Eagles Of Death Metal

[REVIEW] Eagles Of Death Metal – Zipper Down

eodm 1

7 ans ! Il aura fallu 7 ans entre le dernier album des Eagles Of Death Metal, Heart On, et le petit nouveau Zipper Down. C’est beaucoup (même si certains font pire, hein Tool?) mais on peut expliquer ça facilement : le groupe étant à la base un power duo -ça se dit ça?- formé de accolytes aux mêmes initiales, Jesse Hughes et Joshua Homme (Môssieur QOTSA), et que ce dernier participe à plein de side-projects, notamment, ou plutôt principalement, avec Dave Grohl (Sound City, Them Crooked Vultures pour ne citer que le principal), l’agenda du groupe s’en retrouve un peu chamboulé. Mais Josh et James se sont retrouvés et nous ont peaufiné un nouveau disque, dans la droite lignée de leurs autres productions de rocknroll-boogie-bourrin.

Le truc sympa avec les Eagles Of Death Metal, c’est qu’on a vraiment l’impression d’en avoir pour son argent. L’univers est globalement fun : la moustache du chanteur, plus belle que Groucho Marx, ou encore les surnoms deux membres du groupe. (Boots Electrics pour Hughes, et Baby Duck pour Homme : Oui, vous ne rêvez pas, le mec qui a écrit I appear Missing, gueulé ivre-mort aux Grammys « Fuck Imagine Dragons!! » et qui boit des coups avec le bassiste de Led Zeppelin se fait appeler « Bébé Canard ». Ne me remerciez pas.) Sans compter les clips, complétement barrés… On a un son résolument rétro, mais très bien travaillé, les arrangements sont riches… Bref, que du tout bon.

Big Rouquin et Captain Moustache, aka Baby Duck et Boots Electric, aka Josh Homme et Jesse Hughes

Big Rouquin et Captain Moustache, aka Baby Duck et Boots Electric, aka Josh Homme et Jesse Hughes

En parlant de clips barrés, le premier titre (et premier single par la même occasion), Complexity, est un très bon exemple. Les deux compères chantent ensemble, en noir et blanc, sur une scène de théâtre vide qui n’aurait rien à envier à une pièce d’art contemporain -qui envierait telle chose de toute façon- en prenant des poses loufoques (c’est un mot gentil pour ne pas dire débile), sapés comme les pires des hipsters. Une jolie ligne de batterie, un gros son de basse crade, on plie ça en 2 minutes 40.

Image du clip Complexity

Image du clip Complexity

Le reste de l’album vient s’écouter tout aussi naturellement : Silverlake et I love you all the time (avec du français dans les paroles, merci bien Jessy) plus calmes, avec un petit coté Wham ! pour cette dernière, les deux chansons entourant la très bonne Got a Woman, énergique et groovy.

Got a Woman partageant plusieurs de ces caractéristiques avec la piste numéro 6, Got the Power, suivi par la également très bonne Skin-tight Boogie, plus lente avec une voix féminine sur les couplets (Tuesday Cross, ancienne actrice de films pour adultes. Touche sexy : check). La cover Say A prayer est également un point fort de l’album, réussissant à créer une ambiance particulière et entêtante, ce qui est louable pour un groupe au style assez figé (c’est pas que je critique, je constate. Parce que quand on adore, on ne se plaint pas).

The Deuce et The Reverend concluent l’album comme un shot de tequila après deux bières : la salle a été chauffée, mais on sent par où les chansons passent. Le groupe est d’ailleurs très bon en live, avec un show centré sur Jesse Hughes, escogriffe moustachu explosif, ainsi que le guitariste de tournée Dave Catching, possédant une barbe que leurs chers grands cousins de ZZ Top n’auraient pas renié.

RESULTAT : CONVAINCANT

Les Eagles Of Death Metal signent un retour convaincant avec ce Zipper Down qui parle de filles, de rock n’roll, de filles et d’alcool, de filles de prêtres et de filles, sans rafraîchir leur catalogue mais en l’enrichissant singulièrement bien. Complexity, The Reverend et Got a Woman en témoignent sans trop se forcer, et si vous avez des doutes, écoutez le disque en entier. Ca fait un bien fou. Au fait, Zipper Down, c’est une fermeture éclair ouverte. C’est pas comme si la pochette laissait beaucoup à l’imagination, mais je précise au cas où.

Baptiste Chausson