Concerts/Festival

Europavox, Go Right Ahead !

Sept ans. Sept ans que Europavox existe. Et quel est le chemin parcouru par ce festival qui veut, comme le dit François Missonnier, directeur du festival Europavox (et de Rock en Seine additionnellement), promouvoir la belle idée de l’Europe. Vous savez, sa devise : « l’unité dans la diversité ». Le plus bel exemple est tout simplement ce festival aux multiples couleurs musicales. Depuis 2006, la scène d’Europavox a quand même reçu Bloc Party, Charlie Winston, Catherine Ringer, Cocoon, Thomas Fersen, et bien d’autres évidemment. De bonnes références quand-même…

Vous raconter l’ambiance de tous les concerts de ces trois jours serait une pure folie. Entre soirée hip-hop, électro, Europa World, Rock, Découverte, Folk, tous les genres résonnaient au milieu de la place du 1er mai, à Clermont-Ferrand. Etant maintenant considérée comme la ville la plus rock de France, voire la capitale du rock, je me suis donc concentré sur une petite partie de ces concerts c’est-à-dire sur ce qu’il s’est passé sur la scène du Grand Forum de l’espace Polydome les samedis 26 et 27 mai 2012.

Les concerts de samedi commencent avec Ewert And The Two Dragons, un groupe qui nous vient d’Estonie. Avec un nom assez bizarre, les quatre estoniens nous offre donc le premier concert au Grand Forum de l’espace Polydome. Leur set commence par les deux premiers morceaux de leur dernier excellent album dont le title-track « Good Man Down », et « In The End There’s Only Love ». Puis, ils nous offrent une magnifique version, très bluesy et folk de leur chanson « The Rabbit ». Ils sont aussi les premiers à faire un solo de batterie à quatre. Etant influencés par R.E.M et les Beatles (notamment « Free as a Bird »), les 4 garçons nous offrent un concert très mature pour un jeune groupe comme eux. Ils iront loin et ils sont prêts à conquérir l’Europe. La vérité, c’est que quarante minutes, c’était trop court. On serait ravis de les revoir à nouveau sur une scène française !

NB : le guitariste Erki Pärnoja ressemble étrangement à Charles Kelley, du groupe Lady Antebellum…

Ewert And The Two Dragons

Après la performance du groupe pop/rock anglais Django Django, arrivent les deux têtes d’affiches du Forum de ce 26 mai. Tout d’abord, Shaka Ponk. Le set que le groupe impose vers 21h05 est tout simplement bruyant. Le groupe français qui a longtemps travaillé à Berlin nous donne un concert survitaminé : leur musique, à mi-chemin entre Aerosmith ou les Ramones et Daft Punk est tout simplement un pur moment d’extase sexuelle (puisque dans pas mal de chansons et dans leur jeu sur scène, il est pratiquement question de cela tout le temps). On assiste à de nombreuses chansons fiévreuses, les tubes comme « Hell’o », repris dans une pub pour Fanta, ou encore « Sex Ball », ou enfin « Let’s Bang ». Techniquement, le concert n’est pas mauvais : la musique a l’avantage de tirer le bon, à pulser et à faire bouger. Qu’on se le dise, Shaka Ponk n’est pas un groupe électro. C’est surement un groupe inclassable, comme le prouve le programme d’Europavox : pour la direction du festival, Shaka Ponk est un groupe de Pop/Rock/Punk…

Le point négatif du concert, qui peut être positif selon votre ressenti, c’est la présence de Goz, le singe virtuel présent tout le temps et partie intégrante de la scène. Comme je l’ai entendu à la fin du concert, « on a l’impression que Shaka Ponk fait du play-back », et que finalement, tout cela reste bien scripté. Pour autant, on ne peut pas dire que le concert soit mauvais. En tous cas il est dynamique, Frah, le leader, s’offrant un des records de saut en longueur dans la foule à l’occasion. Et le groupe non plus, par ricochet, n’est pas mauvais il nous fait bouger la tête et ça, c’est déjà beaucoup !

