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Le vibrant hommage de Bob Seger à Glenn Frey

Ils se sont rencontrés en 1966. Aujourd’hui, le chanteur originaire de Detroit Bob Seger, grande star du rock, rend un hommage appuyé à Glenn Frey, son ami décédé il y a presque deux ans, dans son nouvel album paru le 17 novembre dernier. I Knew You When, ce nouvel opus, installe dès lors une ambiance très étrange et particulière. Ce qui en fait aussi un très bon album.

Glenn Song

Si le décès de Glenn Frey, un des membres et tête pensante des Eagles, a tant marqué Bob Seger, c’est qu’ils sont issus de la même ville, Detroit. Ils y ont grandi, et ont vécu leurs premières expériences musicales. Ils ont découvert Jimi Hendrix ensemble, et Glenn Frey réalise même les choeurs dans la première (et très bonne chanson) de Bob Seger Ramblin’ Gamblin’ Man.  Dans « Glenn Song », on retrouve un Bob Seger en émotion, la voix tremblotante. « You were here/Now you’re gone/And we’re all moving on », ces premiers mots de Glenn Song en font une chanson poignante, ou le souvenir de Glenn Frey son ami reste présent. Cette chanson sur le départ de l’ami tant aimé est une manière touchante de lui rendre hommage. So long, Glenn !

Quoi d’autre ?

Le reste de l’album est surprenant et très correct. Bob Seger n’avait pas enregistré d’album depuis 2014, et aujourd’hui, il fait les fonds de tiroirs pour nous sortir un album de qualité, aux arrangements très rock. Contrairement à son dernier album Ride Out, les 13 chansons proposées ici ne vous emmèneront pas dans les highways américaines, sur la route au volant d’une Cadillac. Ce sont plutôt de grandes trésors rock. La chanson « The Sea Inside », par exemple, devait être incluse dans Ride Out. Elle aurait détonné : on retrouve Bob Seger dans un essai hard rock symphonique, une grande envolée lyrique à la manière de Led Zeppelin ou de groupes heavy. C’est probablement l’une des plus surprenantes chansons de l’album. « The Highway » a quelques reflets d’ailleurs de cette ambiance épique donné à I Knew You When, avec quelques instants Springsteenniens version « Magic » (du nom de l’album).

Et puis dans cette cuvée 2017, on trouve deux covers : l’une, « Democracy’, est une chanson de Leonard Cohen. Bob Seger lui rend justice en la rendant plus rock compatible. A la réécoute, difficile de savoir si le chanteur est vraiment ironique en chantant « Democracy is comin’ in the USA » alors que le pays est gouverné par Donald Trump. Cohen avait écrit cette chanson en 1992 pour son album The Future, prétextant qu’elle était sur « le laboratoire de la démocratie que représente ce pays ». Dont acte.

La deuxième reprise est celle de la chanson de Lou Reed « Busload of Faith », une chanson incluse dans l’album New York de Lou Reed. C’est d’ailleurs le premier single extrait de ce nouveau projet.

I Knew You When est l’album qu’on attendait tous de Bob Seger : il est toujours présent. Malheureusement, il a du se faire opérer de sa colonne vertebrale et ainsi reporter des concerts prévus aux Etats-Unis début octobre. Reste que cette créativité fait plaisir à voir.

Mickaël Chailloux

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