Edito de la semaine

L’edito du Lundi

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Alors que la réforme de l’orthographe (vieille de 26 ans) continue à diviser car on la confond avec la réforme du collège, que l’on parle de nivellement par le bas, d’appauvrissement, il y a bien une chose qui continuera à nous élever, c’est bien la musique. Cette musique sans laquelle j’aurais eu beaucoup de mal à vivre mon adolescence car elle m’a appris à réfléchir en adulte, en prenant du recul sur les choses qui m’entouraient. Mais elle m’a aussi aidé à vivre ma vie d’adulte en ne me faisant pas oublier mon besoin d’enfant : l’évasion et le rêve. Ne vous méprenez pas, je ne suis pas ici en train de vous raconter ma vie, une vie dont vous n’auriez probablement rien à foutre d’ailleurs tellement celle-ci a été comme tant d’autres, normale. Non, je vous dis simplement que si vous vous sentez tirés vers le bas, rien ne vous empêche de vous élever. Se fermer à la culture, à l’essence d’un langage, à nos origines, est un choix personnel et non politique. La langue française, comme la musique, est vivante et change au cours de sa vie. Le Vieux Français n’est plus parlé, ni écrit,(l’orthographe de oignon, par exemple, n’a jamais été modifié de l’Ancien Français), son orthographe et sa conjugaison ont été réformés et je ne pense pas, pour ma part que cela ait, en quoique ce soit, empêché cette belle langue, qui peut être complexe parfois, de nous pondre une belle littérature contemporaine, de grands écrivains, essayistes, penseurs, scientifiques etc. Alors, faux débat ? Je ne sais pas mais avouez que ce n’est pas comme s’il y avait réforme syntaxique… On parle de modifications mineures déjà appliquées dans certains livres et manuels d’école… Etait-il vraiment nécessaire de sortir cette réforme, pas sûr. Devrons-nous faire avec, oui, indubitablement. Y-a-t-il des choses aujourd’hui plus importantes que les divisions occasionnées par cette réforme qui n’en est finalement pas une ? Encore une fois oui. Elevons-nous, l’important n’est pas ce que le politique souhaite mais ce que nous, peuple, voulons et il ne faudrait jamais l’oublier.   Continuez à vous instruire, continuer à vous élever, continuer à voir plus loin que nos simples frontières, continuez à partager. Le sens de la vie est là. Soyez rebelles.

Cette semaine, beaucoup de choses ont bercé mes oreilles profanes, à commencer par The Night Beats, groupe garage-psychéldélique aux accents soul, basé à Seattle. le groupe, composé de Lee Blackwell (Lead Guitar, Vocals), James Traeger (Drums) et Jakob Bowden (Bass), nous livrent Who Sold My Generation, après deux albums sortis en 2011 et 2013. Je classerai ce groupe dans la même boite que les excellents Black Angels, ou encore Brian Jonestown Massacre. Ils sonnent un peu terroir, entendre par là bluesy (le Texas, état originaire de deux des membres, y est surement pour beaucoup…), tout en incorporant des éléments psychédéliques pour coloriser le tout. Une bonne bande son pour d’épiques virées en hélicoptères au-dessus de la jungle vietnamienne, suspendus aux harnais des mitrailleuses et en criant « Youhouuuuu »… Attention, je ne vous engage pas à le faire, les derniers ayant essayé ont perdu cette guerre. Mais voilà, c’est bouillant comme du napalm cette musique. Douze morceaux de pure musique rebelle, mordante et corrisive. A noter d’ailleurs que la co-production est signée Robert Levon Been de Black Rebel Motocycle Club