Dionysos

C’est la même ambiance qui guide le concert de Dionysos. Grande tête d’affiche, déjà là lors de la première édition d’Europavox, tout le monde attendait plus ou moins ce concert. Malgré le son, qui dans cette salle n’était pas très étincelant lors de ces concerts, on a eu droit à du grand Mathias Malzieu. En très grande forme, comme son groupe, il offre une prestation digne d’un groupe de rock en 2012 : un début en fanfare avec sa chanson Mc Enroe’s Poetry, puis il enchaine avec son rockabilly Bird’n’Roll, extrait de son dernier CD. Il n’hésite pas à dialoguer délibérément avec le public (ce que Shaka Ponk faisait à un bien moindre degré). Ainsi, lorsqu’il fait monter des personnes sur la scène pour leur faire danser le Bird’n’Roll (n’oublions pas, c’est l’univers de Dionysos), il annonce que « le changement de bird’n’roller, c’est maintenant ». Il fait débuter une chanson à son guitariste avec le bruit d’une perceuse, il se transporte de la scène à la régie son à l’aide du tapis de mains du public, puis dans le chemin inverse lors de l’apothéose  finale du morceau. Puis, il nous chante les principaux tubes de Dionysos dans des versions rock : Song for Jedi, Tais Toi Mon Cœur…On a vraiment l’impression d’assister à un vrai show rock, avec l’énergie des Clash et la touche symphonique qu’ont les progressive bands comme Pink Floyd. Un très bon concert alors, qui nous plonge dans une ivresse totale. Un concert qui nous ravit, ici, au Peuple du Rock, car on les adore, les Dionysos. C’est comme ça que se termine la journée du 26 mai.

Le dimanche 27 mai, au forum, s’installe un artiste d’un grand talent, Jarle Bernhoft. Le norvégien a donné une atmosphère soul, funky à la grande scène qui lui était offerte. Le challenge pour lui était plutôt dur : Bernhoft, l’homme orchestre, disposait en effet d’une très grande scène dans une très grande salle à un horaire peu enclin à un concert (18.40). Alors, évidemment, on est un peu stressé (d’où un petit couac), on essaie de relancer les gens qui eux-mêmes ont du mal à relancer. Pour autant, Jarle Bernhoft démontre une fois de plus que sa voix est magnifique, avec autant de relief que sa coupe iroquoise. Ses chansons, comme « Choices » ou « Cm’on Talk », et même le chatoyant « Stay With Me » sont d’une pureté et d’un swing qu’il était rare de trouver sur le festival ! Et, entre nous, amener le style et le son de Stevie Wonder et de Sly and the Family Stone à Europavox, c’était probablement une des choses les plus osées à faire. A noter aussi sa magnifique version de la chanson de Tears For Fears, « Shout« , en chanson finale ! Remercions-le pour ça !

Jarle Bernhoft

The Minutes est le groupe suivant à se produire sur la scène du Forum. Et on change complètement d’ambiance : amis du punk et du « rock’n’roll », bonsoir ! Avec leurs chansons décomplexées, on se croirait revenu à la fin des années 70 avec ce groupe irlandais qui débutait sa tournée européenne à Europavox, après un rapide tour à Evreux et au festival Papillon de Nuit à St-Laurent-De-Cuves. Le set d’une quarantaine de minutes fait entrevoir une sorte de mascarade zeppelinenne : le chanteur, leader du trio par ailleurs, est excellent au jeu qui consisterait à imiter Pete Townsend. Quel avis pouvons-nous avoir sur ce groupe ? Pas négatif, mais mitigé, ne serait-ce que par la réaction des spectateurs dans la salle, qui comme pour Bernhoft était hésitante. Façon de rappeler que passer dans les premiers pour un groupe qui fait ce type de musique n’est pas forcément une « bonne chose ». En tout cas, c’est un concert durant lequel nous ne voyons pas passer le temps. Ou plutôt si. Il est sur la scène, avec les irlandais des Minutes.

Arrive ensuite Gaz Coombes. Le leader du groupe Supergrass est donc la troisième performance de cette soirée sur la scène du Forum. Et déjà, le look de Gaz est flagrant : il ressemble étonnement au Neil Young de 1983, lorsque notre ami Neil avait décidé de donner à ses fans deux albums spéciaux, Everybody’s Rockin (rockabilly) et Old Ways (country), voir Freedom. La ressemblance s’arrête là. La musique est assez intéressante, « Hot Fruit », « Whore » sont les chansons les plus abouties de son dernier album Here Comes The Bombs. Pour autant, le pauvre Gaz pâtit d’un fait indépendant de sa volonté : normalement, il n’aurait pas dû être là. Mais, lundi dernier, les Kills avaient annulé leur concert à Europavox pour des raisons de santé. La salle était donc un peu moins pleine et moins intéressée puisqu’en plus de cela arrive derrière des pièces de choix dans le rock moderne. Dommage, on aurait aimé être plus réceptif à la musique de Gaz Coombes entre psychédélisme et rock indé.

