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Dans le rétro : le magistral Eric Clapton dans « Slowhand »

40 ans ! C’est un anniversaire plein de rock et de blues que l’on célèbre aujourd’hui sur Le Peuple du Rock. Celui d’un album qui reste encore aujourd’hui un incontournable de l’histoire du rock.

L’affiche de pub de Slowhand, qui date de 1977.

Seul le manche de sa guitare, une main, un accord et un blouson en cuir. C’est un peu ce qui nous attend en ce 25 novembre 1977, en se précipitant dans la première boutique de disques. Car cette nouvelle cuvée de Clapton fait la part belle à la guitare, aux morceaux bluesy très américains.

L’histoire de Slowhand démarre en mai 1977, lorsque Clapton rentre en studio avec ses compères, le bassiste Carl Radle, le batteur Dickie Sims et le guitariste Jamie Oldaker. Derrière la console d’enregistrement, le producteur Glyn Johns, connu pour avoir produit notamment Harvest de Neil Young, Quadrophenia de The Who ou encore Desperado des Eagles et Sticky Fingers des Stones. Name-dropping efficace comme carte de visite. Clapton se tourne vers lui pourtant à cause d’un problème de contrat avec Atlantic Records. « Je ne pouvais plus enregistrer avec Tom Doyd. J’ai donc demandé à Glyn de faire un disque et ce fut Slowhand, déclare-t-il à Rolling Stone. C’était quelque chose de totalement différent, je n’avais jamais été aux États-Unis pour y bosser. D’habitude, je pouvais enregistrer depuis l’Angleterre avec un anglais. »

Durant l’enregistrement, Clapton souffrira. D’abord, en 1977, il a de nombreux problèmes personnels… Enfin, surtout une addiction à l’alcool et à la cocaïne, et il vient tout juste d’arrêter l’héroïne. Glyn Johns a une réputation alors d’être très dur en enregistrement, d’accorder beaucoup d’importance à la discipline. Ce duo va faire des étincelles, le producteur va souvent quitter le studio, mais mènera quand-même l’enregistrement. Clapton dira même plus tard qu’il s’est toujours surpassé pour Glyn Johns.

De la guitare et du blues

Est-ce à dire que la cocaïne sublime cet album ? Pour des raisons de prévention et de santé de nos lecteurs, nous ne pouvons pas encourager ça. Il n’empêche, Clapton va dans Slowhand donner un cours magistral de musique. La reprise de la chanson de J.J. Cale « Cocaïne » le prouve d’ailleurs. La version originale était plus rugueuse, Clapton va en faire une version vertigineuse, plus effilée, mais probablement plus massive. La chanson sera bannie en Argentine durant la dictature militaire et Clapton durant ses concerts partout dans le monde en fera une chanson anti-drogue.

Wonderful Tonight’ exploite le potentiel slow d’Eric Clapton, ou comment une musique peut délibérément devenir un vrai tube romantique. Écrite en pensant à Patti Boyd, Clapton annone mais a créé un riff simple et langoureux que tout le monde pourra maintenant reprendre pour draguer les filles.

Dans Slowhand, Eric Clapton explore ses racines américaines. Trois de ses membres du groupes venaient d’Oklahoma. C’est pourquoi dans ‘Lay Down Sally’, on retrouve cette ambiance country-rock peut-être moins présente avant. Le Tulsa Country Band (nom du groupe des musiciens) joue donc parfaitement leur partition derrière les voix mêlées de Clapton et Marcy Levy. C’est aussi criant dans ‘We’re all the way », chanson du chanteur Don Williams : le duo country avec Marcy Levy est d’une pure intensité mélancolique. Dans son album suivant, Backless, Clapton reprendra un autre des classiques de Don Williams, « Tulsa Time ». La deuxième plus grande ville de l’Oklahoma a gagné ses galons.

Pour les amateurs de rock chaloupé, il y a « Next Time You See Her », hymne à ceux qui ont du mal à dire aux gens leur amour. Mais le rock pur resurgit avec « The Core », qui laisse à Marcy Levy toute l’étendue de ses possibilités vocales, et un des rares moments de jam de l’album. « The Core » est probablement l’une des plus belles chansons de l’album dans ce qu’il représente comme fouillis. Étonnamment long (8:45), il reste de qualité du début jusqu’à la fin.  À noter le jeu magnifique de Dick Sims aux claviers et la première fois que Clapton utilisait le jeu de saxophone depuis son premier album solo.

« May You Never » utilise encore de manière remarquable les claviers, donnant du relief à cette chanson plutôt simpliste. La reprise de Muddy Waters « Mean Old Frisco » est du même registre : donnant du relief rock à un vieux blues du répertoire de Muddy Waters, un rythme ralenti et où la guitare dont on a parlé sur la pochette est bien présente. L’album se clôt par « Peaches and Diesel », une ballade instrumentale plutôt mainstream.

Slowhand recevra de très bonnes critiques et reste encore à ce jour un des albums le plus vendu par la star du rock. Et on comprend pourquoi à la lumière de cette nouvelle écoute 40 ans après.

Mickaël Chailloux

 

 

 

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