Edito de la semaine/The Jesus and Mary Chain

L’Edito de la semaine

14 pistes pour 53 minutes de son indé. C’est le dernier forfait des frères Reid. Après presque vingt ans d’absence et quelques tournées, The Jesus and Mary Chain revient avec Damage and Joy, un septième album qui s’inscrit musicalement comme un prolongement naturel de Stoned an Dethroned, tout en intégrant des meilleurs sons que l’on ait pu croiser sur l’inégal Munki, notamment dès le premier morceau: Amputation.

Retour gagnant

Dès la première piste, le style, le son, la voix sont immédiatement reconnaissables. Ce qui fout dores et déjà en l’air le moindre projet de blind test. Galvanisés par le fait que le public était au rendez-vous lors de leurs tournée revival de ces deux-trois dernières années, et surpris aussi, les deux frères les plus terribles du rock (les Gallagher sont du pipi de chat comparés à Jim et William… voir notre retrospective ici) se sont rabibochés afin de poursuivre l’aventure entamée en 1984.

Pas facile vu comme la situation avait dégénéré. D’ailleurs lors de leur live à Barcelone, où nous les avions vu, si le live était bien punchy dans l’ensemble, nous avions remarqué quelques fausses notes de la part de William, toujours caché derrière ses lunettes noires, et quelques regards bien noirs de Jim, adressés sans ménagement à son frangin. Entre les deux, cela a toujours été assez explosif, et Jim en a beaucoup souffert. A tel point que le manque de perspectives du groupe l’a bien vite plongé dans la déprime. Mais leur réformation en 2007 aura tout de même réouvert quelques portes et surtout celles du coeur du public. Alors, pourquoi ne pas refaire un album? Et quel album… Chaque morceau est un single en puissance.

La Fuzz a encore de beaux jours devant elle

Le son de Jesus and Mary Chain n’est pas très complexe, tout en étant caractéristique. Il fait la part belle à une Fuzz tout à fait maitrisée, quand bien même son utilisation au sein du groupe a grandement changé depuis leur premier album, chef d’oeuvre bruitiste par excellence: Psychocandy. Aujourd’hui, elle est plus mesurée, tout en soutenant pratiquement chacun des morceaux de l’album. Damage and Joy étale par ailleurs une certaine nonchalance (on pense parfois à Just Like Honey en écoutant Song for a Secret) et s’impose au travers de quelques duos (avec Isobel Campbell notamment, mais également avec Sky Ferreira, autre voix bien sympathique) comme le successeur parfait de Stoned and Dethroned, mais un poil plus électrique. De toute façon, ce groupe a toujours eu un énorme point fort: celui de faire des disques très différents tout en ayant un son identitaire marqué auquel tous les fans adhèrent de façon inconsciente. Un seul petit bémol peut-être à ce disque: une production qui peut sembler un peu trop lisse, sur certaines pistes, pour ces trublions du rock.

Cela faisait un moment que l’on n’attendait plus grand chose du groupe, à part peut-être une tournée de temps en temps. Damage and Joy est en ce sens une vraie bonne surprise, à défaut d’être le disque de l’année, c’est un putain de bon disque et il serait dommage de passer à côté dans un haussement épaules qui nous ôterait toute curiosité à son endroit. Alors oui, nous sommes loin du remu-ménage des débuts, mais hey, la maturité (toute relative si l’on écoute bien les paroles…) demande parfois des sacrifices consentis !

Greg Pinaud-Plazanet

 

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