Uncategorized

L’Edito de la Semaine

111111

La semaine commence bien. Ce soir, ce sera The Kills en live, autant dire que j’attendais cela depuis un moment déjà, les ayant plusieurs fois raté déjà. Bon, mais ça, c’est ce soir, car hier, j’ai enfin eu droit à un live de musique et à une pièce de théâtre comique, all-in-one, j’ai été voir The Divine Comedy.

Divine Comedy se résume depuis longtemps à Neil Hannon, seul rescapé et personnage principal de l’aventure qui a débuté en 1989 dans le nord de cette île qui nous abreuve les oreilles de bonne musique depuis déjà longtemps : l’Irlande. On connait la suite : Libération, Promenade, CasanovaHannon conquit alors une frange intellectuelle française qui se nourrit à coups de Peter Greenaway, de Godard, de belles lettres et de beaux livres à commencer par Oscar Wilde. Le savant mélange de musique pop et de musique plus classique, presque de chambre, nous plonge dans une intimité presque palpable avec l’artiste. On se laisse emporter par ses envolées, on rigole à ses blagues potaches, distillées avec facétie tout au long de la plupart de ses textes. Parfois on ressent aussi une certaine tristesse désabusée, de celle qui vous frappe au lendemain d’une déception amoureuse. Et puis il y a aussi son amour pour les grands orchestres, les symphonies et leurs crescendos sauvages comme sur A Short Album About Love ou sur Absent Friends par exemple. Avec Divine Comedy, on ne s’ennuie jamais. Il était donc tout à fait logique d’aller voir ce trublion profondément romantique de la pop sur scène.

Avant d’attaquer le sujet central, je vais vous parler de la courte mais captivante première partie. Hannon, durant ses tournées, aime embarquer des compatriotes et sur celle-ci, c’est Lisa O’neill qui fait quelques dates. Lisa présentait son album Pothole in The Sky, sorti en avril de cette année. Personnage un peu perchée, vêtue de noir telle une Barbara, ou une Isabella Rosellini, de la musique, elle entre sur scène, salut et se met à parler un français peu étendu mais très compréhensible puis nous dit que Neil Hannon lui ayant proposé de tourner avec lui en France, pays où elle n’avait jamais mis les pieds, elle avait souhaité apprendre quelques mots et se faire traduire quelques explications de ses textes qu’elle nous distilera au fil du trop court set de ce soir. Classe.

Credits@PdR

Credits@PdR

Beaucoup d’humour pince sans rire, une voix beaucoup moins nasillarde que sur album, l’artiste captive la salle instentanément en entonnant un chant traditionnel à capela d’entrée de jeu : pile ce qu’il fallait pour fixer l’audience. Plus tard, sur Nasty, Lisa chante quelques lignes en français et poursuivra avec Black Sheep puis Planets, l’une des plus belles chansons folk du moment, presque du Joan Bez… « Dépression are the black clouds over your head, but depression have seasons… » dit-elle lors de la présentation du morceau. Touché. Accompagnée d’une violoniste discrète, l’artiste égraine six titres dans une atmosphère concentrée, attentive, captivée.

Plus d’une demi-heure de pause et les musiciens accompagnant Divine Comedy entrent en scène, suivis de près par Neil Hannon, costumé en Napoléon pour l’occasion. C’est Napoleon Complex qui démarre logiquement le set, le bonsoir viendra plus tard, Hannon aime jouer avec les codes. La salle réagit immédiatement, comme de bien entendu, la tête d’affiche de ce soir ne trompe pas. L’audience est assez hétérogène et l’on remarque immédiatement un certain nombre de « grisonnants » présents ici (et dont je fais partie). A noter que le live est retransmis sur la plateforme vevo pour iflix32 Music, le netflix des concerts. Au total, ce sont vingt cinq morceaux piochés dans sa discographie que Neil Hannon joue de façon assez détendue (mais plus vite que sur album), avec son sourire aux lèvres et ses yeux un peu tristes. Après le costume de l’empereur, et après un passage en coulisse, c’est un homme de la city qui rejoint la scène: costume noir cintré, chapeau melon et parapluie pour balancer une version vitaminée de Complete Banker et de son humour noir bien senti. Et puis, à l’autre bout il y a l’apitoiement total de l’artiste sur une riche anglaise, sa jeunesse sur la côte d’azur, plus tard obligée d’epouser quelqu’un qui ne l’aime pas et de donner naissance à des enfants qu’elle ne connait pas vraiment. La mélancolie A Lady of a Certain Age nous ramène à cette solitude que l’on connait tous un jour ou l’autre et on se prend d’une certaine compassion pour ce personnage de fiction.

Credits@PdR

Credits@PdR


Credits@PdR

Credits@PdR

Hannon aime aussi jouer des rôles, se moquer, jouer tout court, y compris avec l’audience. Comment ne pas apprécier l’artiste sur scène lorsqu’il offre des rafraichissements à ses musiciens et à certains spectateurs lors du rappel… Il est touchant, que ce soit au travers de ses textes, de sa musique ou de sa personnalité même. Le Duo, truculent avec Lisa O’neil sur Funny Peculiar est juste superbe avec son petit accent des années cinéma noir et blanc. Plus loin At the Indie Disco, un peu plus pêchu que sur album, égraine nos jeunes années au travers de Morrissey (et son « bunch of flowers« ), son Just Can Get Enough, ses Tainted Love ou encore des références aux Pixies, à My Bloody Valentine ou aux Stone Roses… On revoit littéralement les années 90 défiler à nouveau sous nos yeux et on se prend à être un peu nostalgique.

img_4937

Credits@PdR

La fin du set enthousiasme les fans conquis lors de la sortie de l’album Casanova (1996), avec des titres comme Becoming more like Alfie ou Something for the Week-end. Le temps de se retirer et de tomber la veste, Divine Comedy revient pour deux rappels autours desquels nous avons droit à quatre de ses meilleurs titres (voir set-list ci-après). L’artiste n’aura pas joué énormément de son onzième et dernier album, accueilli pourtant par la presse comme un retour à la grande époque, élu digne successeur de Casanova même parfois… Ce que, pour ma part je ne pense pas. Entre temps il y a eu de très bons albums également. Depuis que Neil Hannon a monté, avec son compatriote Thomas Walsh (Pugwash), The Duckworth Lewis Method, je le trouve plus libre et très productif, ayant ainsi laissé ses différentes personnalités musicales s’exprimer dans des univers différents. A la sortie du concert, de petits groupes discutent et disent tout le bien qu’ils ont pensé de cette soirée, les avis semblent unanimes.

Credits@PdR

Credits@PdR

    1. Napoleon Complex
    2. How Can You Leave Me on My Own
    3. Bang Goes the Knighthood
    4. Sweden
    5. I Joined the Foreign Legion (to Forget)
    6. Catherine the Great
    7. To the Rescue
    8. Complete Banker
    9. Generation Sex
    10. Our Mutual Friend
    11. The Certainty of Chance
    12. A Lady of a Certain Age
    13. Funny Peculiar (duo avec Lisa O’Neill)
    14. Down in the Street Below
    15. Songs of Love
    16. At the Indie Disco
    17. Bad Ambassador
    18. The Happy Goth
    19. National Express
    20. Becoming More Like Alfie
    21. Something for the Weekend

      Rappel:

      1. Absent Friends
      2. Charmed Life
      3. Assume the Perpendicular
      4. Tonight We Fly

 

Ce soir, on change de registre donc, puisque ce sera le blues-rock poisseux de The Kills qui nourrira mon cerveau victime d’une certaine addiction à la musique rock…

Greg Pinaud-Plazanet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s