Chris Stapleton

Comment Chris Stapleton bouleverse la country

Rarement une cérémonie n’aura été si étonnante. Le 4 novembre dernier, c’est un quasi-inconnu qui a marqué la soirée, remportant trois trophées pour trois nominations. Chris Stapleton est pourtant dans le business de la musique country depuis des années. La vérité : il bouscule les codes, et  personne ne l’avait vu venir.

Chris Stapleton et son blues-country-rock est devenu le New Artist of the Year à presque 40 ans. (Crédits Photo : Disney/ABC Television)

Chris Stapleton et son blues-country-rock est devenu le New Artist of the Year à presque 40 ans. (Crédits Photo : Disney/ABC Television)

Pourtant, Chris Stapleton, chapeau vissé sur la tête et long manteau noir, traîne ses guêtres dans la musique depuis de longues années. Après une enfance dans la petite ville de Staffordsville, Kentucky, le musicien s’envole direction Nashville pour y poursuivre son métier de musicien et de compositeur. Le voilà donc qui écrit pour de nombreuses grandes stars country. Son talent : sortir de son chapeau de nombreux tubes pendant 15 ans. Luke Bryan (l’actuel Entertainer of the Year, catégorie reine de la cérémonie), George Strait (le vieux briscard de la country), Kenny Chesney, Steel Magnolia… C’est quelqu’un qui connaît le monde de la musique country et qui a côtoyé, périodiquement ou régulièrement, les artistes majeurs de la scène à Nashville. Citons-en quelques-uns : Alan Jackson, Lee Ann Womack, Travis Tritt, John Michael Montgomery, Ashley Monroe, ou encore plus récemment Thomas Rhett (dans son versant le plus pop). Son tube le plus fameux : Your Man, de Josh Turner, sorti en 2005.

 

Son activité d’artiste l’a mené sur d’autres terrains : il a participé de 2008 à 2010 à un groupe de Bluegrass, SteelDrivers. Le quintet a réalisé deux albums, trois nominations pour des Grammy’s. En 2010, il fonde Jompson Brothers, un groupe de country rock, qui a ouvert pour le Zac Brown Band.

Pourquoi Chris Stapleton émerge aujourd’hui ?

« C’est quelque chose d’incroyable, je ne vais pas le prendre à la légère ». Ces mots prononcés lors de la cérémonie par l’artiste américain donnent la mesure du tremblement de terre qu’il vient de provoquer. Car c’est bien ça le problème que pose son cas. Les radios country américaines ont été totalement en dehors du phénomène, car trop concentrées sur les étoiles filantes du genre. Chris Stapleton est « trop loin de ce qui existe sur les radios country mainstream » pour y être figurant permanent, à la manière de Kacey Musgraves, nous dit un manager influent cité par Billboard.

Comment se fait-il que Traveller, le très bon projet solo de Chris Stapleton, émerge alors ? Certes, c’est aussi une réaction des votants (comme l’analyse très bien le webzine Saving Country Music). Sans se voiler la face, c’est aussi parce que son projet fait appel aux racines de la musique country. Et c’est bien l’un des rares à le faire aujourd’hui.

 

Country traditionnelle

Traveller est un essai protoiforme. Une sorte de patchwork de plein d’influences, où l’on perçoit une guitare honky tonk et un talent quasi-inné de l’écriture country. Des chansons très bien ficelées s’enchaînent naturellement. Mais, il ne faut pas faire de Chris Stapleton un héraut de la musique traditionnelle. Certes, l’homme admire Bill Monroe, le père de la musique bluegrass, mais dans sa discothèque résonne aussi l’album de Ray Charles, Modern Sounds in Country & Western music (1962). Une face country, une face bluesy/soul. Son duo sur la scène de la cérémonie avec Justin Timberlake n’est pas une surprise.

Beaucoup de chansons de Traveller sont non pas des hits, mais de véritables chansons, puissantes. Ecoutez Sometimes I Cry, et vous y verrez toute la grande classe de Chris Stapelton. « Je n’ai pas d’idée de ce qui se passera après », nous dit le natif du Kentucky. Peut-être parce qu’il a fait sienne sa maxime, le refrain de la chanson-titre Traveller :

I’m just a traveller on this Earth

Sure as my heart’s behind the pocket of my shirt

I’ll just keep rolling till I’m in the dirt

‘Cause I’m a traveller, oh, I’m a traveller

Mickael Chailloux

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