Edito de la semaine

L’Edito du Lundi

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Vous sentez ? Ca sent la sève, les aiguilles de sapin… Les marrons que l’on fait cuire dans les gargotes de rue… l’enfance. Noël approchant nous sommes nombreux à nous remémorer nos propres Noëls lorsque nous n’étions pas plus hauts que trois pommes (et demie, faut pas oublier le « et demie »…) : Les cadeaux, la famille, l’ambiance… bref, Winter is coming comme dirait Ned Stark et par une infinie souplesse et avec style, vous accrocherez bientôt vos boules sur l’arbre. Ne voyez ici aucune image déplacée, il n’y en a pas. Quoique Noël, par les temps de crise qui courent, c’est un peu comme se mettre les couilles sur le billot… Cette année, les cadeaux des enfants seront peut-être plus light ( sans parler de ceux qui n’auront rien car ils seront occupés à faire les trois/huit dans des usines chinoises pour que nous ayons nos cadeaux…), ceux des parents le seront assurément, mais cela restera Noël, ce moment privilégié… que je n’aime pas spécialement. Non, je préfère Hhanouka, qui commencera cette année le 17 décembre pour se terminer le 24. Cette fête juive symbolise la resistance du peuple juif devant la domination des grecs et non une naissance fictive d’un petit gars, au fond d’une étable entre un âne et un boeuf (et la marmotte, on oublie souvent la marmotte mais elle devait être là à empaqueter les petits chocolats de Noël dans le papier d’alu…). Durant la célébration de Hhanouka, les adultes allumeront une bougie chaque jour et les enfants joueront à la toupie sur laquelle est gravé « Il y a eu ici un grand miracle ». Kyle et Ike vont pouvoir s’éclater encore cette année !

Il est toujours interessant de s’interesser aux traditions des autres, ça enrichi de comprendre d’où cela vient, l’histoire, le monde… Bref, trêve de Noël, passons à la musique ! Je ne vous en ai pas parlé jusqu’ici mais vu que j’endure chaque jour la pression de certains de mes potes qui me balancent des messages pour savoir pourquoi je n’ai toujours pas causé de la sortie de LUX, l’album d’Ez3kiel, je craque et je profite de l’Edito de cette semaine pour faire cesser ce harcèlement insupportable. Ce dixième album marque la distance prise par rapport aux précédentes galettes du groupe. Incisif, plus hypnotisant et mélancolique que le dernier, Battlefield, datant de six ans. Ez3kiel restera toujours un meilleur groupe en live qu’en disque. En effet, leur univers c’est la musique ET la lumière. Fin et violent tour à tour, l’on ne peut s’empêcher toutefois de se perdre dans leur flot musical, emporté par le courant. Ils sont en tournée actuellement et vu que quelques uns de mes potes sont allés les voir et qu’ils ont trouvé leur show rien de moins que « mec, ça déchire ! », je ne saurais trop vous conseiller d’aller planter vos guiboles devant une de leurs scènes pour apprécier leur univers hybride.

Restons en France avec la sortie, début novembre de Rise, un album de Jessica 93, ou plutôt Geoff Laporte et sa Citroën Visa jaune. Une rythmique mécanique et des guitares rappelant The Sisters of Mercy, un rock sordide et bien noir. Mais l’envie de se vautrer dedans est plus que tentante et là aussi on se laisse facilement glisser entre ces boucles électriques enivrantes pour rejoindre la fange. La Cold Wave n’est pas morte, loin de là, seule une petite commune, au nord-est de Paris, Bondy, resiste encore et encore aux envahisseurs… Et c’est tant mieux !

Quittons le territoire maintenant pour The Hum. Rien à voir avec le son basse fréquence qui pourrait sortir de nos bon vieux amplis guitare, mais tout à voir avec le son que produit le monde lui-même en certains endroit de notre si belle planète. Si si, je vous assure, il est encore trop tôt pour mes deux bourbons là, donc je ne vous raconte pas de conneries et je vous enjoins même à aller vérifier sur le web ce phénomène assez… étrange. The Hum c’est donc le nom d’un groupe anglais de Leeds (ne pas confondre avec le groupe originaire de l’Illinois, USA : Hum) et il sortent leur second album, intitulé Hookworms. L’album confirme, s’il le fallait la résurgence du psychédélisme dans les milieux underground du rock au travers d’un rythme énergique, furieux et soutenu, mêlé à une musique chaotique qui ne vous lâchera que lorsque vous serez exsangues… Attention, le Peuple du Rock niera toute responsabilité dans le cas où vous seriez pris de convulsions anarchiques dans un lieu public.

Cette année, ma plus grande déception sera de ne pas pouvoir assister au live de la famille Stone au Bikini pour cause de Sold Out deux mois avant leur passage… Leur troisième album, Angus & Julia Stone, mérite que l’on dépense un poil plus pour la « Live Bonus Edition ». En effet, là où nombre de groupes nous balancent des bonus de merde avec ici des démos à peine audibles ou tronquées, là des versions peu différentes des chansons présentent sur le même album, la Stone Family vous vend treize pistes studio et dix titres live d’une qualité irréprochable et surtout qui ne font pas répétition avec l’album en question. La première partie de l’album est plus électrique que les deux autres albums du duo, mais toujours aussi invitant au voyage. Il faut dire que leurs débuts ont été pour le moins fulgurants, si bien qu’on ne savait pas trop bien si le duo reviendrait un jour après leur pause solo respective. Leur reformation est en grande partie due au producteur Rick Rubin (Beastie Boys, Red Hot, Metallica, Rage Against The Machine et j’en passe… ). Ce gars est une légende, pas étonnant que les deux australiens se soient laissés convaincre pour notre plus grande joie. Cela donne un album assez saturé, au bord de l’explosion même parfois (Crash And Burn), même si l’acoustique n’est pas oubliée.

Je finirai cette semaine avec un clin d’oeil à Patrick Bateman, l’American Psycho de Brett Easton Ellis avec le clip, fort bien foutu d’une icône des années 80 (qui ne connait pas le hit Slave To Love, issu de la BO de 9 1/2 semaines ?) : Brian ferry. Le monsieur revient avec un album plus rock que le dernier, trop commercialement pop à mon goût pour rester un jour dans de quelconques annales (attention, il y a bien deux « n » ici…). Mon but est ici purement esthétique, et même si la musique n’est pas dégueu du tout, fermez vos oreilles et ouvrez grand vos yeux pour une fois !

Greg Pinaud-Plazanet

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