Airbourne

Airbourne – Et ce qui devait arriver arriva.

La formation sur vitaminée Airbourne is back ! Elle est de retour plus déterminée que jamais avec un quatrième album studio, Breakin’Outta Hell, qui nous a laissé pantois (ou pas)… Les critiques sont pour une fois plutôt unanimes au sujet de Breakin’Outta Hell qui n’a pas la prétention de prendre par surprise ses auditeurs. Difficile d’émettre un avis tranché sur cet opus. On aime. C’est bien produit et bien calibré. On est surtout ravis de mettre à fond la chaîne Hifi pour écouter à nouveau le Hard Rock fougueux des Australiens mais au final on sort de tout ça non sans une légère pointe de lassitude. Il fallait s’y attendre : Airbourne fait du Airbourne, point barre.

Airbourne : Le salade-tomate-oignon du Hard Rock contemporain

Ne tournons pas autour du pot de sauce Hannibal, ce quatrième album ne vous retournera pas dans tous les sens ou peut-être, il vous retournera comme une crêpe après vous avoir en préambule bien grillé sur la plaque chauffante. Pour être un peu plus clair, ce nouvel LP est téléphoné pour reprendre Christian Jean-Pierre, ne réservant aucune surprise et reste en tout point fidèle au leitmotiv du groupe : du pur Hard Rock avec les grosses guitares qui vous hurlent aux tympans, les gros riffs bien lourdauds, les voix enrayées dans tous les sens sans oublier les chœurs et hurlements venus tout droit des enfers… Breakin’Outta Hell remplit sa part du contrat. De surcroît, l’album est plutôt de bonne facture avec un enregistrement soigné et propre (Bob Marlette a proposé ses services pour l’enregistrement de cet album). And so what? Eh bien passez votre chemin si vous pensez encore que le changement c’est maintenant…

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Airbourne est depuis 2003 le sponsor officiel des soirées « bières chips » et des concerts acrobatiques. On ne saurait passer à côté des grimpades du chanteur Joel O’Keeffe ainsi que de ses fameuses douches à la bière lors des représentations scéniques mais ça c’est une autre histoire. Toujours est-il que la formation australienne a assuré au fil des années un statut de référence du Hard Rock moderne, statut que ce nouvel opus conforte amplement. Vraiment, Breakin’Outta Hell vaut le coup d’être écouté. Reste à se demander ce qu’apporte de plus le LP part rapport à ses prédécesseurs ? C’est une question que l’on s’était déjà posé lorsque nous est parvenu Black Dog Barking en 2013 et que l’on se pose une nouvelle fois. Aie. Alors il est vrai que certains morceaux sont diablement efficaces. On retiendra bien évidemment le simple Breakin’Outta Hell, le très aéré Down On You qui par la force des choses et à l’instar de son camarade Thin The Blood, ajoutent tous deux une patte Rock’N’Roll à l’ancienne des plus goûteuses. Le fait est qu’au-delà de quelques morceaux fort sympathiques qui sortent un chouia du lot, l’album reste énormément monocorde, voire plat. C’est dire ! La critique est peut-être sévère. Elle n’est reste pas moins proche de la vérité, hélas… On aurait vraiment aimé écouter autre chose qu’une extension des autres LP. Parfois, on a l’impression d’écouter le même morceau d’une piste à une autre. Quel dommage de ne pas arriver à se réinventer !

Le cas Airbourne.

Dans une récente interview accordée au magazine Rock&Folk (Édition d’octobre 2016, numéro 590), le journaliste avait soulevé cette problématique qui est celle de finir par se répéter à force de sortir des albums qui ont constamment la même saveur. La réponse de Joel O’Keeffe est sans appel : « Airbourne ne fait que reproduire ce qu’on déjà fait les anciens tels que le groupe Statu Quo à savoir créer leur identité sans jamais dévier de sa trajectoire ». Une recette assurément gagnante selon lui qu’il applique à leur tour avec soin visiblement. Premièrement, Airbourne s’est construit une post-identité, c’est-à-dire qu’AC/DC avait au préalable imaginé à quoi ressemblerait la machine qu’ils ont construit et retapé au fil des décennies (ils ont même changé plusieurs fois de chanteurs !). Airbourne, c’est l’excellent élève de l’enseignant-chercheur qui va suivre ses traces. Il s’inspire de ses enseignements, se les approprie pour à son tour reprendre les recherches de son mentor là où ils les avaient laissées. De plus, bien qu’AC/DC s’affiche comme étant un groupe de Hard Rock, nos légendes urbaines restent des bêtes de scènes qui ont véritablement déposé leur marque, vendant des millions d’albums à travers le monde grâce à des hits indétrônables. Il n’y a qu’à voir la BO du film Iron Man 2, l’un des gros cartons au box office en 2010 pour s’en convaincre. Par ailleurs, si l’on cite Statu Quo (une source d’inspiration pour le groupe en plus d’AC/DC), il est beaucoup plus aisé de distinguer des chansons qu’ils ont composées, de les prendre cas par cas pour en ressortir une que l’on aime plus qu’une autre justement parce qu’elles parviennent à se démarquer de part leur structure respective, leur composition propre, les paroles de chaque chanson qui divergent entre elles (on repassera sur les thématiques récurrentes que nous propose Airbourne : femmes, alcool, enfer…), leur rythme, leur sonorité, les instruments utilisés etc. Prenez par exemple deux titres de Statu Quo totalement à l’opposée l’un de l’autre : le classique In the Army et le délicieux Pictures of Matchstick Men. Certes, les titres ne sont pas sortis durant les mêmes périodes, il n’en empêche que l’on peut ici faire son choix entre un son eighties plutôt pop ou un son prenant et psyché à fond de balle (Pour nous le choix est fait) avec Pictures of Matchstick Men.

Et maintenant, que reste-t-il à espérer ?

Bonne question! Au final, il reste tout de même pas mal à attendre des Australiens chevelus. Nous serions vite taxés de tatillons snobs jamais contents que vous n’auriez pas complètement tord. Nous sommes durs avec Airbourne et nous ne nous en privons pas. Le fait est que le groupe est talentueux, pourvu de musiciens compétents dont l’énergie et la conviction ne sont plus à remettre en question depuis un certain moment. Néanmoins, les justifications du groupe quant au fait de faire tout le temps la même chose pour ne pas décevoir ne sont pas satisfaisantes pour nos oreilles exigeantes. Nous attendons mieux même s’il est tout à fait juste de souligner une nouvelle fois la qualité du LP. Toutefois, Airbourne est devenue une tête d’affiche des festivals et il ne serait pas juste de les laisser s’en tirer comme ça. Allez les gars, un effort !

Marcus Bielak

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