On a écouté

Appalooza: Stoner de Brest !

Après deux ans d’absence, me voici de retour avec la chronique du premier album attendu d’un groupe dont nous avions fait la connaissance il y a deux ans et demi. de cela Souvenez-vous : Appalooza, groupe brestois de Stoner, heavy rock dont la musique chargée d’un univers marqué nous avait fortement plu. Pour souvenir et présentation, relire encore et encore l’interview de février 2015 ici . Après un changement de format de quatre à trois, les brestois d’Appalooza nous présentent leur premier album éponyme. Après moult péripéties américaines (voir le lien de leur US tour de 2015), après avoir mûrement muri et travaillé leur son afin d’asseoir encore plus leur univers, Appalooza (l’album, pas le groupe) sortira en janvier 2018.

Toujours auto-produit, Appalooza (le groupe, pas l’album – oui il faut suivre un peu tout de même), a lancé sur la plateforme participative Ulule.com, un projet pour auto-financer l’édition d’Appalooza. (le lien est en bas de l’article – fin du projet le 19/12 à minuit). On y trouve des goodies (dessins , tee-shirts et autres items) toujours aux couleurs des dessins de Wild Horse (Sylvain, le chanteur et guitariste du groupe, si vous avez bien suivi la chronique de 2015) et franchement, c’est comme l’album, ça déchire !!!

D’ailleurs l’album, parlons-en un peu. Nous les avions quittés en 2015 à l’aube de la finalisation d’Animalia et d’Hour Glass, respectivement en position 5 et 6 sur l’album que j’ai eu le plaisir d’écouter une bonne dizaine de fois. C’est les cervicales un peu chauffées par les headbangs frénétiques que l’écoute m’a procuré, sous l’œil amusé de mes collègues de travail, que je vous livre mes impressions. Personnellement, ça a été une jolie claque. L’intro d’obscolescence – le premier morceau –, passe bien et là, PAF ! l’entrée de la batterie me scotche à mon siège littéralement. Dès lors je sais que je vais écouter un son auquel je n’ai pas l’habitude de prêter l’oreille. Lourde, précise, efficace, tels sont les atouts de cette ligne de batterie. Puis arrive le chant : plus présent qu’avant, mieux équilibré, plus mûr et travaillé, ce qui donne le ton de cet album.

Appalooza sait faire varier les formes, comme les couleurs. Le chant omniprésent sait toutefois se faire oublier pour laisser les riffs, désormais joués par une seule guitare, s’exprimer. Le passage à trois membres est réussi. On ne perd rien en efficacité, bien au contraire. Tout est plus propre, plus léché et on sent tout le travail derrière cet album.

Différents thèmes y sont abordés sur les bases de ce qui fait l’univers du groupe. Rappelez-vous : les chevauchées sauvages, l’utilisation de l’homme par l’homme, la liberté, le consumérisme, tous sont abordés. Quant aux rythmes instrumentaux, ils jouent de façon égale avec les parties voix. Tout ceci installe avec efficacité l’heavy rock des brestois comme une valeur sûre de la scène française. Cet album est conceptuel dans son approche comme tout ce que fait Appalooza.

C’est un univers dans lequel on plonge littéralement et chaque chanson est ancrée dans cette vision tout en ayant leur propre identité.
On retrouve Chaméléon, qui a gagné en puissance et en pureté, et Matador, qui avait déjà l’habitude de finir les sets live et qui finit une fois encore l’album après plus de 51mn d’écoute de bon gros son. Ma préférée est Take it as it comes parce que l’intro et la mélodie sont juste fantastiques !
Allez, avant de vous faire votre propre idée en suivant les liens des vidéos en fin d’article, voici une petite interview afin d’avoir l’avis des principaux intéressés :

PdR : On voit qu’il y a un changement de format au niveau du groupe, il y a eu des départs, des arrivées, les cheveux ont poussé…  Est-ce que cela a été difficile de donner la même puissance et la même efficacité sur les morceaux comme Matador, par exemple, en n’étant plus que trois?

