas sur scène, et le groupe se dispersa petit à petit. 20Syl continua de son côté, alors que DJ Greem se concentra sur son collectif Coup2Cross (Maintenant C2C, composé de 20syl, Greem, Atom et Pfel (Beat Torrent) actuellement quatre fois champion du monde DMC).

Mais c’est réellement en 2001 que le groupe, alors composé de cinq musiciens, commence à se faire son public, avec la création du label On&On et la sortie de leur maxi Malade. Ils gagnent également le tremplins MCM session 2002, ce qui leur permettra d’enregistrer Acoustic HipHop Quintet. Le succès est présent, ils enchaînent les scènes et enregistrent deux nouveaux maxis.

L’ascension :

Les voilà en février 2005, ils enregistrent l’album 73 touches très influencé par le jazz et ses figures emblématiques (Miles Davis notamment) avec pas mal de son de Fender Rhodes (en rapport avec le nom de l’album, le piano Fender Rhodes a 73 touches, présent en blanc sur la pochette de l’album). Il sera réédité en 2006 rajoutant alors sept titres et le clip réalisé par Arthur King de leur morceau « Hip Hop« .

La plume Hocus Pocus est maintenant définie, l’album sera le premier d’une succession de chefs-d’œuvres musicaux à faire pâlir bon nombre de rappeurs.

Dj Greem et 20Syl

Pour cet album, ils collaboreront avec C2C et David Le Deunff, entre autres, qui deviendra par la suite leur guitariste/choriste définitif.

En 2007, ils sortent leur album Place 54 sur le label Motown France. Un album bien ancré dans le style Hocus Pocus, avec des morceaux de styles plutôt variés, mais toujours avec cette touche jazzy, qui fait l’originalité de ce groupe nantais hors du commun. Place 54, pour la place dans le train, comme le raconte si bien le 1er morceau éponyme de l’album, cette fois très be-bop, avec 3 bons chorus de trompette… Bref, du H-P dans toute sa splendeur. On notera aussi la magnifique reprise du morceau de Cesaria Evora: « Petit Pays« , deux
feat renouvelées avec C2C et The Procussion (sur « Move On » et « Vocab ») et une feat avec le chanteur londonien Omar pour le morceau « Smile ». L’album sera nommé dans la catégorie Album de musiques urbaines de l’année aux Victoires de la musique 2008.

L’apogée : 16 pièces

Trêve de plaisanteries, en 2010, Hocus Pocus sort leur album phare 16 pièces, chez Mercury Records, 16 pièces pour le nombre de pistes présentes sur l’album.

Sur cet album, les nantais ont mis le paquet, avec au total neuf artistes/groupes invités pour dix featuring sur seize morceaux.

Visuel de l’album « 16 pièces »

Un plaisir de pouvoir entendre des grands noms du rap et de la soul se marier aux instruments jazz/hip-hop du groupe et à la voix de 20syl. On retiendra surtout la participation d’ Akhenathon, figure emblématique du rap français (IAM), de Ben l’Oncle Soul, la voix jazz masculine par excellence, de monsieur Oxmo Puccino et sa plume en or, et même d’Alice Russel, la diva soul venue d’Angleterre.

Cet album, plus ancré dans le hip-hop que les deux précédents, fait beaucoup référence à de très grands artistes notamment Michael Jackson pour le titre 25/06 (date du décés du King of Pop), et à des artistes français tels que Gainsbourg ou encore Renaud et Nougaro traitant ainsi la musique commerciale des grosses boites de production et maisons de disques dans le titre « Putain de mélodie ».

Une application pour iPhone a même été faite pour cet album, et utilise l’image de 16 pièces comme un pad, reprenant les différents samples de sons utilisés pour les morceaux les plus connus d’Hocus Pocus, un concept vraiment étonnant pour les fans du groupe, et autres musiciens en tout genre.

By Anthony Amar

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