On reste dans le psychédélique encore un peu avec Magic Shoppe et la sortie de leur Ep Interstellaire Car Crash qui me fait penser qu’en fait le shoegazing avait beaucoup en commun avec le psychédélisme ambiant du moment. Oui le morceau Redhead me fait penser à du shoegaze, c’est comme ça, je n’y peux rien et ce même s’ils sont plus proches d’un Brian Jonestown Massacre ou d’un Moon DuoReverbaration, leur album sorti en 2011 alignait déjà huit morceaux de bravoure absolu et avait l’avantage de fournir une rallonge à un Ep sorti quelques temps avant. Sur celui-ci (d’Ep puisque pour le moment, point d’album en vue), les guitares réverbérées vous élèvent instantanément sur la chanson titre, dernière d’une bande de quatre. Les trois premiers titres sont tous différents niveau motorisation bien qu’ils carburent à la même essence: une rythmique répétitive, voir hypnotique, des boucles de guitare bien dosées niveau effets et une voix qui donne l’impression de flotter au milieu de tout cela. Alors certes, dit comme cela, ça ne vous en bouge peut-être même pas une, mais posez donc l’oreille dessus et je vous mets un testicule à couper (je préfère être unitesticulaire que manchot, c’est un choix…) que vous allez vous prendre une petite claquounette bien des familles….

Quittons ces contrées psychédéliques, sinon vous allez finir par croire que pour m’élever je prends en plus beaucoup de drogues ce qui est loin de la vérité. En fait je n’en ai jamais eu besoin, étant tombé dedans lorsque j’étais petit. La faute à mes parents qui se préparaient des bains de LSD… Bref, quittons ce monde pour nous diriger vers celui de Get Well Soon. Ceux qui nous faisaient redécouvrir le tube de George Mickael (Careless Whisper) comme jamais auparavant, c’est à dire en nous faisant comprendre que le morceau pouvait déchirer mais que ce bon vieux Georgie n’en a fait qu’un bonbon acidulé pour adoS en mal de slow. Leur video était vraiment chouette d’ailleurs. Get Well Soon est un groupe cinématographie. On se souviendra ainsi de l’étonnante video de Roland I Feel You. Pas de surprise donc de retrouver Udo Kier (ancien protégé de fassbinder et souvent vu chez Lars Von Trier), grand habitué des rôle de vampires et tueurs à gagesdans leur video du morceaux titre, et rien que cela est un pur plaisir. Côté musique, les influences de Get Well Soon sont très diverses, on touche ici à une pop teintée d’une pointe de classique (et non de classicisme, ce qui irait à l’encontre de mon propos), d’un soupçon de folk, mais de moins en moins par rapport à certains de leurs albums passés où, sur certains morceaux, la voix de Konstantin Gropper sonnait un peu comme du Léonard Cohen (That Love – 2010)… Get Well Soon est un groupe intellectuel, au même titre que The Smiths, en son temps, l’était. Peut-être aurais-je dû utiliser le mot littéraire ici, mais peu importe. Chaque titre est différent, chaque parole est importante, ici rien n’est superficiel, tout converge pour vous raconter une histoire, bref tout est hyper travaillé et certaines pistes sont tout simplement magnifiques (33 pour ne citer que celle-ci).

On finit cette semaine sur mon petit préféré : Elliott Smith, parti trop tôt un matin (ou était-ce en début d’après midi ?) de 2003 dans des circonstances encore floues aujourd’hui. Toute fois je reste persuadé que c’est sa petite amie qui a fait le coup… Mais je ne suis pas enquêteur, donc… Bref, cette année est sortie la bande originale du film Heaven Adores You, de Nickolas Rossi, avec notamment Madonna et Gus Van Sant en tête d’affiche. Ce film va au-delà de la moyenne des documentaires musicaux en proposant un  regard intime et méditatif sur l’art et l’influence qu’ Elliott Smith nous a laissé et nous offre un examen attentif du songwriting prolifique du chanteur. La BO est juste magnifique et accompagne parfaitement le film et regroupe une chanson de chacun de ses albums ainsi qu’une douzaine de morceaux qui ne sont jamais sortis jusqu’ici. Une bonne façon de découvrir l’artiste ou d’approfondir le sujet…

Voilà, quant à moi je vous quitte ici, mon boulot étant de bien vous faire démarrer la semaine, le reste est de votre ressort ! Question publications, il se peut que nous passions à un rythme de deux par semaines car le rythme de trois est assez compliqué à tenir sur le long terme avec un turn over de contributeurS qui reste élevé, et surtout nos boulots respectifs. Je partirais bien sur une base lundi-vendredi, mais il faut que j’en discute avec mon bras droit et ma main gauche avant de statuer. Le management participatif, y a rien de mieux…

Greg Pinaud-Plazanet

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