Appalooza : En effet, le line-up a un peu changé mais les deux membres fondateurs, à savoir Vincent (batterie) et Sylvain (chant/guitare), sont restés plus velus que jamais ! La basse a été reprise par notre tout premier bassiste, Alan, qui était présent lorsque le groupe effectuait ses premiers pas.
Cela fait maintenant deux ans que nous avons adopté cette formule et nous avons remarqué que ça marchait bien, que le public comprenait mieux où nous voulions en venir musicalement parlant. Bien que les compos laissent de la place pour une deuxième guitare, visuellement le groupe a plus d’impact à trois. Ce qu’il manque en live par rapport à ce que nous entendons en studio, on le comble par notre jeu scénique. Pour faire plus clair, on a mis les potards à douze et on a collé une fuzz au pied de notre bassiste. On n’appelle pas ça un « power trio » pour rien !

PdR :  Les influences sur cet album?

Appalooza  : Etant donné que nous sommes amis depuis un certain nombre d’années, nos influences sont assez communes et reflètent par conséquent notre musique. Nous avons pour habitude de citer des groupes tels que Queens of the Stone Age, Alice In Chains, Red Fang, Kyuss, pour ce qui est purement musical. Nous nous inspirons également de Baroness, de Kylesa, de Kvelertak pour ce qui est de l’univers graphique et artistique autour de notre musique.

PdR  : Vous êtes toujours auto-produit, un vrai choix alternatif aux maisons de disques ou c’est en attente?

Appalooza  : Nous avons eu plusieurs propositions mais nous nous sommes rendu compte qu’il y a beaucoup de labels qui sont uniquement là pour encaisser ton chèque et c’est tout. Nous possédons notre propre « label », ce qui fait que nous sommes en auto-production. Ça nous laisse toute la liberté musicale et artistique.

PdR  : Les complications sur son élaboration?

Appalooza  : L’album a été relativement rapide à enregistrer. Deux jours pour la batterie, une journée pour la basse, quatre jours pour la guitare et le chant. Là où nous avons rencontré des complications, c’est au mixage. Nous avons voulu prendre notre temps afin de coloriser chaque morceau et de lui donner une personnalité qui lui est propre. Nous avions été déçus par nos précédentes démos, nous ne voulions pas refaire les mêmes erreurs. Nous avons voulu par le biais de cet album affirmer notre identité musicale.

PdR  : On croise quelques vidéos officielles et une petite dernière il y a peu. D’autres vidéos à venir?

Appalooza  : Nous avons pas mal de choses qui vont arriver. Nous venons de sortir un lyrics video pour Animalia et nous en sortons un pour Hourglass. Nous avons par ailleurs tourné un clip fin octobre avec ABYSS MEDIA pour la chanson Roadblock présente dans l’album. Nous espérons le sortir début janvier.

PdR  : Le morceau qui a un sens plus profond que les autres pour vous?

Appalooza  : Chaque chanson de par son thème possède un sens et un sujet assez forts. Nous abordons plusieurs sujets tels que l’obsolescence programmée, l’exploitation de l’homme par l’homme, la schizophrénie, le temps qui passe, la vanité, la trahison, etc. Take It As It Comes est, nous pensons, la chanson qui a été la plus compliquée à enregistrer, émotionnellement parlant. Celle-ci a pour sujet la perte d’un proche ou plutôt la réaction que l’on peut avoir face à un tel drame. Cette chanson parle de l’acceptation en passant par la douleur, la haine, la rage, la compréhension. Dans ce processus d’acceptation, de deuil, il y a des hauts et des bas, ces derniers sont illustrés par un couplet calme et serein pour exprimer la compréhension puis un refrain violent et soudain accompagné par un cri. Nous pensons qu’il faut l’accepter, le « prendre comme ça vient », mais le chagrin, la rage et la douleur refont surface en nous.

PdR  : Déjà des chansons en attente pour le second?

Appalooza : Nous avons déjà composés huit chansons pour le prochain album, nous en jouons d’ailleurs déjà quelques unes en concert. Nous avons vraiment hâte de les enregistrer.

PdR  : D’ailleurs, superbe transition, quels sont vos prochains concerts?

Appalooza  : Cet hiver, nous partons aux Etats-Unis pour la sortie de l’album. Une tournée d’une vingtaine de dates entre le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona, la Californie, l’Oregon, Washington, le Montana, le Colorado, le Nebraska, le Minnesota, l’Indiana, le Michigan, l’Ohio, l’Illinois et l’Oklahoma. Nous sommes également en train de voir pour les mois de mars et avril.

