Heaven Can Wait

« Heaven Can Wait », Stoner can’t !

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Une pinte de bière. Voilà de quoi il faudra vous armer pour écouter le premier EP d’Heaven Can Wait. Ces  quatre jeunes Bordelais frappent fort pour ce premier jet de chansons condensées de riffs sanglants, d’une voix ravageuse et d’une batterie assourdissante. Après un jeu de chaises musicales lors de leur formation, le crew est désormais au complet et cela se sent à l’écoute.
Pour ce qui est de sa composition on a Pierre à la guitare et au chant, Alexandre à la guitare également, William à la batterie et Vincent à la basse. Une formation assez classique donc, mais toutefois complète.
Alors comme vous (ou pas),  je me suis posé la question « Pourquoi Heaven Can Wait ? ». Et bien au delà du nom plutôt badass, c’est plus un message Carpe Diem que cherche à faire passer le groupe, mais je vous rassure, pas le genre à être tatoué en bas du dos d’une adolescente pré-pubère.

Je n’ai pas de bière à disposition, alors une fois mes larmes séchées, je clique sur le bouton Play et passe à l’écoute.
Sound City, première chanson du groupe retenti, et comment dire… Le riff est brutal. Un bon gros son travaillé et sale à la fois, un peu comme la barbe de trois jours où la première impression donnée est de la négligence, mais à y regarder de plus près, c’est nickel.
Lorsque la voix du chanteur se pose, j’avoue avoir été assez surpris. Ce n’est pas le type de voix que l’on a l’habitude d’entendre, je reste donc assez perplexe. Si je devais la comparer à une autre, ce serait celle de Lemmy Killmister. Non pas pour le type de voix, mais plus pour la sensation des premières écoutes. Pour ma part, une voix trop particulière pour être pleinement appréciée de suite, mais je vais spoiler, je m’y suis habitué et j’ai vraiment apprécié.
Maintenant la deuxième, Fake. Un riff sonnant à la voodoo child en plus saturé, certainement dû aux influences psychées du guitariste, fan de vieux groupes tels que Deep Purple, Pink Floyd, etc.. Une chanson complète tantôt trash, tantôt mélodique, avec une batterie puissante qui rend le tout plus violent par l’interprétation.
La suite de l’EP suit le fil conducteur quelque peu « destructeur » du jeune groupe avec fondation. Avec une voix qui passe du murmure, puis s’élève pour montrer toute sa puissance et le drop d’un riff typique de Dimebag Darell (Pantera) en plein milieu de chanson. We are wild quant à elle est à la fois ma préférée, et celle qui me plait le moins. Je m’explique. Au delà de l’oxymore, je trouve des passages certes bien, mais moins que les autres chansons. Mais une fois que le refrain retentit, c’est à ce moment que la 4ème piste de l’EP prend tout son sens. Une chanson qui reste dans la tête, efficace, et fichtrement bien jouée.
Et pour finir, Unwritten. On retrouve là le groupe dans un tout autre registre, avec un rythme plus lent, un son aérien, une interprétation vocale qui peut faire penser parfois à une prière qui s’élève dans les airs. C’est un peu la surprise de fin, pour clore cet EP de la meilleure des façons !

Etant Taux-lousain (comme les membres on l’habitude de nous appeler à cause de la consommation excessive de boisson dans nos contrées), je dirais que pour ce premier EP, l’essai est transformé. Et même si percer dans le rock en France n’est pas chose aisée, ils méritent à mon avis de se faire un nom. Un groupe à découvrir et suivre de très près !

Fabio de Rose