Rover

Rover s’offre une nuit au musée

Depuis le temps que vous nous lisez, vous savez tout le bien que l’on pense de Rover, ce rocker sympathique et attachant. Et bien figurez-vous que vendredi dernier, Rover nous offrait une nuit au musée d’histoire naturelle de Toulouse, encadré par un ptérodactyle, un éléphant et une girafe… Pour un concert, un musée est un endroit plutôt insolite, dans lequel il ne nous viendrait pas forcément à l’esprit d’organiser des concerts. Et pourtant l’association culturelle Jerkov a monté un beau partenariat avec le musée afin de pouvoir utiliser son hall et ses jardins dans le cadre du festival des Intimités dont Rover, cette année, est le parrain. Beau parrainage donc, et beau cadre. 

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Pour Rover, c’est la démarche atypique proposée par le festival, qui lui a instantanément plu : déloger la musique et la faire exister dans d’autres lieux. Riche idée, et culturellement très engagée aussi, d’ailleurs. Rover a eu droit à sa visite privée, comme une rock star dira-t-il durant le concert en se moquant de lui-même. Visite qui lui a permis de se sentir happé par le lieu et de se mettre en bonnes conditions pour y jouer sa musique. Car d’après l’artiste, un musée est très intime, c’est un moment de réflexion, il est donc très logique de pouvoir y faire un concert et d’y exprimer ce que l’on a en soi. Un endroit qui pourrait lui ressembler un peu quelque part, lui qui écrit souvent sur la solitude…

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Credit@StephBocs

Pour l’occasion nous avons eu droit à une première partie acoustique de qualité et tout en finesse grâce à Cotton AerialsTrevor O’Neill, irlandais et seul pour l’occasion (ce qui n’a rien à voir je vous rassure…), semble porter ses chansons dans son sac à dos. Des chansons nées d’un Folk frileux et d’un Rock en rage. En 2015, Cotton Aerials a sorti un mini album de sept pistes que je vous conseille vivement. Vous verrez que c’est fin, envoutant et intelligent. Tout comme le festival, format oblige, nous ressentions une certaine intimité avec l’artiste, timide et peu habitué aux discours, qui a toutefois su être attachant.

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credits@StephBocs

Ressentir une certaine intimité avec un homme seul sur scène, c’est facile… mais avec quatre ? Pari réussi également pour Rover et sa petite bande. La scène est sobre, juste assez de place pour se caler, coincés entre la batterie dans le coin droit et les claviers au fond. L’homme aux lunettes de soleil vissées sur les yeux entre sur scène et attaque directement. Rover aime soigner ses entrées et préfère couper le concert par quelques monologues remplis d’autodérision et de traits d’humour piquant. La réputation du bonhomme n’est plus à faire, il est sympathique, c’est irrémédiable docteur… Il nous gratifiera d’un : « Aaaah Toulouse… c’est bien Toulouse, ça change pas… Mais en mieux… Hier on était à Montpellier, c’est bien aussi Montpellier mais Toulouse… » ou encore d’un « Ce qui est bien à Toulouse c’est que cela me rappelle qu’il y a un été… Je reviens de quatre jours en Bretagne  et de sa grêle… Ce qui explique ma tenue un peu… chaude… ». Effectivement vu les chaleurs du moment, et, les projecteurs, on se demande comment il fait pour tenir le set avec sa veste… Mais le style est une composante importante du personnage, aussi.

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credits@StephBocs

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credits@StephBocs

Toujours dans cet humour « l’air de rien », l’artiste a eu une pensée pour le public qui se trouvait derrière l’éléphant trônant au milieu de la salle : « Croyez-moi, mes musiciens savent ce que c’est… », se fendant d’un sourire entendu. Pourtant s’il est imposant, Rover l’est surement bien plus par sa capacité à nous faire entrer dans son univers, pour le temps d’un soir comme pour le temps d’un disque. On découvre ainsi quelques morceaux réorchestrés différemment, plus intimes, plus minimalistes aussi parfois. D’autres qui sont joués comme sur l’album, à quelques variations prés, mais qui collent parfaitement à l’ambiance. On retrouve les grandes envolées lyriques du chanteur, mais aussi son côté rock sauvage, appuyé par des tonalités plus graves et plus rageuses. Une excellente performance du groupe, donc, pour quatre cent cinquante spectateurs chanceux, car c’est sold out ce soir.

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credits@StephBocs

Puis arrive, toujours trop vite, la fin du set. Sans rappel car comme Rover nous le fait remarquer à l’attaque du dernier morceau, il est tant de nous quitter si l’on ne veut pas rester à l’intérieur du musée toute la nuit… Nous, en tout cas, cela ne nous aurait pas dérangé…

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credits@StephBocs

Greg Pinaud-Plazanet

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