Edito de la semaine

L’Edito

Un début d’année très chargé sur tous les fronts, l’arrivée d’une nouvelle guitare à la maison puis d’un nouvel ampli et le temps pour écrire se fait rapidement rare. Il faut également dire que, depuis un moment, mes écoutes ne m’ont pas franchement empli les oreilles de sons particulièrement remarquables. Jusqu’à ces deux dernières semaines. Cela a commencé à la fin d’une session d’enregistrement nocturne, vers 4h du matin. Je pose la Jaguar, j’éteins la chambre d’écho, je passe le Marshall sur Low pour permettre aux lampes de refroidir tranquillement avant de le passer hors tension et je mets un album que j’avais beaucoup aimé à sa sortie l’an dernier, en mars : Cola du groupe A Beacon School. Huit pistes impeccables, entêtantes et rafraîchissantes. Un petit point rouge sur mon écran, logé au coin supérieur droit de la pochette de l’album en écoute m’informe qu’il y a du nouveau sur le groupe. Je clique.

A Beacon School est l’œuvre solo du multi-instrumentiste Patrick J. Smith, qui, parmi ses nombreux projets, utilise ce disque comme un exutoire pour une expression créative inaltérée. Le va-et-vient des lignes de guitare entrelacées avec des lignes de basse enragées et des tambours enjoués ressemble aux mécanismes d’une montre ouvragée par un orfèvre : toutes les parties travaillent de concert pour créer un ensemble de toute beauté. Les huit pistes de l’album Cola devaient se sentir seules… En juin sortira une nouvelle version de l’album, sur lequel se sont ajoutés trois morceaux complétant ainsi avec brio le mécanisme déjà impeccable. La touche finale en quelque sorte. Ce disque devient alors une véritable exploration de l’inconscient de l’artiste en permettant à celui qui l’écoute d’attraper un nombre impressionnant de bouts d’idées, lancées en continu, et nous forçant à passer de l’une à l’autre comme ces pensées qui nous traversent l’esprit à vitesse grand V et que l’on ne sait pas toujours retenir.

Dans un autre style, Interpol sort du bois cette année avec la sortie d’un Ep. Après un Maraudeur plutôt réussi l’an dernier, le groupe semble avoir retrouvé son rythme. Cinq titres, cela peut paraître peu, cependant lorsque l’on sait le groupe en phase de préparation pour un été chargé en festivals, c’est finalement beaucoup. Avec A Fine Mess, on reste dans cette ambiance sombre et rocailleuse introduite par Marauder, bien que l’Ep sonne de façon plus immédiate, plus spontanée que son aîné. Bref, de quoi patienter de la meilleure des façons avant l’été.

Après trois ans d’aventures diverses et de spin-off bands à répétition (The Moonlandingz ou encore International Teachers of Pop que je vous recommande tout particulièrement d’ailleurs), le dernier bébé de The Fat White Family, Serfs Up! a aligné ses dix morceaux en avril. Une naissance printanière tout à fait bienvenue, toute en tension entre instrumentation et voix. Une agressivité retenue, presque larvée, comparée aux albums précédents. Et puis comment ne pas remarquer que ce disque repousse la zone de confort du groupe, étendant ses tentacules poisseux pour explorer plusieurs directions, tout en étant certainement l’une de leurs oeuvres la plus accessible et cohérente à ce jour. On aime !

The National sortira le 17 mai I Am Easy To Find, un album qui se retrouvera sûrement dans tous les albums de famille des fans, chacun de leurs opus semblant être la parfaite bande originale de nos vies à un moment ou un autre. Un court-métrage éponyme, réalisé par Mike Mills,  accompagnera d’ailleurs la sortie. Le rôle principal sera tenu par l’actrice suédoise Alicia Vikander (vue notamment dans The Danish Girl et qui embellit déjà la pochette de l’album). Le tout a été bâti comme deux œuvres se complétant tout en existant individuellement. L’album regroupe 16 pistes qui pour le peu qu’en laissent entendre les extraits sera un peu moins balancé que Sleep Well Beast. Mais avec The National, nous savons déjà que l’ivresse sera au rendez-vous, comme sur You Had Your Soul With You où de l’accalmie s’élève clairement la superbe voix de Gail Ann Dorsey complétant à merveille le baryton de Matt Berninger. Comme d’habitude, en fin d’écoute, on ne pourra s’empêcher de recliquer sur le premier morceau de l’album ou mieux, d’avoir prévu le repeat all dès le départ, par pure anticipation de notre gourmandise.

Sérieusement ancrés dans le son des années 80, les écossais de THE NINTH WAVE développent des mélodies simples et une voix très typée, rappelant les premiers Tears for Fears (ressenti tout à fait personnel…). Jusqu’ici le groupe n’avait sorti que des Ep ou des singles. Le groupe a donc décidé d’être audacieux avec leur premier album, en lançant des plans ambitieux pour un double album : Infancy – Part One – sorti le 26 avril, et sa suite que nous découvrirons le 26 novembre. Les six premiers morceaux sont une véritable explosion d’énergie.  Des chansons qui remuent un truc au fond de nous, un truc familier mais non identifié. Des instrumentaux profonds qui viennent soutenir cette voix si expressive que l’on a envie de suivre dans ce no man’s land que l’on a tous en nous. C’est ça… ce disque nous confronte à une certaine désolation qui, ici, apparaît comme envoutante et brillante, tout comme cet album.

Enfin, Berths de Slowness sortira début juin avec six titres produits entre Brooklyn et San Francisco. Cette sortie est une excellente nouvelle tant je pensais le groupe bien trop absent de la scène musicale depuis 2014 pour que cela présage d’un futur qu’ils méritent pourtant, quand bien même Slowdive est revenu sur le devant de cette même scène. Il est bon d’avoir le choix. L’album est en mi-tempo, volontairement lent, sonnant comme un hybride entre shoegaze et slowcore. La raison du silence de ces dernières années est simple, c’est la vie : Julie Lynn et Geoffrey Scott, cofondateurs du groupe en 2008, se sont séparés durant l’enregistrement. Puis l’arrivée plus tard d’une nouvelle batteuse a changé leur son de manière significative. Elle a aidé à tout ouvrir, à mieux servir la musique.

Greg Pinaud-Plazanet

Une réflexion sur “L’Edito

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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