Edito de la semaine

L’edito du Lundi

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Comme tous les ans, un événement musique marque l’arrivée du printemps. Je veux bien-entendu parler du Disquaire Day, version française du Record Store Day, qui se déroulera samedi prochain, le 16 avril. En France, ce sera la 6eme édition. On aurait pu franchement garder le nom original… Mais non, on a préféré se démarquer des autres pays en francisant le nom… Enfin presque. Car coller Disquaire et Day ensemble ??!! Autant appeler ça le Jour des Disquaires, non ? Ah mais c’est vrai, avoir un Day anglais qui se ballade dans le titre assure le côté branchouille… Bon, en tout cas, le principe est simple : des artistes et des maisons de disques mettent en vente des éditions limitées, des rééditions ou bien des disques commercialisés en avant-première durant une journée. Cette opération est plus symbolique qu’avec un véritable but car si le Record Store Day fût lancé en 2007 (aux US) pour ramener les acheteurs vers les magasins indépendants plutôt que vers les grandes surfaces, je doute fortement que cela soit vraiment efficace pour rattraper un chiffre d’affaire sans cesse rogné par les hypermarchés. Mais il faut toutefois  que cela booster nettement les ventes des disquaires ce jour-là, le comparant à peu de choses près, à des ventes reconnaître de fin d’année (Noël). En France, la 1ère édition du Disquaire Day, en 2011, a généré un chiffre d’affaires de 300.000 €. Chiffre qui a doublé lors de l’édition 2012. Ce n’est pas rien mais qui n’a pas vu fermer, les uns après les autres, nos disquaires favoris ? Cette année, la liste ne m’emballe pas, à quelques exceptions près, comme le split (disque partagé par deux groupes/artistes) de Ropoporose et de BRNS. Ou bien l’Ep live de Balthazar (Wait Any Longer), ou encore un petit Bertrand Belin. Oh bien entendu il y a quelques Bowie, les Doors et autres Creedence, mais bon… Nous vous ferons tout de même une Playlist spéciale Disquaire Day pour vendredi afin que vous puissiez choisir à l’avance les pépites que vous souhaitez vous procurer. N’espérez pas trouver A-ah dans notre playlist, pas assez rock pour nous, même s’ils sont sur la liste.

En attendant je vais vous parler de ma déception de l’année. Oui, marre de vous causer seulement de ce qui m’accroche le tympan ou me dérouille l’oreille. J’ai décidé de vous faire aussi partager ma déconvenue. Celle que m’a procuré Ben Harper et son disque Call It What It Is. Les criminels ne sont plus si innocents…Onze pistes et pas une ne m’a plu, ou presque. Sans relief, mielleux à souhait, des facilités à tout va. Je le trouve sans saveur mais je reste fan du bonhomme. Il sait faire et y faire. Mais même le bon départ auguré par la première piste tombe à plat. Ce n’est pas parcequ’il y a un petit riff saturé en arrière plan que cela fait exploser un morceau. On s’y emmerde littéralement. C’est répétitif. La seconde piste, Deeper and Deeper, même si elle aligne un excellent chant et propose plus de variations que When Sex Was Dirty, ne réussit pas vraiment à me remettre sur les rails de l’album.

Une envie de retourner faire de la musique avec ses vieux compagnons

Call It What It Is, le troisième morceau est assez sympa avec ses gimmick blues surlignés par une petite boucle saturée. Je me prends donc à espérer pouvoir tirer de ce nouvel album le même genre d’excitation que lors de la sortie d’autres de ses albums. How Dark Is Gone s’emballe avec des percussions très tribales, une petite guitare, des cuivres mêmes. Mais bof. Je ne le retiendrai probablement pas longtemps en tête et serai incapable de le siffler d’ici une petite heure. Heureusement que la partie clavier Hammond (surement) vient un peu chambouler le morceau, ceci-dit, c’est tellement couvert par le reste qu’on la perd un peu parfois. Ce qu’il n’aurait pas fallu. Shine est le morceau inutile par excellence. Il ne ressemble pas à grand chose, à mon avis. Sans style je veux dire. Et ce n’est pas la wah qui sauve quoique ce soit tellement la ligne est facile. Harper ne se foule pas ici.

Le pivot de l’album ?

All That As Grown pourrait être bien placé. En effet, je trouve ce morceau très sympa et capable de me réconcilier avec le reste de l’album. On retourne dans le blues en slidant bien comme il faut, l’ambiance est intime, les textes sont chouettes et Ben chante merveilleusement bien. Cette piste est pour moi un après-midi ensoleillé après la pluie. Pink Balloon, bien rock déboule derrière et je pourrais me sentir rassuré, mais le refrain me glace. Je ne l’attendais pas comme cela et même si je me dis qu’il faut garder l’esprit ouvert, non, je finis par penser au manque d’imagination qu’il faut posséder pour pondre une platitude pareille. Finding Your Way sonne très rasta et je ne déteste pas, mais Ben Harper nous a habitué à bien meilleur dans ce registre. Bones, la neuvième piste est sympathique et me rappelle l’ancien Ben Harper. Celui des premiers albums.

Une bonne fin

A partir de Bones, je me mets à apprécier l’album, malheureusement il ne reste que deux morceaux ce qui fait peu… Dance Like Fire rattrape  le train en proposant un fond d’americana assumé mais harmonieux. La slide guitare est toutefois trop discrète et cela est dommage car on aurait aimé en avoir plus. Enfin la dernière piste est juste superbe. Goodbye To You, même si elle reste basique, touche, peut émouvoir même. Belle ligne de chant, une ligne d’orgue légère mais digne d’une église. Il est dommage d’avoir concentré autant de bons morceaux sur la fin. Enfin tout est relatif hein. Je parle des trois dernières pistes…

Alors ?

Je suis donc déçu par ce disque. Après un silence sous-tendu tout de même par un Childhood Home, enregistré avec sa maman en 2014, je m’attendais à une bien meilleure traduction de son envie de rejouer avec ses Innocents Criminals. Call It What It Is porte bien son nom au final. Mais à cette provocation, j’aurais envie de répondre: Ma déception. Peut-être pas la vôtre hein, soyons honnête, je n’ai pas la folie de penser que vous partagerez forcément mon avis car selon les degrés d’espérance, on peut passer de la déception à la bonne surprise. Mais cela, ce sera à vous d’en décider, ne laissez personne d’autre vous enlever ce libre arbitre.

Greg Pinaud-Plazanet

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