Ty Segall

Ty Segall : une grosse claque !!!

« Une grosse claque !!! Ouais une bonne baffe dans la tronche », « ce concert est dans mon top five. », voilà ce que l’on pouvait entendre à la sortie du concert de Ty Segall and the Muggers, le jeudi 9 juin au Krakatoa à Mérignac. En effet, qui n’a pas vu le Californien sur scène (bon faut aussi aimer le gros son), doit l’inscrire de suite sur sa wishlist. En pleine tournée européenne, nous l’avions croisé quelques jours plus tôt sur la scène du Primavera Sound de Barcelone. Un concert énorme avec un public hors norme, les vidéos qui traînent sur le net peuvent en témoigner. C’est donc avec un certain enthousiasme que nous abordons ce concert dans une enceinte beaucoup plus petite.

On pourrait considérer Ty Segall comme le petit « Mozart » du rock garage. Aussi bien à l’aise à la batterie, qu’à la guitare et qu’au chant, il enregistre seul ses albums. C’est un boulimique, comme son alter-ego John Dwyer des Thee O Sees qui l’a d’ailleurs lancé pour son premier album.  En effet, ce gars-là ne s’arrête jamais. Tous projets confondus, Ty Segall a sorti 16 albums en huit ans, en solo ou avec The superstitions, Epsylons, White Fence, et plus récemment Fuzz.

Ce soir-là, le Krakatoa n’a pas ouvert le balcon et a mis le public, venu quand même en nombre, dans la salle en bas. Les Muggers, tous plus ou moins lookés, font leur entrée sur scène. Mention spéciale au guitariste à la combi orange DDE qui n’a pas poussé jusqu’au vernis à ongle de la même couleur, comme il a pu le faire auparavant. Le batteur arbore une jolie chemise hawaïenne, les autres, plus sobres, se la jouent un peu plus dandy. Ty Segall suit, peu de temps après, dans sa combinaison en jean, costume de scène choisi apparemment pour toute la tournée européenne. Pas de round d’observation, gros son dès le début. Au moins, on connait la tendance du concert. Si sur album, les morceaux tournent plus autour d’un rock surf psyché, là on est dans du bon gros garage, disto, fuzz. Bref, du lourd. Petit bémol,  le Krakatoa plutôt réputé pour le son, ce soir-là, ne sonnait pas super bien. Ty Segall ne sera que chanteur.

Credits @Chams

Credits @Chams

Lui, habitué a touché à tout ou tout faire, ne se concentre donc que sur le chant et le public. S’il est à l’aise en studio, il l’est tout autant su scène. Même avec  une bonne tendance à hurler comme un malade de temps à autre, le californien a aussi un beau petit filet de voix en live. Côté jeu de scène, il n’arrête jamais. Toujours à exhorter le public, à le faire réagir et surtout à le faire intervenir. Ty Segall adore faire participer les spectateurs (quitte à le devenir lui-même : cf concert au Primavera Sound de Barcelone.) Il a fait monter deux, trois personnes sur scène afin de les faire crier dans le micro, sans trop de succès. La barrière de la langue, c’est parfois compliqué. A un autre moment, alors qu’il nous raconte qu’il a perdu son fils BOBO à Barcelone (il s’agit du masque hideux qu’il arbore pour le morceau Baby Big Man (I Want a Mommy), il demande à une fille du public de devenir sa fille, mais là aussi le truc tombe un peu à l’eau. Idem sur Breakfast Eggs où il demande au public quel est le moment le plus important de la journée, une nana lui répond qu’elle veut un câlin…Bref.

Credits @Chams

Credits @Chams

Le groupe enchaîne les titres issus essentiellement des deux derniers albums de Ty Segall: Manipulator et Emotional Muggers. Le public est là, slame et  apprécie mais sans plus. Du coup, à force d’essayer, on sent que Ty Segall lâche un peu l’affaire et terminera le set plus sobrement. Un peu dommage car quand il est lancé, il est difficile de l’arrêter. Il terminera par les très bon sFinger et Feel qui feront définitivement chavirer le public.

 Pour ma part, j’ai eu l’occasion de les voir deux fois en quelques jours et c’est sans regret. Ayant loupé le passage de Fuzz l’an dernier, il me fallait bien une bonne séance de rattrapage. Deux bons concerts et cela semble être une constante avec Ty Segall and the Muggers, comme avec les autres formations dont il fait partie. Cela devrait toujours être le cas avec son tout nouveau projet et un premier album prévu pour le 02/07/2016 : GØGGS. Ce gars-là est réellement insatiable. Enfin, si vous allez le voir sur scène, Ty Segall est un artiste qui réagit en fonction du public. Donnez-lui ce qu’il attend, il vous en donnera le double.

Sylvain Chamu

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