PdR  : Vous allez entamer cette tournée aux USA.  C’est la seconde fois, il me semble. Comment s’est passé celle de 2015 que l’on peut apercevoir dans le footage que vous avez posté sur Youtube ? (lien en bas de l’article et c’est bien fun !!!)

Appalooza  : Il s’agit de notre deuxième expérience américaine mais, pour le coup, il est question ici d’une vraie tournée. En 2015, nous étions entre dates et roadtrip. Ce coup-ci, ça va être bien plus intense. Les gens qui viennent voir des concerts sont vraiment adorables là-bas. Le nombre de personnes qui viennent te voir après le show pour discuter et te payer un coup… On se sent comme à la maison, sans réelle prise de tête, les gens sont simples. Il y a tellement de lieux où jouer, tellement de groupes qui évoluent dans le rock et dans le métal que c’est comme si c’était habituel, c’est un peu plus compliqué en France, hahaha. On est vraiment excités à l’idée de vivre cela, nous nous étions tellement éclatés la dernière fois !

PdR  : Vous avez participé au pression live sur le Hellfest en 2017, c’était votre première fois ? Quel a été l’accueil?

Appalooza  : C’est bien notre premier passage sur cette scène. L’accueil météorologique était plus que bon, même trop, 35 minutes de set sous 35 degrés. Pour ce qui est du public, c’était pas le Stade de France mais les gens étaient au rendez-vous et très enthousiastes. C’était notre première scène depuis huit mois, certains étaient heureux de nous revoir.

PdR  : Du coup, pour le Hellfest, vous jouez presque à domicile par rapport aux USA, en 2018 on vous y reverra ?

Appalooza  : Nous aimerions beaucoup rejouer sur la scène de Pression Live, mais il faut que les groupes tournent j’imagine.

PdR  : Et en ce qui concerne le festival en lui-même ?

Appalooza : Oui ! C’est toujours bon de rêver… Mais on ne lâche pas l’affaire et nous espérons pouvoir un jour nous produire dans cette brumeuse et mystique Valley ! 😉

Pour finir, voici la rubrique « des liens en veux-tu en voilà » auxquels se sont rajoutés de bons visuels.

CrowdFounding Ulule : https://fr.ulule.com/appalooza-first-album/

(Allez y faire un tour, ça vaut le coup et avant le 19/12 à minuit !!! un p’tit tee-shirt sous le sapin ça peut le faire  et un p’tit album pour la Chandeleur !!!)

Facebook : www.facebook.com/Appalooza.OfficialPage

Site Officiel : appalooza29.wix.com/appalooza

Bandcamp : appalooza.bandcamp.com/album/chameleon-ep

Official Music Video “Chameleon”: http://youtu.be/p7EEykDeV8A

Official Live Video “Matador”: http://youtu.be/bJMZANCtRYU

Official Music Video “Animalia”: https://www.youtube.com/watch?v=B-6OWc1abK4

Road report US tour 2015: https://www.youtube.com/watch?v=giCsCDZhyUk

Voilà, j’espère que, pour vous comme pour moi, ça vous a fait plaisir d’avoir des nouvelles fraîches d’Appalooza. Vous pouvez les suivre via leurs vidéos ou leur Facebook. Si vous aimez, vous adorerez leur album alors rendez-vous début 2018 et franchement pour avoir eu la chance d’écouter ces dix titres, je ne m’en lasse pas ! Allez faire un tour sur leur Ulule et si le cœur vous en dit, un p’tit coup de main les aiderait bien et n’hésitez pas si vous êtes vraiment gentils à aller vous biturer avec eux. Si si, c’est le prix ultime mais gare, les Bretons, ça a du coffre.
Moi, je sens que je vais me commander un tee-shirt pour mettre sous le sapin !

Note : Tous les visuels de cet article ainsi que ceux du groupe sont signés Wild Horse et représentent des propriétés intellectuelles et artistiques, merci de le respecter (mais vous pouvez les acheter sur Ulule).

Allez Rock On !

Jason P.

 

 

 

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