Stuck In The Sound

En effet, arrive le gagnant du festival Europavox, Stuck In The Sound. Prévu originellement en troisième place, ils profitent du report des Kills pour se hisser juste avant les têtes d’affiches. Et pour le plus grand plaisir d’une salle qui se remplit à cette occasion. Techniquement, ce concert était probablement un des meilleurs concerts de rock. Pas du tout comme Dionysos, le leader José Reis Fontao se contentant juste de remarques comme « Foutez le bordel Clermont !». Pour autant, sa voix a du charme, monte dans les aigus si facilement que cela en devient honteux. Dans leur dernier album, une chanson s’appelle « Fred Mercure« . Et oui, quelque chose dans l’atmosphère relève de Queen, période Keep Yourself Alive, surtout sur « Don’t Break The Bar Please Dumbo » !  Puis, ils enchainent avec les deux tubes, le premier single extrait du dernier album appelé Brother, puis « Toy Boy », la chanson qui les a fait connaitre de tout les gamers (elle était dans Guitar Hero). Et là, encore, ces jeunes parisiens me font rappeler le Queen du début des années 70, tout en rage et en riff ! Nous sommes à la moitié du show, et le leader remet sa capuche, comme si c’était le signe que l’apogée du concert était passé. Maintenant, il s’agit de redescendre avec des morceaux tout en arpèges, tout en musicalité et en mélodies portées par une voix toute aussi géniale. Alors bien entendu, les références sont aussi à trouver dans les années 90 : Nirvana, Smashing Pumkins, Sonic Youth. Le punch du groupe monte, puis descend, puis remonte. Ses modulations et ces influences sont visibles dans la deuxième partie du concert. En tout cas, Stuck In The Sound confirment qu’ils jouent maintenant dans la cour des grands : ils l’ont montré durant ce concert. Ils nous ont littéralement « collé au son » !

Chauffer la salle avant le concert qui finissait Europavox, c’était chose difficile tant le concert de The Hives était attendu. Que dire sur ce concert qui n’a déjà été dit ou entendu ? Le groupe suédois qui nous faisait l’honneur d’être à Clermont pour sa première date en France n’avait pas lésiné sur les moyens. L’entrée n’est ni plus ni moins faite avec de grandes lettres représentant un H, I, V, E, S. Et les voilà qui débarquent en costumes avec haut de formes. Grandiloquents à la manière de Freddie Mercury, ou encore d’Angus Young. Ce sont ces deux groupes qui s’imposent comme référence scénique de ce concert. Freddie Mercury, parce que le jeu du chanteur Pelle Almqvist avec le public est du même acabit que son auguste prédécesseur du groupe Queen. AC/DC, peut être une référence mélodique, comme pour tous les groupes de punk. Le son des Hives est très saccadé, il fonctionne par riffs. Mais par riffs reconnaissables: sans avoir écouté un seul de leurs albums, on connait cependant toutes les chansons, tellement celles-ci nous restent dans la tête lors des passages radio. Efficace, finalement. Un concert de The Hives, on y est jamais insensible, et on ne ressort jamais indemne de ce genre de soirée. Comme si finalement, les infusions de The Hives étaient nocives pour nos tympans, mais très bonnes pour les oreilles.

The Hives

C’est ainsi que se termine cette rétrospective des neuf groupes principaux du Forum. Bien sur, Europavox, ce n’est pas que cela. Plusieurs scènes étaient présentes: la scène World avec le concert d’Imany et d’Amadou et Mariam, ou encore la scène électro avec Woodkid, que beaucoup de monde a apprécié, ou encore les concerts d’Arthur H qui reprenait l’album de Serge Gainsbourg « L’Homme à la tête de chou » dans une création exceptionnelle, mais aussi Agoria et son show électronique, et plein d’autres.

Sans oublier la scène gratuite au Palais des Glaces ainsi que les open’mic de la scène Fac’Tory ou on a pu découvrir tout les excellent talents folk du label clermontois Kütu Folk (St. Augustine, Zak Laughed….) ou encore un groupe italien très bon nommé A Classic Education, teinté très rock eighties comme Best Coast, ou encore Brns, le groupe belge déjà adulé par Les Inrocks.

Be Proud to live in Clermont-Ferrand !

By Mickael Chailloux

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